Le conseil de l'ordre des avocats de Beyrouth, présidé par le bâtonnier Antonio Hachem, a vivement stigmatisé hier « la manière illégale » avec laquelle les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation de l'avocat Nabil Halabi accusé de propos diffamatoires et d'outrage contre le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, et un de ses conseillers.
À l'issue d'une réunion qu'il a consacrée à la question de l'arrestation, l'ordre des avocats a publié un communiqué dans lequel il déplore « la façon dont a été arrêté l'avocat Nabil Halabi, qui a été marquée par des comportements contraires aux règles du droit et portant atteinte à la dignité et à la liberté ».
Le conseil de l'ordre a exprimé son étonnement face à « ces agissements dont les auteurs sont pourtant supposés préserver les droits des citoyens », mettant l'accent sur « la nécessité pour la justice, notamment le parquet général, de respecter la dignité dans l'exécution de ses décisions ».
Et le communiqué de poursuivre : « Si le conseil a considéré que les actes attribués à M. Halabi ne découlent pas de l'exercice de la profession d'avocat, cela ne veut pas dire qu'il incrimine ce dernier ou qu'il tolère la violation de son domicile et la force qui a été utilisée pour le conduire, escorté, à l'interrogatoire. » Le conseil de l'ordre a réclamé dans ce cadre « l'ouverture d'une enquête et la prise de sanctions à l'encontre de ceux qui ont commis ces exactions », indiquant qu'il ne tolérera pas qu'« une telle affaire se reproduise ».
Liban - Affaire Nabil Halabi
Hachem fustige « les exactions » des forces de l’ordre
OLJ / le 04 juin 2016 à 00h00

