Le président vénézuelien Nicolas Maduro lors d’un rassemblement à Caracas le 31 mai dernier. Juan Barreto/AFP
L'opposition vénézuélienne soutenue par la pression internationale exercée par l'Organisation des États américains (OEA) tentait, hier, d'accélérer le processus vers un référendum pour révoquer le président Nicolas Maduro. Une commission de sept députés de la coalition de la Table pour l'unité démocratique (MUD), majoritaire au Parlement, devait se réunir hier avec le Conseil national électoral (CNE). Leur objectif : faire pression sur cet organisme, qu'ils accusent de faire le jeu du chavisme (du nom de l'ex-président Hugo Chavez, 1999-2013), pour obtenir au plus vite un calendrier des différentes étapes menant au référendum. Le CNE doit justement se prononcer aujourd'hui sur les 1,8 million de signatures recueillies et présentées par la MUD en faveur du référendum. Mais s'il les valide, ce ne sera que le premier pas d'un long processus.
L'opposition de centre-droit est engagée dans une course contre la montre pour organiser cette consultation d'ici au 10 janvier 2017 : en cas de succès, de nouvelles élections seraient organisées. Sinon, Nicolas Maduro serait uniquement remplacé par son vice-président.
Elle a reçu mardi un soutien de poids, avec l'appel par le secrétaire général de l'OEA, l'Uruguayen Luis Almagro, à une réunion urgente de l'organisation entre le 10 et le 20 juin pour parler de « la crise institutionnelle » au Venezuela. L'opposition s'en est félicitée : « La communauté internationale, y compris l'OEA, ne peut pas ignorer la grave crise humanitaire que nous traversons » et « les violations des droits de l'homme », a réagi le président de l'Assemblée, Henry Ramos Allup. « Bientôt, tous les pays soutiendront le peuple vénézuélien qui veut un référendum révocatoire ! » s'est exclamé Henrique Capriles, un des leaders de l'opposition, candidat malheureux à la présidentielle de 2013.
Furieux, Nicolas Maduro a accusé l'OEA d'« interventionnisme », proclamant « la rébellion nationale face aux menaces internationales ».
Exaspération populaire
Appelés par le chef de l'État à « une grande marche anti-impérialiste et anti-almagriste », des milliers de jeunes socialistes manifestaient, hier, dans le centre de Caracas, sous le slogan « Almagro, va te faire voir ! ». Pour Nicolas Maduro, l'action de l'OEA, sollicitée par l'opposition, vise à préparer une intervention des États-Unis au Venezuela. Il a annoncé qu'il poursuivrait hier la direction du Parlement pour « usurpation de fonctions » et « trahison à la patrie ».
Dans un pays sinistré économiquement par la chute des cours du pétrole, sa principale richesse, le président socialiste est la cible d'un mécontentement populaire croissant, 68 % des habitants souhaitant son départ. Fatigués de faire la queue pendant des heures avant de trouver des rayons vides au supermarché, lassés des coupures d'électricité quotidiennes, irrités face à des services publics ne fonctionnant plus que deux jours par semaine, les Vénézuéliens semblent avoir perdu patience. Le climat d'exaspération dans ce pays qui est l'un des plus violents au monde et l'attitude inflexible du gouvernement font craindre des débordements, deux ans après des manifestations ayant fait 43 morts.
(Source : AFP)

