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Moyen Orient et Monde - Conflit

Les forces irakiennes font face à une résistance acharnée de l’EI à Falloujah

Les experts prévoient une bataille difficile, tandis que les habitants craignent la réaction de l'EI en cas de défaite.

Des véhicules des forces irakiennes sur le front à Falloujah, hier. Photo Reuters

Les forces irakiennes faisaient face hier à une forte résistance du groupe jihadiste État islamique (EI) dans leur avancée vers le centre de la ville de Falloujah, où le sort de dizaines de milliers de civils bloqués suscite de vives inquiétudes. Soutenues par l'aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis et conduites par l'unité d'élite irakienne de contre-terrorisme, les forces gouvernementales sont entrées lundi dans cette cité de la province d'al-Anbar, au huitième jour de leur offensive. Les forces armées ont réalisé leur progrès le plus significatif du côté sud où elles ont atteint la banlieue de Naimiyah. Là, « environ 100 jihadistes lourdement armés » ont lancé une contre-attaque mais les forces irakiennes ont réussi à les repousser, tuant 75 jihadistes, a indiqué hier le général Abdelwahab al-Saadi, commandant de l'opération militaire.
Un habitant de Falloujah, contacté par téléphone, a affirmé à l'AFP qu'un vent de panique se propageait parmi les combattants de l'EI, soupçonnés d'utiliser les civils, dont de jeunes garçons, comme boucliers humains. Saif Salem, un combattant d'une milice chiite, affirme que la seule option qu'il reste aux jihadistes à ce stade est « une résistance suicide ». « Notre moral est solide et le leur fragile », soutient-il. De son côté, Yahya Rassoul, porte-parole du commandement des opérations conjointes chargé de la lutte contre l'EI, ne croit pas que les jihadistes veulent ou sont capables d'un acte héroïque cette fois. « Daech n'est pas vraiment fort », a-t-il affirmé à l'AFP, utilisant l'acronyme en arabe de l'EI. « Leur moral est au plus bas et notre priorité au sein des forces armées est de préserver la vie des civils et l'infrastructure de la ville. »

« Catastrophe humanitaire »
Un habitant de Falloujah a déclaré que les résidents craignaient la réaction de l'EI en cas de défaite, alors que le groupe extrémiste est responsable d'exactions terribles. « La façon avec laquelle ils (les jihadistes) traitent les habitants empire. Les jihadistes sont en colère car les gens ne les soutiennent pas, ils insultent les gens dans la rue en criant "Vous êtes des lâches, vous n'êtes pas avec nous !" », a raconté cet habitant, se présentant comme Abou Mohammad al-Doulaimi. Contactée par le NRC, une femme de 40 ans à Falloujah a pour sa part décrit une situation très difficile. « Les stocks dans les hôpitaux s'épuisent (...). Le médecin est affilié à l'EI et refuse de donner des médicaments aux gens ordinaires. Au lieu de fournir les traitements adéquats, les médecins amputent souvent une jambe ou un bras des patients qui souffrent. Il n'y a plus de produits anesthésiants. »
Depuis le début de l'offensive, quelque 50 000 civils qui n'ont pas réussi à fuir restent coincés dans le centre de la ville. Les Nations unies s'inquiètent du sort de 300 à 400 familles irakiennes qui pourraient servir de boucliers humains aux jihadistes dans la ville de Falloujah. Des responsables de l'Onu ont reçu « des informations crédibles selon lesquelles des familles sont concentrées dans le centre de la ville par Daech et ne sont pas autorisées à quitter ces lieux de rassemblement », a rapporté à la presse l'émissaire adjointe de l'Onu pour l'Irak, Lise Grande. Selon Mme Grande, les Nations unies ont fait part de ces inquiétudes au gouvernement irakien, qui a ralenti ses opérations pour protéger les familles prises au piège.
Selon le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), Jan Egeland, « une catastrophe humanitaire se profile à Falloujah, des familles sont prises au piège sans possibilité de sortir en sécurité ». « Il n'y a pas assez d'eau potable (pour tout le monde) et la situation va vite s'aggraver avec l'été qui arrive et des températures qui vont probablement atteindre les 50 degrés Celsius », a-t-il ajouté. Il a appelé à mettre en place des couloirs d'évacuation sécurisés « avant qu'il ne soit trop tard ».
Selon les experts, la bataille s'annonce longue et difficile, le groupe extrémiste étant bien ancré à Falloujah, située à 50 km à l'ouest de Bagdad, depuis sa conquête en janvier 2014. La plupart des hauts commandants de l'EI auraient fui la ville, mais environ 1 000 d'entre eux y seraient retranchés et cachés dans des tunnels. Pour David Witty, un colonel des forces spéciales américaines à la retraite, la résistance des jihadistes à Falloujah sera encore plus féroce qu'elle ne l'a été dans d'autres batailles. « Après tout, cet endroit a été le symbole depuis 2004 de la résistance sunnite aux Américains et au gouvernement de Bagdad » dirigé par des chiites depuis la chute de Saddam Hussein en 2003. « Si l'EI n'est pas capable de garder (Falloujah), cela représenterait un sérieux revers psychologique pour l'organisation », a estimé M. Witty, également ancien conseiller pour le CTS.

(Sources : agences)

Les forces irakiennes faisaient face hier à une forte résistance du groupe jihadiste État islamique (EI) dans leur avancée vers le centre de la ville de Falloujah, où le sort de dizaines de milliers de civils bloqués suscite de vives inquiétudes. Soutenues par l'aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis et conduites par l'unité d'élite irakienne de contre-terrorisme, les forces gouvernementales sont entrées lundi dans cette cité de la province d'al-Anbar, au huitième jour de leur offensive. Les forces armées ont réalisé leur progrès le plus significatif du côté sud où elles ont atteint la banlieue de Naimiyah. Là, « environ 100 jihadistes lourdement armés » ont lancé une contre-attaque mais les forces irakiennes ont réussi à les repousser, tuant 75 jihadistes, a indiqué hier le...
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