Des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) préparant une offensive contre les jihadistes de l’EI dans la province de Raqqa, le 27 mai. Photo archives Reuters
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance qui englobe la milice kurde YPG (Unités de protection du peuple) et des groupes insurgés, élargissent actuellement leur offensive contre l'organisation jihadiste État islamique (EI) près de sa capitale autoproclamée, Raqqa, en visant un secteur où l'EI contrôle une base aérienne désaffectée, ont déclaré hier l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et un responsable kurde. Les FDS ont lancé la semaine dernière leurs opérations contre les zones tenues par l'EI au nord de Raqqa. La ville en soi n'est pas visée par l'offensive en cours, ont précisé les FDS.
Élargissant désormais cette offensive, les FDS visent aussi la zone de Tabka, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Raqqa. L'EI a pris en 2014 la base aérienne de Tabka à l'armée syrienne, au plus fort de son offensive de conquête en Irak et en Syrie. Les combattants des FDS progressent en direction de Tabka à partir de Aïn Issa, ville sous le contrôle des FDS à 70 km au nord-est.
De son côté, l'armée turque a tué au moins 28 jihadistes de l'EI lors de pilonnages intervenus dimanche au nord d'Alep en représailles à des tirs de roquettes contre le territoire turc, a rapporté hier la chaîne de télévision CNN Türk en citant un communiqué militaire. Ces pilonnages, menés par l'artillerie et des lance-roquettes, ont atteint 58 objectifs de l'EI, précise CNN Türk.
Forces conjointes
Par ailleurs, le chef de la diplomatie turc a indiqué hier que la Turquie a proposé aux États-Unis de mener ensemble une opération spéciale contre les jihadistes en Syrie, mais sans une milice kurde considérée comme « terroriste » par Ankara et que soutient Washington. « Ce dont nous parlons avec les Américains, c'est de la fermeture de la poche de Manjib dès que possible (...) et de l'ouverture d'un second front », a déclaré Mevlüt Cavusoglu, qui faisait référence à une zone tenue par l'EI dans la province d'Alep. « Si nous joignons nos forces, ils (les Américains) ont leurs propres forces spéciales et nous avons nos forces spéciales », a dit samedi M. Cavusoglu à un petit groupe de journalistes, dont l'AFP, à Antalya.
Sur le plan diplomatique, l'opposition syrienne se donne dix jours pour décider quel émissaire elle enverra aux négociations indirectes de Genève après la démission dimanche de son négociateur en chef, Mohammad Allouche, a indiqué un porte-parole Haut Comité pour les négociations (HCN) à la chaîne de télévision al-Hadath, hier.
Le porte-parole du HCN, Salem al-Mouslat, a précisé que la prochaine réunion du comité aurait pour but de réévaluer un certain nombre de problèmes et ne se contenterait pas seulement de désigner le prochain chef de délégation. « Tout cela est le résultat de la frustration ressentie par les Syriens face aux faibles performances de la communauté internationale, a commenté al-Mouslat. La prochaine réunion (du HCN) prendra des décisions sur de nombreuses questions. »
(Source : AFP)

