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Moyen Orient et Monde - France

Les opposants à la réforme du travail jouent leur va-tout

Le gouvernement reste inflexible, mais évoque la possibilité de « modifications » au texte du projet
de loi.

Un calicot brandi par des manifestants à Paris, où des affrontements ont éclaté entre policiers et manifestants cagoulés, dit tout de l’intention de certains « protestataires ». Jean-Philippe Ksiazek/AFP

Grèves et manifestations, pénurie de carburants, fronde étendue aux ports et aux centrales nucléaires : les opposants à la réforme du travail en France jouaient leur va-tout hier pour tenter de faire plier le gouvernement socialiste.
Sous pression pour éviter une paralysie du pays à deux semaines de l'ouverture de l'Euro de football, le Premier ministre Manuel Valls a évoqué hier la possibilité de « modifications » au texte. Il est « inacceptable » de « bloquer un pays » et de « s'en prendre ainsi aux intérêts économiques de la France », a fustigé M. Valls devant les députés. Dans la matinée, il avait déjà dénoncé « l'irresponsabilité » de la CGT et réaffirmé son refus de renoncer à cette dernière réforme-clé du quinquennat du président François Hollande. Il a aussi exclu de revenir sur son article le plus contesté, qui assouplit la législation sur le temps de travail en favorisant les accords d'entreprises, recadrant son ministre des Finances, Michel Sapin, qui venait d'avancer cette hypothèse. « Quelle est aujourd'hui la position du gouvernement ? Cela nous met dans l'embarras pour savoir à qui s'adresser », a ironisé le patron du syndicat CGT, en pointe de la contestation. « Comme pour d'autres sujets, cela montre que le président n'a plus la majorité », a-t-il estimé.
Les syndicats CGT et FO ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation hier, la 8e depuis mars. À Paris, des affrontements ont éclaté entre policiers et manifestants cagoulés, en marge d'une grande manifestation. Outre le cortège parisien, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes, rassemblant à chaque fois quelques milliers de personnes avec parfois des incidents isolés. Ainsi, à Fos-sur-Mer, une voiture a forcé un barrage de militants CGT, faisant un blessé grave.
Les 19 centrales nucléaires, qui délivrent 75 % de l'électricité du pays, étaient en grève et 10 d'entre elles ont diminué leur production, selon la CGT, qui prône « la généralisation » du conflit. Mais RTE, gestionnaire du réseau à haute tension, a assuré n'avoir « pas de problème d'alimentation ».

L'Euro perturbé ?
Le durcissement de la fronde, avec le blocage des sites pétroliers, a amené la France à puiser dans ses réserves stratégiques de carburant. M. Valls n'a pas exclu une réquisition d'employés dans les cinq raffineries au ralenti ou à l'arrêt, sur les huit du pays. Néanmoins, un léger mieux se dessinait dans l'approvisionnement des stations-service du pays. Toutefois, l'acheminement du pétrole restait compliqué du fait d'arrêts de travail dans « la plupart des ports », selon la CGT, et des files d'attente persistaient dans certaines stations.
Aucun quotidien national, à l'exception de L'Humanité (communiste), n'était en kiosque hier, la CGT du secteur ayant empêché l'impression et la distribution des journaux qui avaient refusé de publier sous la contrainte une tribune du patron de la CGT, suscitant la fureur de patrons de presse qui ont dénoncé « une exigence scandaleuse ».
Les perturbations étaient en outre limitées dans les chemins de fer comme dans le trafic aérien. Le secteur est névralgique à l'approche de l'Euro. D'autres grèves sont déjà programmées, notamment deux mouvements illimités dans les transports parisiens à partir du 2 et du 10 juin, jour d'ouverture de la compétition. Une 9e journée d'action nationale est aussi prévue le 14 juin.

(Source : AFP)

Grèves et manifestations, pénurie de carburants, fronde étendue aux ports et aux centrales nucléaires : les opposants à la réforme du travail en France jouaient leur va-tout hier pour tenter de faire plier le gouvernement socialiste.Sous pression pour éviter une paralysie du pays à deux semaines de l'ouverture de l'Euro de football, le Premier ministre Manuel Valls a évoqué hier la possibilité de « modifications » au texte. Il est « inacceptable » de « bloquer un pays » et de « s'en prendre ainsi aux intérêts économiques de la France », a fustigé M. Valls devant les députés. Dans la matinée, il avait déjà dénoncé « l'irresponsabilité » de la CGT et réaffirmé son refus de renoncer à cette dernière réforme-clé du quinquennat du président François Hollande. Il a aussi exclu de revenir sur...
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