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Lifestyle

« Paterson », poète de son quotidien

Le casting de « Paterson » (de gauche à droite) : Adam Driver, Golshifteh Farahani et Jim Jarmusch. Anne-Christine Poujoulat/AFP

Le réalisateur américain Jim Jarmusch vise la corde sensible du jury cannois avec Paterson, un film construit comme un poème, ode au ralenti et à la banalité du quotidien.
Présenté hier en compétition officielle, Paterson est construit en strophes, une par jour de la semaine ordinaire de Paterson, un conducteur de bus. C'est aussi le nom de la ville où se situe l'action, berceau des poètes Allen Ginsberg et William Carlos Williams. La routine, la répétition et les infimes variations de la vie de tous les jours en sont le ressort. Avec un message : que vous soyez conducteur de bus, femme au foyer ou tout simplement spectateur de ce film, vous pouvez devenir le poète de votre quotidien.
L'acteur principal, Adam Driver, alias Paterson, est parfait dans son costume d'antihéros. Homme sans qualités version début des années 2000, dans une ville pavillonnaire américaine, il a un péché mignon : comme un enfant, il couche des poèmes naïfs, inspirés d'une boîte d'allumettes ou de ses essuie-glaces, sur un petit carnet secret. Sous la direction de Jarmusch, l'acteur de 32 ans pose ici un nouveau jalon d'une carrière déjà prometteuse, allant de la série pour ados Girls au rôle du méchant dans le dernier Star Wars. Sa compagne à l'écran, l'actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani, recèle elle aussi, sous ses abords de femme au foyer sans histoire, son grain de folie. Obsédée par les motifs en damier, elle repeint littéralement son environnement (rideaux, robe, et jusqu'à ses cupcakes) en noir et en blanc.
À leurs côtés, une poignée de personnages secondaires et un bouledogue à la mine expressive, Marvin, auquel les premiers spectateurs proposaient unanimement sur Twitter de décerner une Palme Dog bien méritée. Dans cet univers tout en retenue, parfois tiède, ni la passion ni la haine n'ont droit de cité.
Le film cultive une certaine nostalgie du XXe siècle, avec un personnage principal qui ne voit pas l'intérêt de posséder un téléphone portable et reste pantois face à l'irruption du quinoa et des cours de guitare sur YouTube dans son quotidien. Les spectateurs qui y sont sensibles se plairont à relever les motifs récurrents qui parsèment le film, comme autant de rimes internes : la gémellité, l'amour tendre, et bien sûr le nom de Paterson, nom du héros, qui est omniprésent sur les murs de la ville du New Jersey.
Avec cette nouvelle geste poétique, Jarmusch tente une fois encore de décrocher la Palme d'or. Il est également présent cette année, hors compétition, pour Gimme Danger, chronique de la carrière d'Iggy Pop et des Stooges.
(Source : AFP)

Le réalisateur américain Jim Jarmusch vise la corde sensible du jury cannois avec Paterson, un film construit comme un poème, ode au ralenti et à la banalité du quotidien.Présenté hier en compétition officielle, Paterson est construit en strophes, une par jour de la semaine ordinaire de Paterson, un conducteur de bus. C'est aussi le nom de la ville où se situe l'action, berceau des poètes Allen Ginsberg et William Carlos Williams. La routine, la répétition et les infimes variations de la vie de tous les jours en sont le ressort. Avec un message : que vous soyez conducteur de bus, femme au foyer ou tout simplement spectateur de ce film, vous pouvez devenir le poète de votre quotidien.L'acteur principal, Adam Driver, alias Paterson, est parfait dans son costume d'antihéros. Homme sans qualités version début des années...
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