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Moyen Orient et Monde - Crise Des Réfugiés

L’accord entre Bruxelles et Ankara dans l’impasse

L'OIM confirme une forte baisse des arrivées de migrants en Grèce.

Le président du Parlement européen Martin Schulz et le ministre turc aux Affaires européennes, Volkan Bozkir, le 11 mai, à Strasbourg. Patrick Hertzog/AFP

Le nombre de migrants arrivés en Grèce s'est effondré de près de 90 % en avril suite à l'entrée en vigueur d'un pacte entre Bruxelles et Ankara pour réduire cet afflux, mais cet accord ne tient désormais plus qu'à un fil.
Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), seules 3 360 arrivées ont été enregistrées le mois dernier en Grèce, contre 26 971 en mars. L'accord UE-Turquie est entré en vigueur le 20 mars.
Frontex, l'agence chargée des frontières extérieures de l'UE, chiffre pour sa part à 90 % la chute des arrivées en Grèce en avril et souligne par ailleurs que les Syriens continuent d'être les plus nombreux à entrer en Grèce, devant les Pakistanais, les Afghans et les Irakiens.
Et pour la première fois depuis juin 2015, le nombre de migrants et de réfugiés arrivés en Italie a dépassé le mois dernier les arrivées en Grèce, selon le Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) et Frontex.
Si les effets de l'accord passé avec Ankara se font nettement sentir, de graves menaces pèsent sur l'avenir de cet arrangement en raison d'un désaccord profond avec Bruxelles sur l'exemption de visas pour les ressortissants turcs dans l'espace Schengen.

Pas beaucoup d'espoir
« À ce stade, je ne peux pas dire que nous ayons beaucoup d'espoir », a déclaré vendredi à la presse le ministre turc des Affaires européennes Volkan Bozkir après un entretien à Bruxelles avec le commissaire européen à l'Élargissement Johannes Hahn sur cette question.
M. Bozkir, qui s'exprimait sur les chaînes de télévision turques, a de nouveau rejeté un assouplissement de la législation antiterroriste turque, condition exigée par Bruxelles pour l'exemption de visas.
En 2015, plus d'un million de migrants et réfugiés étaient arrivés dans l'Union européenne, en majorité des Syriens entrés en Grèce.
Afin de freiner cet afflux, Bruxelles et Ankara ont décidé de renvoyer en Turquie tout migrant arrivé en Grèce depuis le 20 mars et n'ayant pas fait de demande d'asile ou dont la demande a été rejetée.
En contrepartie, l'UE a accepté de verser des milliards d'euros à Ankara et s'est engagée, pour chaque Syrien renvoyé, à en « réinstaller » un autre depuis la Turquie dans un pays membre, dans la limite de 72 000 places.
La Turquie réclame aussi une exemption de visas pour ses ressortissants dans l'espace Schengen, mais l'UE exige au préalable une modification de la loi antiterroriste en vigueur dans le pays.
L'organisation Médecins sans frontières (MSF) a fustigé hier l'accord UE-Turquie, le qualifiant d'« abdication historique » des responsabilités morales et légales de l'Europe.
Depuis le début de l'année, 188 075 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe en passant par la mer : 155 765 sont entrés en Grèce et 31 219 en Italie, selon l'OIM. 1 357 personnes ont été retrouvées mortes ou sont portées disparues.
D'après l'OIM, en avril, 9 149 personnes sont arrivées en Italie, soit près de trois fois plus qu'en Grèce.
La majorité de ceux arrivés en Italie cette année sont originaires du Nigeria, de Gambie, de Somalie, de Côte d'Ivoire et d'Éthiopie, selon le HCR.

Changement de route ?
Depuis que la fermeture de la route des Balkans et l'accord avec Ankara ont mis un coup d'arrêt au flux migratoire massif passant par la Grèce, l'Italie redoute d'en voir une partie déroutée sur ses côtes, via la Turquie ou l'Égypte.
Mais la confusion règne encore à ce sujet.
Les gardes-côtes italiens ont annoncé jeudi qu'au moins 150 Syriens et plus de 40 Irakiens figurent parmi les plus de 800 migrants secourus dans la même journée au large de la Sicile.
Mais un porte-parole de l'OIM, Joel Millman, a indiqué hier aux journalistes à Genève que « seulement deux personnes » ont dit être de nationalité syrienne.
« Il n'y a pas de preuve qu'il y ait une nouvelle route », a renchéri un porte-parole du HCR, William Spindler.

(Source : AFP)

Le nombre de migrants arrivés en Grèce s'est effondré de près de 90 % en avril suite à l'entrée en vigueur d'un pacte entre Bruxelles et Ankara pour réduire cet afflux, mais cet accord ne tient désormais plus qu'à un fil.Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), seules 3 360 arrivées ont été enregistrées le mois dernier en Grèce, contre 26 971 en mars. L'accord UE-Turquie est entré en vigueur le 20 mars.Frontex, l'agence chargée des frontières extérieures de l'UE, chiffre pour sa part à 90 % la chute des arrivées en Grèce en avril et souligne par ailleurs que les Syriens continuent d'être les plus nombreux à entrer en Grèce, devant les Pakistanais, les Afghans et les Irakiens.Et pour la première fois depuis juin 2015, le nombre de migrants et de réfugiés arrivés en Italie a dépassé...
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