Génération Orient : #1 Mir-Jean Bou Chaaya, cinéaste, 26 ans - Colette KHALAF

Mir-Jean Bou Chaaya

Génération Orient : #1 Mir-Jean Bou Chaaya, cinéaste, 26 ans

Mir-Jean Bou Chaaya, sur le tournage de "Film Ktir Kbeer".

Prix L’OLJ-SGBL
19/05/2016

Moteur. Action. Ces deux mots résument le parcours du jeune cinéaste qui, à 26 ans, a su, dès son premier long métrage Film Ktir Kbeer, imposer sa vision d'un cinéma qu'il aime passionnément.
À la conquête d'un Graal virtuel, mais ancré dans le réel et ayant hérité d'un prénom étrange, souvenir de cet oncle Jean surnommé prince, car décédé à la fleur de l'âge, Mir-Jean Bou Chaaya, qui a su en faire un nom, va empoigner sa caméra dans un travelling effréné.

 

 

 

  


Né en 1989 d'une mère travaillant dans le milieu de la télé et d'un père écrivain, il s'immerge très vite dans le monde artistique. Sauf qu'il veut d'abord faire de la musique. Des cours de piano à la guitare basse, c'est pourtant vers le septième art qu'il lorgne, des yeux, mais surtout du cœur. À seize ans, il tombe éperdument amoureux du cinéma d'auteur : Woody Allen, Kiarostami ou les frères Dardenne détermineront définitivement son choix. Il choisit donc d'être réalisateur pour mettre en scène la vie.

 

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À l'Alba où il poursuit sa formation, tout n'est pas un long fleuve tranquille. Le jeune étudiant défie l'ordre établi. Il lui arrive de sortir des rangs – mais uniquement des mauvais... Pour lui, comprendre le cinéma passe non seulement par les notions académiques, mais par la pratique. Tout en étudiant, il accepte les projets, sans hésitation, Présent sur un documentaire réalisé par sa mère au Koweït à l'âge de dix-huit ans, il le sera aussi auprès de son ami Omar Rahbani pour la conception d'un clip dédié aux martyrs de l'armée libanaise. Aux côtés, également, de Marcel Ghanem, présentateur télé star, qui le charge, alors qu'il n'est encore qu'en troisième année, de réaliser pour ses émissions des reportages/courts métrages où s'imposent déjà la vision du jeune artiste et ses méthodes.
Intrépide, Mir-Jean Bou Chaaya explique cette boulimie de travail par la peur du temps. Tout ce qu'il entreprend est dicté par une course contre la montre. D'ailleurs, il décidera, un jour, de ne plus en porter.

 

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D'abord, le concept

Une fois son master en études audiovisuelles obtenu avec distinction à l'Alba en 2012, Mir-Jean Bou Chayaa se met ensuite à l'écriture d'un court-métrage, Film kbeer. Le réalisateur Ghassan Salhab le prévient : ce film a tout l'air d'un long. Le défi est relevé : le court-métrage ovationné dans divers festivals. Lecinéaste enchaîne sur Film Ktir Kbeer. Exercice difficile, puisqu'il s'agit d'éviter la confusion entre les deux. Une société de production à la ligne éditoriale adéquate manque au tableau final. La fratrie Bou Chaaya se met à l'œuvre et fonde SuppAr (The Arab Art Support Group) et Kabreet productions. Après Toronto et Cannes (dans le marché du film), le film voyage et glane des récompenses, notamment cette étoile de Marrakech (Grand prix du jury), remise par Francis Ford Coppola qui adoube le jeune disciple et le catapulte dans la cour des grands.

 

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Considérant le plateau comme un espace de création, où acteurs et techniciens doivent collaborer pour créer l'œuvre, et non pas l'exécuter (et gare à celui qui déroge à cette règle !), Mir-Jean Bou Chayaa base sa démarche sur un autre axiome, tout aussi intransigeant : c'est le concept qui génère l'histoire. S'il ne le trouve pas, il ne peut pas continuer l'écriture d'un film.

 

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Film Ktir kbeer poursuit sa route : il a été récemment sélectionné au festival du film policier de Beaune, en France, ainsi qu'en Chine où il a reçu le prix de la première œuvre. Des récompenses qui ont, aux yeux du jeune cinéaste, autant de valeur que ces cinquante mille entrées dans les salles libanaises.
Même si, dans son discours à Marrakech, le réalisateur a voulu croire en un Liban qui, lui, n'a pas foi en ses artistes, Mir-Jean Bou Chaaya planche déjà sur l'écriture d'un second projet. Bien que peu convaincu que le cinéma puisse changer le cours des choses, il n'empêche : le septième art reste, assure-t-il, un outil très fort pour initier ce changement.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BRAVO A CE JEUNE HOMME... ET A L,OLJ POUR LEUR INITIATIVE... MAIS J,AI UNE ALLERGIE MALIGNE CONTRE LES TITRES DEVANT OU APRES LES NOMS ! JEAN... TOUT HAFF... CA SONNERAIT TELLEMENT MIEUX...