Les leaders de la société yéménite réunis à Koweit City. Yasser al-Zayyat/AFP
L'émissaire de l'Onu au Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmad, a rencontré séparément hier les délégations du gouvernement et des rebelles chiites houthis dans une tentative de sortir de l'impasse les négociations de paix organisées à Koweït.
Ces rencontres ont eu lieu au lendemain de la suspension des pourparlers directs entre gouvernement et rebelles en raison de l'absence de tout progrès.
Une source proche de la délégation gouvernementale a indiqué que les négociations avaient atteint une phase délicate, accusant les rebelles d'« être revenus au point de départ ».
« Ils (les rebelles) ont compliqué la situation », a déclaré cette source à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.
Les rebelles et leurs alliés, les partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, ont demandé la formation d'un gouvernement de transition avant d'envisager leur retrait des positions qu'ils ont occupées et la restitution des armes qu'ils ont prises à l'armée.
Ils ont également demandé le retrait de soldats américains du sud du pays où ils aident à combattre el-Qaëda, dont la présence en petit nombre a été révélée par Washington.
Jeudi, l'émissaire de l'Onu avait indiqué que les partis en conflit avaient commencé à discuter des questions de fond d'ordre politique et sécuritaire lors de rencontres directes visant à mettre fin à la guerre qui dure depuis 13 mois.
La discussion a également porté sur la libération des prisonniers conformément à la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'Onu.
Ces négociations ont lieu alors qu'un haut gradé de l'armée yéménite a été tué par balle durant le week-end à Aden, la grande ville portuaire du sud du Yémen, où les jihadistes restent actifs d'après un responsable des services de sécurité.
De nombreux cadres de l'armée et des forces de sécurité ont été abattus ces derniers mois dans le sud du Yémen, notamment à Aden. Les groupes jihadistes ont profité de la guerre civile et l'effondrement de l'État en 2015 pour avancer leurs pions dans la partie méridionale du pays. La communauté internationale fait pression pour mettre fin au conflit au Yémen qui a fait, selon l'Onu, 6 400 morts et 2,8 millions de personnes déplacées.
(Source : AFP)

