Après une attaque de Donald Trump contre son père, Rafael, le sénateur du Texas, Ted Cruz, a traité le favori républicain de « menteur...
Les électeurs de l'Indiana votaient hier pour les primaires présidentielles américaines, l'une des dernières opportunités pour Ted Cruz de freiner le favori républicain, Donald Trump, les deux hommes s'insultant copieusement pour l'occasion. Si le milliardaire l'emporte, il ne gagnera pas immédiatement l'investiture du Parti républicain. Mais la probabilité de sa victoire finale augmentera fortement et il infligera en outre une défaite cinglante au mouvement Tout sauf Trump, qui apparaît de plus en plus désespéré.
Chez les démocrates, qui votaient également hier dans le même État, l'investiture est déjà quasiment acquise pour Hillary Clinton, dont l'avance en nombre de délégués sur Bernie Sanders est importante. Les résultats dans l'Indiana ne changeront pas cet état de fait, mais une victoire du sénateur du Vermont lui permettrait de justifier son maintien en course, d'autant qu'il est bien placé pour les petits scrutins des deux prochaines semaines.
« Menteur pathologique »
Les derniers bureaux de vote devaient fermer à 18h00 heure locale (02h00 ce matin à Beyrouth). Et alors que les électeurs faisaient la queue dans les bureaux de vote, l'aversion entre les deux principaux candidats républicains a franchi un nouveau cap. M. Trump a ainsi repris à son compte l'affirmation du tabloïd National Enquirer, dont il est proche, selon laquelle le père d'origine cubaine du sénateur, Rafael Cruz, avait fréquenté Lee Harvey Oswald, l'homme accusé d'avoir tiré sur John F. Kennedy en 1963, et qui a lui-même été assassiné deux jours après. M. Cruz a nié et laissé éclater sa colère, traitant le milliardaire de « menteur pathologique » et « amoral », un « coureur de jupons invétéré » qui ferait honte à l'Amérique s'il était élu président.
L'altercation à distance présage une difficile, voire impossible, réconciliation du Parti républicain autour de M. Trump, s'il remporte in fine l'investiture. Le moins que l'on puisse dire est que les républicains anti-Trump ne se sont pas unifiés derrière le sénateur du Texas, un ultraconservateur issu du Tea Party dont l'intransigeance idéologique et tactique lui a mis à dos une bonne partie du Congrès et de l'appareil républicain. Illustration dans un sondage national de NBC News publié hier, très favorable à M. Trump. Le milliardaire est soutenu par 56 % des électeurs républicains, un chiffre en augmentation constante (il n'était qu'à 39 % début mars), alors que M. Cruz est tombé à 22 %.
Donald Trump semble ainsi imbattable. Il a remporté les six dernières primaires, parfois avec plus de 60 % des voix, comme dans son État de New York il y a deux semaines. Et les sondages anticipent un succès du milliardaire en Californie, qui vote le 7 juin.
L'appareil républicain semble donc de plus en plus résigné à ce que M. Trump atteigne les 1 237 délégués requis pour l'investiture. Le magnat de l'immobilier compte environ 1 000 délégués à l'heure actuelle, et une victoire dans l'Indiana, où les sondages lui sont favorables, lui en octroierait jusqu'à 57 supplémentaires. Un de ses principaux opposants, Mitt Romney, n'a pas donné signe de vie depuis plus d'un mois, alors que, début mars, il avait pris la tête du mouvement contre M. Trump. En janvier, des figures comme Bob Dole, candidat présidentiel en 1996, et Rudy Giuliani, ex-maire de New York, avaient publiquement déclaré leur dédain pour Ted Cruz.
Clinton voit plus loin
Côté démocrate, bien que Bernie Sanders ait juré de ne pas se retirer jusqu'à la convention de Philadelphie, en juillet, Hillary Clinton semble désormais préparer le probable match contre M. Trump à la présidentielle de novembre.
L'homme d'affaires l'attaque à chaque meeting, la traitant de « malhonnête » et l'accusant de jouer « la carte des femmes » pour gagner des voix. Mme Clinton a détourné cette attaque en assumant être la meilleure candidate pour défendre les droits des femmes. « Beaucoup de femmes ont l'habitude qu'on remette en cause leurs compétences, a-t-elle dit dans une interview sur MSNBC. La plupart des femmes ont interprété ses déclarations négatives par rapport à leur propre situation, pas seulement par rapport à moi. »
(Source : AFP)

