Symbole de la nervosité des joueurs bavarois, le carton jaune reçu par le gardien Manuel Neuer qui tentait de transporter Koke en dehors des limites du terrain pour se faire soigner et permettre au jeu de reprendre, alors que le joueur de l’Atletico essayait de gagner quelques minutes en simulant la blessure. Michael Dalder/Reuters
Un exploit prodigieux de Saul et une solidité impressionnante ont permis à l'Atletico Madrid de prendre l'ascendant sur le Bayern Munich (1-0) en demi-finale aller de la Ligue des champions, avant un match retour brûlant mardi prochain en Bavière.
Dans un match d'une rare intensité au stade Vicente-Calderon, les « Colchoneros » ont vengé le crève-cœur de la finale 1974 perdue face aux Munichois (1-1 a.p., puis 4-0 en match d'appui) grâce à un slalom spectaculaire de Saul (11e).
Et voilà les hommes de Diego Simeone tout près d'une deuxième finale de C1 en trois ans, après leur défaite à Lisbonne devant le Real Madrid en 2014 (4-1 a.p.).
Le résultat semble un peu injuste pour le Bayern, qui a réussi à faire trembler comme jamais la forteresse madrilène.
Le club allemand peut se dire qu'il aurait mérité d'égaliser, notamment sur un missile de David Alaba sur la transversale (54e). Mais il est contraint d'admettre aussi que le tir trop écrasé d'Antoine Griezmann (30e) ou la frappe sur le poteau de Fernando Torres (75e) ont failli être synonymes de K.-O.
Bref, tout reste ouvert à l'Allianz Arena la semaine prochaine, mais l'Atletico semble tout près d'éliminer un autre favori à la victoire finale, après avoir déjà sorti le FC Barcelone, tenant du titre, en quart de finale
(1-2, 2-0).
L'incroyable slalom de Saul
L'entraîneur munichois Pep Guardiola avait prévenu que la solide équipe madrilène ne se contentait pas de défendre. Pour lui donner raison, les meilleures occasions de la première période ont été pour les « Colchoneros », bien aidés certes par une ouverture du score précoce.
Et quelle ouverture du score ! Un slalom d'anthologie de Saul Ñiguez au milieu de quatre joueurs du Bayern et une frappe enroulée en bout de course qui entre avec l'aide du poteau opposé (11e), mettant en transe le stade Calderon.
Ce but à la Diego Maradona a permis à l'« Atleti » de développer ensuite sa stratégie la plus efficace : un bloc défensif très bas et des contres ultrarapides.
Dans ce contexte, il fallait voir l'attaquant français Antoine Griezmann se démener dans les retours défensifs. Et malgré cette intense activité de l'ombre, le petit gaucher a eu une balle de 2-0 en se présentant seul devant le gardien Manuel Neuer, qu'il n'est pas parvenu à surprendre d'une frappe du droit trop écrasée (30e).
Les joueurs de Guardiola ont néanmoins commencé à prendre l'ascendant à mesure que l'intensité madrilène redescendait.
Le Bayern face à un mur
Titulaire en demi-finale de C1 à seulement 19 ans, le Français Kingsley Coman a tenté de s'engouffrer dans le couloir droit, mais ses centres ont rarement trouvé preneur, notamment sur un deux contre deux mal négocié (34e).
Après la pause, le Bayern a commencé à faire le siège d'une défense « rojiblanca » bientôt déboussolée par la vitesse de circulation de balle bavaroise, malgré un très bon Augusto Fernandez au milieu.
Munich a alors multiplié les occasions brûlantes : tête de Coman à côté (47e), percées de Robert Lewandowski (48e) puis Douglas Costa (51e) et surtout une frappe magistrale de près de 40 mètres de David Alaba qui s'est écrasée sur la transversale (54e).
Il a aussi fallu que l'excellent gardien Jan Oblak s'interpose sur une tête de Javi Martinez (56e), puis devant Lewandowski à angle fermé (63e).
Simeone, sentant le danger, a exhorté plusieurs fois le stade Calderon à rugir. Et au bout d'une contre-attaque haletante, Fernando Torres a bien failli faire le break, expédiant néanmoins sa frappe sur le poteau (75e). Mais au final, malgré l'entrée en jeu de Franck Ribéry et plusieurs occasions brûlantes en fin de match, le score n'a pas bougé.
Ça promet pour le retour !
Menacé d'élimination en demi-finale pour la troisième année consécutive, le Bayern Munich se retrouve dos au mur. Ou plutôt face à un mur, celui dressé par l'Atletico Madrid.
(Source : AFP)
Guardiola critiqué pour n'avoir pas titularisé Müller
Au-delà de la défaite (1-0), le coach du Bayern Munich Pep Guardiola est critiqué jeudi par la presse allemande pour n'avoir pas titularisé Thomas Müller, voire Franck Ribéry, contre l'Atletico Madrid, en demi-finale aller de Ligue des champions.
« Super solo de l'Atletico ! Mauvaise composition de Pep », titre le quotidien Bild à sa une sportive, ne comprenant pas pourquoi le coach a débuté sans Müller, « son meilleur marqueur à l'extérieur en C1 (4 buts en 9 matches) », ainsi que Franck Ribéry.
Le magazine spécialisé Kicker qualifie « de risquée et fausse » la décision du Catalan de se passer d'entrée de Müller, « pas seulement son deuxième meilleur marqueur (31 buts cette saison dont 8 en C1) mais aussi un leader absolu » sur le terrain.
Le bihebdomadaire regrette aussi l'absence de Ribéry dans le onze, parce que le Français « brille à nouveau après une longue absence » et qu'il aurait été « l'homme de la situation » dans « l'ambiance survoltée du stade Vicente Calderon ».
« Le plan risqué de Pep Guardiola n'a pas fonctionné », titre l'édition électronique du quotidien Die Welt, pour qui les absences de Müller et Ribéry ont été comme « un but contre son camp » pour le Bayern à Madrid.
Interrogé après la rencontre, Guardiola a justifié son choix : « Je voulais un gaucher à gauche et un droitier à droite. Et avoir un milieu de terrain en plus. »
Ribéry et Müller ont remplacé respectivement Kingsley Coman (64) et Thiago Alcantara (70), peu convaincants jusque-là, sans pouvoir influer sur l'issue de la rencontre.
« Il y aura peut-être une autre option la semaine prochaine », a souligné Guardiola en vue du match retour mardi à Munich, décisif pour défendre le rêve de triplé avant le départ du Catalan cet été à Manchester City.
(Source : AFP)


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