Les délégations rebelles et gouvernementales réunies hier au Koweït, pour des pourparlers sous l’égide de l’Onu. Photo HO/AFP
Les négociations entre pouvoir et rebelles yéménites ont repris hier à Koweït sous l'égide de l'Onu pour tenter de trouver les moyens d'entamer un processus à même de stopper un conflit dévastateur.
Ces difficiles pourparlers menés par des représentants du pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite, et ceux des rebelles chiites houthis et de leurs alliés, appuyés par le rival iranien, ont finalement commencé jeudi avec trois jours de retard grâce aux efforts intenses déployés par l'Onu. Les délégations rivales, formée chacune de sept membres, ont entamé leurs discussions dans l'après-midi en présence du médiateur de l'Onu Ismaïl Ould Cheikh Ahmad, a indiqué un délégué.
Conscient de la difficulté de la tâche après l'échec en 2015 de deux rounds de négociations en Suisse, M. Ould Cheikh Ahmad a appelé jeudi les belligérants à « faire des concessions », à l'ouverture des pourparlers. « Nous n'avons jamais été aussi proches de la paix » et « un échec n'est pas permis ». Après cette première session, la délégation des rebelles a rencontré le médiateur de l'Onu et souligné la nécessité de faire respecter le cessez-le-feu, selon leur agence de presse Sabanews.net. « La clé pour parvenir à une solution est de se mettre d'accord sur une autorité de transition », a-t-elle insisté. Et hier, les rebelles ont de nouveau accusé l'aviation saoudienne et les forces pro-Hadi de multiples violations de la trêve depuis jeudi, selon Sabanews.net.
Les négociations, dont la durée n'a pas été précisée, doivent porter sur cinq sujets : « le retrait des milices et des groupes armés, la restitution des armes lourdes à l'État, des arrangements intérimaires de sécurité, le rétablissement des institutions de l'État et la reprise d'un dialogue politique inclusif, en plus de la création d'une commission spéciale pour les prisonniers ». L'une des principales pierres d'achoppement est la mise en œuvre de la résolution 2216 de l'Onu qui prévoit le retrait des rebelles des zones occupées dont Sanaa, la restitution des armes lourdes et la relance du processus politique.
Menaces jihadistes
Les rebelles exigent eux un arrêt total des raids de la coalition arabe, la levée du blocus naval saoudien et la levée des sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l'Onu à certains de leurs dirigeants et alliés, selon des diplomates. Pour les États-Unis, un règlement du conflit permettrait, outre de venir en aide aux civils, de se « concentrer également sur des menaces comme Aqpa (el-Qaëda dans la péninsule Arabique) et d'autres groupes jihadistes dans la région », telle l'organisation État islamique qui a revendiqué des attentats sanglants au Yémen.
Pour rappel, un cessez-le-feu précaire est entré en vigueur le 11 avril dans ce pays pauvre de la péninsule Arabique, mais les protagonistes s'accusent depuis mutuellement de le violer. Les houthis avaient boudé le début prévu initialement lundi des pourparlers pour protester contre ces violations.
Toutefois, les violations du cessez-le-feu diminuent à mesure que des équipes mixtes d'observateurs rebelles et loyalistes sont déployées sur le terrain, a déclaré hier la coalition arabe engagée dans le conflit. Les comités conjoints formés de représentants des forces gouvernementales et des rebelles houthis « sont pour la plupart opérationnels » sous la supervision de membres saoudiens, a ajouté le général Ahmad Assiri, porte-parole de la coalition militaire arabe qui intervient au Yémen depuis mars 2015 sous commandement de Riyad pour soutenir les forces loyalistes yéménites.
Mais si l'entrée en vigueur de la trêve a engendré une baisse de la violence, des combats continuent sur plusieurs fronts. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des affrontements ont eu lieu dans les environs de la ville de Taëz (Sud-Ouest) ainsi que dans la province de Jawf (Nord), ont indiqué des sources militaires.
(Source : AFP)

