Un haut représentant des houthis, Hamza el-Houthi, hier, à l’aéroport de Sanaa avant le départ de la délégation pour Genève. Mohammad Huwais/AFP
« Les négociations de paix au Yémen commenceront (cet après-midi) à Koweït sous l'égide de l'Onu, a annoncé à New York le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric. Les délégations se concentreront sur l'application de la résolution 2216. » Celle-ci enjoint notamment aux houthis de céder les territoires qu'ils ont conquis, dont la capitale Sanaa, à la faveur d'une vaste offensive lancée à partir de leur fief dans le Nord en juillet 2014.
Hier, les rebelles chiites houthis ont dit avoir accepté de participer aux négociations après avoir obtenu « des assurances » de l'Onu sur le respect du cessez-le-feu entré en vigueur le 11 avril dans ce pays ravagé par plus d'un an de conflit et maintes fois violé depuis. La délégation des rebelles et de leurs alliés, des partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, a ensuite quitté la capitale yéménite Sanaa pour Oman avant de se rendre à Koweït, selon les autorités aéroportuaires.
« Nous (les rebelles) avons accepté d'aller aux négociations » après avoir obtenu « des assurances » du médiateur de l'Onu Ismaïl Ould Cheikh Ahmad sur le respect du cessez-le-feu, a dit Saleh al-Sammad, haut responsable des houthis. À son départ de Mascate, Yasser Alawadi, secrétaire général adjoint du Congrès populaire général (CPG), le parti de M. Saleh, a cependant prévenu qu'il n'y aurait « pas de débats sur des questions politiques tant que le cessez-le-feu n'aura pas été respecté par les agresseurs ». Un autre responsable du CPG, Yahya Duwaid, s'est voulu plus « optimiste », indiquant que l'Onu avait aidé à « surmonter plusieurs obstacles qui avaient retardé notre arrivée à Koweït ».
Alors que la délégation du pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyé par l'Arabie saoudite, se trouve sur place depuis lundi, les rebelles, soupçonnés d'être soutenus par l'Iran, avaient boudé le début des négociations en accusant la partie adverse de violations du cessez-le-feu.
Le conflit au Yémen a commencé lorsque les houthis ont chassé le gouvernement de Sanaa en septembre 2014. Il a ensuite pris une dimension régionale en mars 2015, quand l'Arabie saoudite a formé une coalition arabo-sunnite pour enrayer l'avancée des houthis, qu'il accuse d'être des « agents de l'Iran ».
Sur le terrain, les combats, qui se poursuivaient par intermittence hier sur certaines lignes de front, ont fait ces dernières 24 heures 19 morts (16 rebelles et 3 soldats) dans la région de Nahm, au nord-est de Sanaa, selon un officier loyaliste.
(Source : AFP)

