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Moyen Orient et Monde - Migrants

Le HCR redoute jusqu’à 500 morts dans un récent naufrage en Méditerranée

L'UE tranchera la question des visas pour les Turcs début mai.

Des familles de migrants faisaient la file, hier, pour recevoir de la nourriture au camps de réfugiés d’Idomeni à la frontière gréco-macédonienne. Stoyan Nenov/Reuters

Des migrants arrivés dimanche à Kalamata (Grèce) après avoir été secourus la veille en haute mer ont raconté avoir assisté à un naufrage qui aurait fait près de 500 morts, a rapporté le Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) basé à Rome. Alors que les départs de Libye, et dans une moindre mesure d'Égypte, enregistrent une forte progression depuis quelques semaines, comme chaque année à cette saison, ce drame porte à plus de 1 250 le nombre de morts ou disparus cette année en Méditerranée, selon le HCR. Si les traversées ont baissé – environ 8 300 migrants sont arrivés sur les îles grecques depuis le 20 mars –, la situation reste difficile en Grèce, où depuis la fermeture début mars de la route des Balkans, environ 46 000 migrants sont bloqués. « Environ 70 % d'entre eux sont éligibles pour une relocalisation dans un autre pays membre de l'UE », a dit le commissaire européen chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos, déplorant une nouvelle fois l'écart entre les engagements d'accueil des pays européens et leur actes. Les États membres « doivent intensifier leurs efforts pour soutenir la Grèce », a-t-il ajouté, soulignant la situation « des enfants et des groupes vulnérables » parmi les migrants bloqués.
La Turquie, qui a déjà accueilli 2,7 millions de réfugiés syriens depuis le début du conflit en 2011, doit elle aussi faire « plus », selon Bruxelles : elle « doit consentir davantage d'efforts pour faire en sorte que les personnes qui ont besoin d'une protection internationale reçoivent le type de soutien dont elles ont le plus besoin ». Le président du Conseil européen Donald Tusk, le vice-président de la Commission Frans Timmermans et la chancelière allemande Angela Merkel doivent justement se rendre samedi dans le sud de la Turquie, près de la frontière syrienne, dans le cadre du suivi de l'accord avec les Turcs.

Critères à remplir
Saluant les « progrès » de la coopération avec la Turquie sur le dossier migratoire, l'UE s'est engagée, hier, à trancher début mai sur l'exemption de visas exigée par Ankara. La Turquie a fait de l'exemption de visas une condition pour continuer de respecter l'accord controversé conclu le 18 mars avec l'UE pour stopper l'afflux de migrants sur les côtes grecques. Elle a menacé lundi de ne plus l'appliquer si les Européens ne tenaient pas leur promesse d'ici à fin juin. L'exécutif européen a lui annoncé, hier, qu'il présenterait un rapport sur le sujet « le 4 mai ». Si les conditions sont remplies, il sera « accompagné d'une proposition législative ayant pour effet de transférer la Turquie sur la liste des pays exemptés de l'obligation de visa ». Ensuite, il faudra encore que les États membres, via le Conseil de l'UE, et que le Parlement européen donnent leur feu vert. Cette procédure au pas de charge n'est pas la promesse d'une issue favorable : « Aucune libéralisation des visas ne peut être offerte, si les critères ne sont pas remplis », a insisté le commissaire européen chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos.
Le sujet reste miné : il y a au total 72 critères, allant de la sécurité des documents aux droits fondamentaux, et plusieurs sources diplomatiques européennes doutent de la capacité de la Turquie à les respecter tous d'ici à fin avril, pour une exemption d'ici à fin juin. En attendant, Ankara fait monter la pression : « L'UE a plus besoin de la Turquie que la Turquie n'a besoin de l'UE », a mis en garde mardi le président turc Recep Tayyip Erdogan. « Nous avons autant besoin les uns des autres », a répliqué hier le commissaire Avramopoulos. L'accord prévoit que tous les nouveaux migrants irréguliers se rendant depuis la Turquie vers les îles grecques doivent désormais être renvoyés vers la Turquie, y compris les demandeurs d'asile. En contrepartie, l'UE a accepté, pour chaque Syrien renvoyé vers la Turquie, de « réinstaller » un autre Syrien depuis la Turquie dans l'UE, dans la limite de 72 000 places. Depuis le 4 avril, 325 migrants en situation irrégulière arrivés en Grèce après le 20 mars ont été renvoyés. Et 103 réfugiés syriens ont été réinstallés dans l'UE, selon la Commission.

(Source : AFP)

Des migrants arrivés dimanche à Kalamata (Grèce) après avoir été secourus la veille en haute mer ont raconté avoir assisté à un naufrage qui aurait fait près de 500 morts, a rapporté le Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR) basé à Rome. Alors que les départs de Libye, et dans une moindre mesure d'Égypte, enregistrent une forte progression depuis quelques semaines, comme chaque année à cette saison, ce drame porte à plus de 1 250 le nombre de morts ou disparus cette année en Méditerranée, selon le HCR. Si les traversées ont baissé – environ 8 300 migrants sont arrivés sur les îles grecques depuis le 20 mars –, la situation reste difficile en Grèce, où depuis la fermeture début mars de la route des Balkans, environ 46 000 migrants sont bloqués. « Environ 70 % d'entre eux sont éligibles...
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