Des partisans des rebelles chiites houthis, le 17 avril dernier, à Sanaa. Mohammad Huwais/AFP
L'émissaire de l'Onu pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, s'est employé hier à convaincre les miliciens chiites houthis d'envoyer des représentants aux négociations de paix au Koweït.
Les miliciens houthis, qui contrôlent une bonne partie du Yémen dont la capitale Sanaa, se sont montrés « très coopératifs » jusqu'à dimanche et étaient alors d'accord sur presque tout avec l'émissaire des Nations unies, a déclaré un conseiller de la délégation onusienne au Koweït.
« Depuis lors, ils ont complètement changé et cela a fortement surpris (Ould Cheikh Ahmed) », a dit à Reuters ce conseiller, sous le couvert de l'anonymat. L'émissaire des Nations unies s'efforce désormais, auprès du gouvernement yéménite et des houthis, d'aplanir les problèmes qui ont surgi.
Les négociateurs houthis exigent que le cessez-le-feu initié le 10 avril soit pleinement respecté avant de pouvoir se rendre au Koweït pour les négociations, qui doivent se dérouler avec les représentants du gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi.
Les houthis rejettent en outre le projet d'ordre du jour, qui prévoit qu'ils remettent leurs armes lourdes et se retirent des zones sous leur contrôle avant qu'un nouveau gouvernement englobant toutes les forces yéménites en présence soit formé.De son côté, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a demandé hier que les négociations de paix commencent « sans plus de retard ».
Quid de la trêve ?
Sur le terrain, au moins 13 combattants ont été tués dans des affrontements entre loyalistes et rebelles. Cinq soldats figurent parmi ces personnes qui ont péri depuis lundi soir lors de combats dans l'ouest de la province de Ma'rib, à l'est de la capitale Sanaa, ont indiqué des sources militaires.Les affrontements, qui ont éclaté lorsque des rebelles chiites houthis ont tenté de reprendre des positions tenues par les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, se poursuivaient par intermittence hier, selon les mêmes sources.
Des combats sporadiques se déroulaient sur d'autres lignes de front, comme à Nahm, au nord-est de Sanaa, ou à Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, ont indiqué ces sources, sans fournir de bilan.
Interrogé par l'AFP, le chef d'état-major de l'armée yéménite, le général Ali al-Maqdachi, a estimé que « la trêve tient toujours, conformément aux directives de notre direction politique », mais a accusé « les houthis et leurs alliés de ne pas la respecter ».
Pour leur part, les rebelles ont affirmé hier sur leur site sabanews.net que les loyalistes avaient poursuivi les attaques et l'envoi de renforts militaires sur diverses lignes de front.
Ils accusent aussi la coalition militaire arabe sous commandement saoudien, qui soutient les loyalistes, de « survoler la capitale et d'autres villes, en violation de la trêve ».
Hier, un kamikaze s'est fait exploser près d'un barrage à Aden dans le sud du pays où les attaques contre les forces gouvernementales se sont multipliées ces derniers mois, dans des tentatives apparentes d'entraver les efforts du pouvoir de remettre sur pied l'armée et les forces de sécurité, selon un responsable de la sécurité.
Aucune victime n'est à déplorer mis à part l'assaillant, a précisé la source, qui l'a qualifié d'« extrémiste ».
(Source : AFP)

