Le gouvernement libyen a reçu une nouvelle marque de soutien avec la visite surprise hier à Tripoli du ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond. Mahmud Turkia/AFP
Le Parlement a reporté à une date indéterminée sa session attendue hier sur le vote de confiance au gouvernement d'union nationale soutenu par la communauté internationale, ont indiqué des députés à l'AFP.
Cette session du Parlement, qui a son siège à Tobrouk dans l'est de la Libye, n'a finalement pas eu lieu, ont précisé les députés en mettant en avant de profondes divergences sur comment voter et sur la procédure. « Les députés ont seulement tenu des consultations aujourd'hui. On verra bien comment les choses évolueront », a déclaré le député Ali Tekbali. « Nous n'avons pas pu tenir de session, il y a de grandes divergences sur ce qu'il faut voter en premier : la confiance au gouvernement ou l'amendement de la Constitution » pour y inclure l'accord de Skhirat, au Maroc, parrainé par l'Onu qui a donné naissance au gouvernement d'union, a indiqué le député Abou Bakr Beira. « Nous espérons que la session pourra se tenir demain (mardi) », a-t-il ajouté.
Le député Khalifa Daghari a de son côté annoncé « la mise en place d'un comité formé de députés pour tenter de parvenir à un accord entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre le gouvernement d'union ». « Si nous parvenons à un accord, nous tiendrons une session demain (mardi), sinon on continuera de négocier jusqu'à ce que l'on parvienne à un accord », a-t-il dit.
Prendre le contrôle des ministères
Issu d'un accord politique signé au Maroc fin 2015, sous l'égide de l'Onu, par certains membres des factions rivales libyennes, le gouvernement d'union s'était autoproclamé sur la base d'un communiqué de soutien d'une centaine de parlementaires (sur 198). Arrivé le 30 mars à Tripoli par la mer, il a pris ses quartiers dans la base navale de la capitale. Il a rallié le soutien d'acteurs économiques comme la compagnie nationale pétrolière et la banque centrale ainsi que celui d'une partie des autorités basées à Tripoli et rivales du gouvernement installé dans l'est du pays. Mais ce cabinet d'union doit encore asseoir son autorité naissante sur la totalité du territoire libyen et surmonter un obstacle majeur, à savoir le refus du gouvernement basé dans l'Est, qui était jusqu'alors reconnu par la communauté internationale, de lui céder le pouvoir avant le vote de confiance. Le vice-Premier ministre désigné, Ahmad Meitig, a toutefois indiqué hier que quelle que soit l'issue du vote du Parlement, l'exécutif d'union commencera à prendre le contrôle de ministères.
Le gouvernement a d'ailleurs reçu une nouvelle marque de soutien avec la visite surprise hier à Tripoli du ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond, qui a rencontré le Premier ministre désigné Fayez al-Sarraj quelques jours après une démarche similaire de ses homologues italien, français et allemand. Lors d'une visite-éclair à Tripoli, le ministre britannique Hammond a apporté le soutien de son pays au gouvernement Sarraj en lui promettant notamment une aide de 10 millions de livres (environ 12,6 millions euros). M. Hammond a évoqué avec M. Sarraj les priorités du gouvernement d'union dans les domaines de la sécurité, de la relance de l'économie et du rétablissement des services publics. Il a souligné l'importance que son pays et l'UE accordent à la lutte contre l'organisation jihadiste État islamique (EI) et l'immigration clandestine.
(Source : AFP)


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