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Moyen Orient et Monde - Conflit

L’opposition syrienne suspend sa participation « formelle » aux négociations de Genève

Poutine et Obama ont pris leur téléphone pour décider d'un renforcement du cessez-le-feu en Syrie.

La délégation représentant Damas aux négociations de Genève. Denis Balibouse/Reuters

L'opposition syrienne a suspendu hier sa participation « formelle » aux délicates négociations de paix de Genève pour protester contre la « détérioration » de la situation en Syrie.
Selon le médiateur de l'Onu Staffan de Mistura, le HCN (Haut Comité des négociations), représentant l'opposition, a annoncé qu'il resterait à Genève et continuerait à prendre part à des « discussions techniques », mais pas au Palais des Nations, siège de l'Onu dans la ville. Les discussions auront lieu à l'hôtel où réside la délégation de l'opposition. Le HCN est apparemment divisé entre ceux qui veulent quitter Genève – principalement les groupes armés – et ceux qui ne veulent pas rompre avec le délicat processus de paix engagé depuis janvier sous l'égide de l'Onu. Le coordinateur de l'opposition, Riad Hijab, a jugé hier « inacceptable » de poursuivre les négociations, alors que le régime de Damas continue de « bombarder et d'affamer les civils » en menant une offensive militaire contre la région d'Alep, en dépit de la trêve.
M. de Mistura s'est toutefois félicité d'avoir pu obtenir l'accord de l'opposition et du régime de Damas sur la nécessité de mettre en place une « transition politique », même s'il y a un « grand fossé » sur son interprétation. Lors d'une nouvelle rencontre hier matin avec M. de Mistura, le chef de la délégation du régime, Bachar al-Jaafari, a évoqué de « nouvelles idées », sans plus de précisions. Le HCN exige le départ préalable du président syrien Bachar el-Assad, au pouvoir depuis 16 ans, mais le régime, bien que prêt à un gouvernement de coalition avec l'opposition, considère que le sort du président Assad n'est pas négociable. Dans sa résolution 2254, l'Onu prévoit la formation d'ici à l'automne de cet organe de transition et la rédaction d'une nouvelle Constitution, avant l'organisation d'élections présidentielle et législatives courant 2017. Évoquant la situation militaire et humanitaire en Syrie, M. de Mistura a estimé que la trêve imposée le 27 février « tient toujours dans beaucoup de régions ». « Mais l'intensification des combats est inquiétante (..) et l'accès humanitaire est également trop lent », a-t-il déploré.

La trêve est menacée
Preuve que la situation devient alarmante, les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama – les véritables parrains des pourparlers de Genève – ont pris leur téléphone pour décider d'un renforcement du cessez-le-feu en Syrie, selon le Kremlin. « Les dirigeants ont discuté en détail de la situation en Syrie, confirmant notamment leur intention de faciliter le renforcement du cessez-le-feu, fruit d'une initiative russo-américaine, dans ce pays, ainsi que l'accès de l'aide humanitaire », précise le Kremlin dans un communiqué. Les présidents Poutine et Obama ont tous deux souligné l'importance des pourparlers de paix de Genève et sont convenus que les services de sécurité russes et américains renforceraient leur coopération sur la Syrie. « À cette fin, seront élaborées des mesures supplémentaires pour réagir rapidement aux violations du cessez-le-feu existantes », a ajouté le Kremlin. Le président Poutine a également appelé les rebelles « modérés » à se démarquer du groupe État islamique et des jihadistes du Front al-Nosra et à la fermeture de la frontière entre la Syrie et la Turquie d'où selon lui se poursuit « la fourniture d'armes pour les extrémistes », selon le communiqué.
Selon la Maison-Blanche, cette conversation téléphonique a été l'occasion pour M. Obama d'appeler « une nouvelle foi, le président Poutine à user de son influence auprès du régime Assad pour que ce dernier respecte ses engagements ». « Malheureusement, nous avons vu que la cessation des hostilités restait fragile et était de plus en plus menacée en raison de violations perpétrées par le régime », a souligné Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain. Ce dernier a par ailleurs souligné que M. Obama avait une nouvelle fois appelé son homologue russe à appliquer pleinement les accords de Minsk concernant le conflit dans l'est de l'Ukraine.

« Tout faire »
De son côté, le président français François Hollande a déclaré hier au Caire, où il effectuait une visite officielle, qu'il fallait « tout faire » pour maintenir la trêve entre le régime et les rebelles en Syrie.
Sur le terrain, les combats et les bombardements se sont intensifiés hier, surtout dans la métropole d'Alep et sa province, au nord du pays. Dix groupes rebelles principalement islamistes, dont les influents Ahrar al-Cham et le groupe d'inspiration salafiste Jaich al-Islam, ont annoncé qu'ils mettaient en place une riposte coordonnée. « Après une augmentation des violations de la part des forces du régime, visant notamment des camps de déplacés et (...) des quartiers résidentiels, nous déclarons la création d'un centre d'opérations conjoint et le début d'une bataille (...) pour y répondre », ont-ils indiqué dans un communiqué, promettant « une réponse forte qui servira de leçon » au régime. L'offensive de la rébellion a effectivement commencé hier, selon une source rebelle locale. Les combats se concentraient autour du village de Kinsabba, le dernier fief rebelle de Lattaquié repris par le régime. Les affrontements continuent de faire rage également sur plusieurs fronts dans la province d'Alep, morcelée entre armée, rebelles, jihadistes et Kurdes. Dans la ville éponyme divisée en deux depuis 2012, huit personnes ont été tuées hier par des roquettes lancées par des rebelles sur des quartiers tenus par le régime, selon la télévision d'État. La veille, 22 civils étaient morts dans des bombardements mutuels, soit l'un des bilans les plus lourds depuis l'entrée en vigueur de la trêve.
L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a pour sa part jugé « critique » la situation d'environ 100 000 personnes prises au piège dans le nord de la Syrie.
(Source : AFP)

L'opposition syrienne a suspendu hier sa participation « formelle » aux délicates négociations de paix de Genève pour protester contre la « détérioration » de la situation en Syrie.Selon le médiateur de l'Onu Staffan de Mistura, le HCN (Haut Comité des négociations), représentant l'opposition, a annoncé qu'il resterait à Genève et continuerait à prendre part à des « discussions techniques », mais pas au Palais des Nations, siège de l'Onu dans la ville. Les discussions auront lieu à l'hôtel où réside la délégation de l'opposition. Le HCN est apparemment divisé entre ceux qui veulent quitter Genève – principalement les groupes armés – et ceux qui ne veulent pas rompre avec le délicat processus de paix engagé depuis janvier sous l'égide de l'Onu. Le coordinateur de l'opposition, Riad Hijab, a jugé...
commentaires (4)

Et elle a bien raison ! Elle devait à tout prix sortir de ce panier à crabes.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

07 h 40, le 20 avril 2016

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Commentaires (4)

  • Et elle a bien raison ! Elle devait à tout prix sortir de ce panier à crabes.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 40, le 20 avril 2016

  • IL N,Y A QUE LE PARACHUTE... LA CHUTE POURRAIT ETRE EN RUSSIE...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 30, le 19 avril 2016

  • L’opposition syrienne suspend sa participation « formelle » aux négociations de Genève COMMENT LA VICTIME ET LE BOURREAU, LE BOMBARDEE ET LE BOMBARDEUR PEUVENT ILS NEGOCIER ? SI LA COMMUNAUTEE DITE INTERNATIONALE VOULAIT VRAIMENT REGLER LA CRISE SYRIENNE AU MOYEN DES "NEGOCIATIONS" ELLE AURAIT DU IMPOSER DES LE DEPART SOIT DES ZONES D'EXCLUSION AERIENNE, SOIT ARMER LES REBBELLES DE MISSILES SOLS AIRS HISTOIRE DE RETABLIR L'EQUILIBRE DES FORCES,PREALABLE A TOURTE "NEGOCIATION" SERIEUSE ET REALISTE. MAIS VOILA LA COMMUNUATE DITE INTERNEATIONALE EST AVEC LE BOUCHER ET TOUT LE RESTE HISTOIRES D'ABBATTOIRS.

    Henrik Yowakim

    16 h 05, le 19 avril 2016

  • C'est quoi "participation formelle "? Le contraire de fondamentale? Comment faire comprendre aux bactéries pures ou diluées que Alep n'est pas négociable, et qu'elle retournera à la Syrie. Comme on leur dira que le golan aussi sera restitué des mains des voleurs de terre , complice des bensaouds pour vendre la région aux us sionistes. ..

    FRIK-A-FRAK

    11 h 07, le 19 avril 2016

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