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Culture - En Librairie

Marcel Laugel : Le moteur du progrès ? La tolérance

À quoi sert d'écrire sinon à déchiffrer le monde et à tenter d'y voir plus clair ? Dans « Boutilimit », le diplomate français à la retraite ausculte les religions.

Marcel Laugel tente de rapprocher les trois religions monothéistes dans « Boutilimit ».

Avec le recul des années de service dont dispose l'auteur, Boutilimit, le dernier roman de Marcel Laugel, tente de rapprocher les trois religions monothéistes et rappelle à tous ceux qui seraient tentés de l'oublier, pour une raison ou une autre, que l'amour – celui des peuples, des religions et des êtres humains – passe par le chemin de la tolérance...
Le Sahara occidental dont l'histoire est liée à celle de ses voisins – le Maroc, la Mauritanie et l'Algérie – a parsemé ses grains de sable sur les sentiers d'une vie. Celle de Marcel Laugel. Diplomate à la retraite, ancien officier des affaires musulmanes et méhariste accompli, l'homme n'en est pas à son premier roman. Après Sur le vif et Arabie heureuse?, il publie en 2010 un roman autobiographique à deux titres: le premier, Roman du Sahara, prendra son envol pour devenir Nomades fils des nuages, ces nuages dont le ciel du Sahara est dépourvu, mais dont la terre regorge de mille récits et aventures. Celle de Boutilimit*, une saga mauritanienne publiée en 2015, raconte l'histoire d'une rencontre, celle de l'islam, du christianisme et du judaïsme.

De New York à Nouakchott
C'est dans un café new-yorkais, au pied de l'immeuble de l'Onu, que Marie, jeune Irlandaise et directrice de collection au Metropolitan Museum, tombe sous le charme de Moahmmed Lamine, fils d'un vénérable marabout de Boutilimit et ambassadeur à l'Onu. Marie découvre une personnalité hors du commun et décide, malgré toutes les difficultés qu'ils auraient à surmonter, d'affronter ses parents et de défendre son choix, celui de l'alliance de deux univers qui pouvaient se révéler incompatibles. La période de leur vie commune, qui s'étend sur 20 ans et qui verra leur fille épouser un juif et leur fils radicalisé épouser une Algérienne, permet à l'auteur d'évoquer les bouleversements qu'ont connus à cette époque l'Afrique de l'Ouest et le Moyen-Orient.
La plume de l'historien supplante alors celle du romancier. Les ébats amoureux laissent un goût d'adolescence, tandis que le drame des harkis, la lutte des Afghans contre les Russes, la guerre de Six-Jours et celle du Kippour, le voyage de Sadate à Jérusalem, les accords de Camp David, les actions du Polisario, tous ces conflits, que seule la tolérance aurait pu contenir et qui ont traversé la vie de cette famille virtuelle, créée par l'auteur, plongent le lecteur dans une réalité concertante.

Calé entre deux bosses du chameau
L'auteur soulève à chaque page l'histoire de l'islam et du christianisme, et leur impact sur le comportement de leurs croyants. Ainsi, selon lui, le christianisme est une religion complexe, une religion des saisons et non de la quotidienneté. Il existe toujours cette espèce de doute métaphysique qui permet d'évoluer et de transcender la religion afin de s'adapter au monde moderne. Ses fidèles ont un guide spirituel en la personne du pape, qui n'hésite pas à sillonner les continents pour défendre les droits de tous les hommes. L'islam, par contre, est une religion réglée comme une horloge où le croyant se sent bien à l'intérieur, où il y a un certain confort. C'est une religion gestuelle qui ne laisse aucune possibilité de prendre du recul, ce qui procure une certaine sérénité, un rituel très simple, des obligations religieuses très pragmatiques. Est-ce que l'islam paralyse comme si la porte de l'effort était fermée ? Voilà la question que Marcel Laugel se pose. Le moteur du progrès serait la tolérance. Celle qui permet l'ouverture et empêche la radicalisation, toutes religions confondues; c'est aux hommes qu'il incombe d'en faire bon usage.
Calé entre les deux bosses du chameau, seul moyen de locomotion, Laugel a arpenté les étendues sablonneuses, de l'Algérie à la Mauritanie, en passant par le Koweït, le Soudan et le Yémen, le Coran à la main et ses croyances dans un cœur qui bat au rythme de trois religions. Le lecteur pourra rechercher une histoire d'amour dans cette union du prénom du prophète à celui de Marie, mère du Christ. Elle reste pour le moins un prétexte pour définir la tolérance par le biais de l'amour et de la sagesse, vertu qui caractérise le héros principal.

*«Boutilimit», de Marcel Laugel, une saga mauritanienne publiée aux éditions L'Harmattan

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Pour la petite histoire

Les compagnies méharistes sahariennes étaient des unités de l'armée française destinées à contrôler les territoires du Sahara à l'époque de l'Algérie française. Elles jouèrent notamment un grand rôle lors de la conquête du sud-algérien et assurèrent ensuite la présence française dans le Sahara. Utilisant des dromadaires dans ces régions où les premières automobiles ne pouvaient pas s'aventurer, elles furent désignées sous le nom de compagnies ou escadrons méharistes.

Avec le recul des années de service dont dispose l'auteur, Boutilimit, le dernier roman de Marcel Laugel, tente de rapprocher les trois religions monothéistes et rappelle à tous ceux qui seraient tentés de l'oublier, pour une raison ou une autre, que l'amour – celui des peuples, des religions et des êtres humains – passe par le chemin de la tolérance...Le Sahara occidental dont l'histoire est liée à celle de ses voisins – le Maroc, la Mauritanie et l'Algérie – a parsemé ses grains de sable sur les sentiers d'une vie. Celle de Marcel Laugel. Diplomate à la retraite, ancien officier des affaires musulmanes et méhariste accompli, l'homme n'en est pas à son premier roman. Après Sur le vif et Arabie heureuse?, il publie en 2010 un roman autobiographique à deux titres: le premier, Roman du Sahara, prendra son envol pour...
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