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Liban - Sécurité De L’Aéroport

Le Conseil des ministres impose l’appel d’offres

Le gouvernement veut allier la transparence à la rapidité.

Une ambiance bon enfant perturbée par de vifs échanges autour du dossier du département de la Sécurité de l’État. Photo Dalati et Nohra

Présidé par Tammam Salam, le Conseil des ministres a chargé hier le ministère des Travaux publics de lancer un appel d'offres sur base duquel il pourra confier à des sociétés privées les travaux d'installation du matériel et de l'infrastructure devant permettre une meilleure sécurité à l'aéroport international de Beyrouth.
L'appel d'offres devra se faire à travers la direction des adjudications relevant de l'Inspection centrale, sur base du cahier des charges établi par la commission formée en 2014 par le gouvernement pour déterminer les mesures à prendre afin de relever le niveau de sécurité à l'aéroport. Sous prétexte de l'urgence – des compagnies aériennes occidentales ayant menacé de boycotter le Liban, selon le chef du gouvernement et le ministre de la Santé, Waël Bou Faour – les délais ont été raccourcis. Les sociétés intéressées ont un délai de deux semaines pour présenter leurs offres, ce qui soulève la question de savoir si cette réduction des délais permettra à toutes les sociétés intéressées de présenter leurs offres dans les temps, et, au Liban, d'obtenir donc les meilleurs prix pour les travaux envisagés, évalués à 28 millions de dollars.


Les ministres étaient tous d'accord, compte tenu de la menace terroriste internationale, que la question du renforcement de la sécurité à l'aéroport ne peut plus attendre, d'autant qu'une décision en ce sens remonte à 2008. Le Liban envisageait en effet, cette année-là, la construction de l'enceinte protectrice du tarmac et l'installation de caméras de surveillance, sachant que les fonds pour ces projets avaient été débloqués à l'époque. Mais à l'exception des ministres des Travaux publics, Ghazi Zeaïter, et de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, qui ont plaidé pour la conclusion de contrats de gré à gré avec des sociétés capables d'effectuer les travaux nécessaires pour sécuriser l'aéroport, en avançant l'argument de l'urgence, les membres du gouvernement étaient tous d'accord pour l'application du mécanisme réglementaire prévu dans ces cas.
On sait de sources informées que l'attachement de MM. Zeaïter et Machnouk aux contrats de gré à gré se justifierait par le fait qu'ils auraient déjà signé dans la foulée de la promesse saoudienne d'un milliard de dollars aux services de sécurité des contrats avec quatre sociétés pour l'installation d'équipements de sécurité à l'aéroport. Lorsque le don saoudien a été gelé, c'est vers l'État qu'ils se seraient tournés pour honorer leur engagement.


Des ministres ne se sont pas gênés au cours de la réunion pour soulever ce point et réclamer une redynamisation de la commission ad hoc mise en place en 2014. Celle-ci avait pour mission de déterminer les besoins de l'aéroport. À présent, elle devra décacheter les plis et comptera parmi ses membres des représentants des ministères concernés, selon les explications du ministre de l'Information, Ramzi Jreige, qui a donné lecture des résolutions du Conseil des ministres. « Nous protégerons de la sorte l'aéroport et nous tiendrons le gouvernement à l'abri de tout soupçon, d'autant qu'il y a trop de rumeurs en ville à ce sujet. Ce qui nous importe, c'est d'exécuter ce projet de la meilleure façon pour préserver l'image du gouvernement, en alliant les deux critères de la transparence et de la rapidité », a observé le ministre des Télécoms, Boutros Harb, durant la réunion.

 

(Pour mémoire : L'aéroport de Beyrouth est « sûr », mais des travaux sont nécessaires, affirme Zeaïter)

 

Onze failles
Selon les explications de Ghazi Zeayter, onze failles de sécurité ont été recensées à l'aéroport et doivent être comblées sans tarder. Le ministre a fait état de quatre contrats pour l'achat et l'installation de scanners, pour l'installation de caméras de surveillance, pour l'aménagement d'une salle de contrôle et pour l'achat et l'installation de scanners pour le carrousel à bagages et pour le contrôle des voitures. Ce sont les contrats dont devaient bénéficier sur base du mode de gré à gré les sociétés Hamra, Chip et Meas. M. Machnouk a expliqué que les trois avaient présenté les meilleures offres et qu'il ne voit pas d'inconvénient à ce que le ministère des Travaux se charge de les exécuter.


Les ministres du bloc aouniste et des Kataëb, ainsi que le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, ont particulièrement insisté sur l'appel d'offres et se sont enquis sur des dons et des bailleurs de fonds susceptibles d'aider à assurer les fonds nécessaires au projet.
La question du financement n'a toujours pas été tranchée. Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a fait état de trois modes de financement qu'il a exposés à ses collègues. Il doit leur proposer lundi prochain une formule définitive à discuter.


En ce qui concerne le département de Sécurité de l'État, le conflit reste entier sur la manière de régler le blocage de son financement à cause des divergences de vues entre son directeur, Georges Karaa, et son adjoint, Mohammad Toufayli. Le débat suscité par ce dossier a failli dégénérer, après avoir été ponctué d'un vif échange entre le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, et le chef du gouvernement qui appelait à un règlement loin des considérations communautaires. Une intervention du ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, devait d'ailleurs mettre le feu aux poudres : « Que ceux qui sont tellement soucieux du droit de leur communauté commencent par élire un président », a-t-il lancé en allusion au CPL.

 

(Pour mémoire : Pharaon à « L'OLJ » : La question de l'abolition de la Sécurité de l'État ne se pose pas)


Il a été finalement décidé, à la demande du bloc des ministres Kataëb et du CPL ainsi que de Michel Pharaon et Boutros Harb, de reporter l'examen de toutes les clauses relatives au financement des services de sécurité afin qu'elles soient discutées en même temps que le déblocage des fonds de la Sécurité de l'État. Les ministres contestataires, notamment M. Harb, devaient relever que la proposition de mettre en place un conseil de commandement à la tête de la Sécurité de l'État affaiblirait son chef en le mettant à la merci de cinq ou six personnes. Il s'est interrogé sur le point de savoir pourquoi la solution applicable dans ce genre de cas, à savoir le recours au Conseil supérieur de la défense, n'a pas été retenue, d'autant que le chef du gouvernement peut soumettre le dossier à cette instance dont il assume la vice-présidence en l'absence d'un chef de l'État.


Le gouvernement a adopté une série de décisions, dont notamment des projets de décrets autorisant le transfert de fonds des réserves du budget à certains ministères sur base de la règle du douzième provisoire.
À la demande du ministre de l'Information, il a renouvelé l'autorisation donnée à NileSat de reprendre ses fonctions à travers la station de Jouret el-Ballout. M. Jreige doit entrer en contact avec la direction de la compagnie ainsi qu'avec son homologue égyptien pour leur demander de reprendre normalement la retransmission des programmes des chaînes locales.
Le gouvernement a par ailleurs décidé d'accepter l'accréditation d'ambassadeurs nommés au Liban.

 

 

 

 

Présidé par Tammam Salam, le Conseil des ministres a chargé hier le ministère des Travaux publics de lancer un appel d'offres sur base duquel il pourra confier à des sociétés privées les travaux d'installation du matériel et de l'infrastructure devant permettre une meilleure sécurité à l'aéroport international de Beyrouth.L'appel d'offres devra se faire à travers la direction des adjudications relevant de l'Inspection centrale, sur base du cahier des charges établi par la commission formée en 2014 par le gouvernement pour déterminer les mesures à prendre afin de relever le niveau de sécurité à l'aéroport. Sous prétexte de l'urgence – des compagnies aériennes occidentales ayant menacé de boycotter le Liban, selon le chef du gouvernement et le ministre de la Santé, Waël Bou Faour – les délais ont été...
commentaires (2)

IL Y AURAIT QUAND MEME UN MINCE GLISSEMENT... DE LA GROTTE DE ALI BABA A CELLE DE SES SECONDS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

13 h 46, le 13 avril 2016

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Commentaires (2)

  • IL Y AURAIT QUAND MEME UN MINCE GLISSEMENT... DE LA GROTTE DE ALI BABA A CELLE DE SES SECONDS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 46, le 13 avril 2016

  • ridicule....l'appel d'offre ne les a jamais arrete de se servir dans la caisse

    George Khoury

    11 h 03, le 13 avril 2016

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