Les troupes loyalistes sécurisent le périmètre après l’attentat-suicide attribué à des jihadistes d’el-Qaëda au sud d’Aden. AFP/Saleh al-Obeidi
Un attentat-suicide a fait 5 morts et sept blessés, hier, parmi les nouvelles recrues de l'armée loyaliste, à Aden dans le sud du Yémen. L'attaque n'a pas été immédiatement revendiquée mais une source de sécurité a accusé el-Qaëda. « Un kamikaze s'est fait exploser au milieu d'un groupe de jeunes soldats qui se rendaient à leur base à Aden, tuant cinq recrues et en blessant d'autres », a déclaré cette source à l'AFP. « Le kamikaze, qui appartient à el-Qaëda, a avancé à pied vers les recrues avant d'activer sa ceinture d'explosifs », a-t-elle précisé.
Par ailleurs, les combats entre forces loyalistes et rebelles zaydites se poursuivent dans certaines régions du Yémen en dépit d'un cessez-le-feu qui, selon l'Onu, semble globalement tenir, ont indiqué hier des sources militaires. Les forces du président Abed Rabbo Mansour Hadi ont été engagées dans des affrontements nocturnes avec les rebelles chiites houthis à Sarwah dans la province de Ma'rib, à l'est de la capitale Sanaa, ainsi qu'à Nahm, plus au nord-est, et à Baihan, dans la province de Chabwa (Sud), selon des sources militaires. Au total, sept soldats pro-Hadi ont été tués lundi à Sarwah où les rebelles ont progressé et réussi à reprendre deux positions aux forces progouvernementales. Les deux camps ont subi des pertes dans les affrontements à Nahm, ont précisé ces sources. À Baihan, un soldat a été tué et neuf blessés lorsque les rebelles et leurs alliés – des unités militaires restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh – ont bombardé une base des forces pro-Hadi, selon les même sources.
Violations du cessez-le-feu
Entré en vigueur dimanche à 21h00 GMT, le cessez-le-feu est globalement respecté, malgré des violations « commises par les rebelles chiites », a assuré lundi à l'AFP le général Mohammad Ali al-Makdashi, chef d'état-major des forces pro-Hadi. « La cessation des hostilités semble tenir globalement » au Yémen, a estimé pour sa part lundi le porte-parole de l'Onu Stéphane Dujarric, tout en relevant la persistance de « certaines poches de violence » dans le pays. Mais les rebelles ont accusé les forces loyalistes et la coalition militaire arabe conduite par l'Arabie saoudite, qui soutient M. Hadi, d'avoir commis « 39 violations de la trêve » lundi à Taëz (Sud-Ouest), Ma'rib et Chabwa notamment. De leur côté, des responsables pro-Hadi ont fait état de « 47 violations de la trêve » lundi dans la région de Taëz. Un porte-parole rebelle, Mohammad Abdessalam, a prévenu que « la poursuite des opérations militaires pourrait entraver le processus de paix et réduire les chances de tenir le dialogue » politique interyéménite, prévu à partir de lundi prochain au Koweït sous l'égide de l'Onu. Les membres des commissions, formées par les deux camps pour superviser le cessez-le-feu, se sont rencontrés pour faire le point de la situation sur le terrain et discuter des mesures à prendre, « en consultation avec l'Onu», pour l'acheminement de l'aide humanitaire dans les zones les plus affectées par la guerre.
(Source : AFP)


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