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Liban - Trafic D’Êtres Humains

Le Dr Riad Alam comparaît aujourd’hui devant le conseil de discipline de son ordre

Le Dr Riad Alam, le médecin suspendu par le ministre de la Santé pour son implication dans le réseau de prostitution et de trafic d'êtres humains, démantelé dans la région de Maameltein, comparaît aujourd'hui devant le conseil de discipline de son ordre.
Indépendamment du verdict qui pourrait être pris, le ministre du Travail, Sejaan Azzi, a décidé de le radier de la liste des médecins contrôleurs du ministère, dans le prolongement de sa suspension par le ministère de la Santé, de la mise sous scellés de sa clinique, à Dékouané, et de l'arrestation de l'anesthésiste et de l'infirmière qui l'assistaient.
Sur sa lancée, M. Azzi a également retiré les accréditations de plusieurs bureaux de placement de main-d'œuvre étrangère qui ne répondent pas aux conditions légales exigées d'eux.
Pour en revenir au Dr Alam, il comparaîtra aujourd'hui devant le conseil de discipline de son ordre et répondra des accusations lancées contre lui dans l'affaire de l'hôtel Chez Maurice, à Maameltein, où près de soixante-quinze femmes syriennes étaient séquestrées et contraintes à la prostitution dans des conditions particulièrement atroces.
On précise, de source médicale, que ce n'est pas la pratique de l'avortement, en tant que telle, qui est reprochée au Dr Alam. Si c'était le cas, beaucoup d'autres médecins seraient aussi coupables que lui, ajoute-t-on. Ce qui, par contre, est reproché au Dr Alam, c'est sa complicité active dans un réseau de prostitution dont il n'ignorait pas l'existence et dont il tirait bénéfice. On reproche au Dr Alam d'avoir pratiqué, ces dernières années, près de 200 avortements sur des femmes contraintes à la prostitution à l'hôtel Chez Maurice. De son propre aveu, on sait que certaines des femmes s'étaient rendues dans sa clinique à plusieurs reprises.

Polémique
Une polémique a éclaté entre le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, et le président de l'ordre des médecins, le Dr Antoine Boustany, ce dernier assurant que seul l'ordre a le droit de radier le Dr Alam de le liste des médecins agréés et de lui interdire d'exercer son métier sur le territoire libanais.
Revenant à la charge hier, et probablement pour exercer un maximum de pression sur la décision que l'ordre doit prendre aujourd'hui, le ministre a reproché au Dr Boustany de vouloir « défendre » le médecin avorteur.
Balayant les dispositions claires de la loi à ce sujet, M. Bou Faour a simplement dit : « Cet homme n'est pas un médecin, c'est un criminel. L'ordre des médecins prend sa défense alors que sa place n'est pas dans une clinique, mais en prison. Sa place est de pourrir en prison. Que le président de l'ordre songe seulement aux souffrances endurées par ces filles ! »
« Ce médecin est passé aux aveux et il a ensuite fermé son téléphone portable pour ne plus recevoir d'appels de son ordre, a poursuivi M. Bou Faour. Il n'a pas reçu trois ou quatre cas de femmes qui voulaient avorter. Il a reçu certaines de ces pauvres filles à plusieurs reprises. Peut-on encore l'appeler docteur ? C'est un monstre, et je souhaite que personne ne le défende et ne se fasse complice de sa monstruosité. »
Pour finir, le ministre a affirmé être au courant de tentatives de certaines personnalités de modifier la déposition du médecin et de le protéger. « Pour ma part, a-t-il observé, je considère que cet homme n'a pas seulement terni la réputation de son ordre, mais aussi celle du Liban. »
Et d'avouer qu'il a court-circuité la décision de l'ordre préventivement, sachant que le médecin allait se rétracter et qu'il « ne le regrette pas ».

Les complicités
Sur un autre plan, Waël Bou Faour a soulevé le cas des complicités dont les patrons du réseau de prostitution ont bénéficié dans les milieux de la police.
« Il est inadmissible de se contenter de dire que la police a fait preuve d'incompétence ou qu'elle ignorait l'existence d'un trafic d'êtres humains qui se poursuivait depuis sept ans, a affirmé le ministre. Il faut ouvrir une enquête pour déterminer les responsabilités dans cette affaire. Certes, le ministre de l'Intérieur a bien fait de passer à l'action, mais il aurait dû le faire non pas en réaction aux propos de Walid Joumblatt, mais de son propre chef et par sens des responsabilités. Il faut que l'opinion sache pourquoi ce réseau a pu exister aussi longtemps. Est-ce parce que la police n'en soupçonnait pas l'existence ou est-ce parce qu'elle fermait les yeux sur ce trafic ? » a conclu M. Bou Faour.

Le Dr Riad Alam, le médecin suspendu par le ministre de la Santé pour son implication dans le réseau de prostitution et de trafic d'êtres humains, démantelé dans la région de Maameltein, comparaît aujourd'hui devant le conseil de discipline de son ordre.Indépendamment du verdict qui pourrait être pris, le ministre du Travail, Sejaan Azzi, a décidé de le radier de la liste des médecins contrôleurs du ministère, dans le prolongement de sa suspension par le ministère de la Santé, de la mise sous scellés de sa clinique, à Dékouané, et de l'arrestation de l'anesthésiste et de l'infirmière qui l'assistaient.Sur sa lancée, M. Azzi a également retiré les accréditations de plusieurs bureaux de placement de main-d'œuvre étrangère qui ne répondent pas aux conditions légales exigées d'eux.Pour en revenir au Dr Alam,...
commentaires (2)

Lééék, boû féöûûûr ! Quid de ces mêmes pratiques touuut le lonnng de la côôôte du Choûûûf, âïynéééh !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

06 h 47, le 07 avril 2016

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Commentaires (2)

  • Lééék, boû féöûûûr ! Quid de ces mêmes pratiques touuut le lonnng de la côôôte du Choûûûf, âïynéééh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 47, le 07 avril 2016

  • "On précise, de source médicale, que ce n'est pas la pratique de l'avortement, en tant que telle, qui est reprochée au Dr Alam. Ce qui, par contre, lui est reproché est d'avoir pratiqué près de 200 avortements sur des femmes contraintes à la prostitution à l'hôtel Chez Maurice." ! C'est dire tout et son contraire ! Qu'aurait-il dû faire ? Les laisser accoucher pour devenir "mères" d'enfants nés de la prostitution ? Ou bien lui reproche-t-on d'avoir, surtout, pratiqué ces avortements non-bénévolement ? Mais, à propos, y aurait-il eu un autre médecin qui les aurait pratiqué.... "bénévolement" ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 37, le 07 avril 2016

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