Dans les collines sauvages de Ngong, au Kenya, les athlètes-réfugiés venant de la République démocratique du Congo, de la Somalie et du Soudan du Sud s’entraînent dur pour obtenir leur ticket pour les JO de Rio. Simon Maina/AFP
Là-haut, dans les collines sauvages de Ngong, près de Nairobi, s'entraînent des athlètes pas comme les autres : ayant fui les milices armées et la guerre dans leur pays, des réfugiés courent désormais après le rêve olympique.
Sélectionnés dans les camps de réfugiés du Kenya, ces athlètes espèrent se qualifier pour les JO de Rio au sein d'une équipe unique en son genre, placée sous la bannière des cinq anneaux entremêlés. « Ce sera un très grand moment pour moi et l'ensemble des réfugiés, qui seront si fiers de voir l'un d'entre eux participer aux Jeux olympiques », explique Nzanzumu Gaston Kiza (22 ans), qui a fui la République démocratique du Congo (RDC).
Alors que le nombre de personnes contraintes de fuir leur foyer et leur pays atteint des records dans le monde, le Comité international olympique (CIO) a décidé début mars de mettre sur pied et de financer une « équipe des athlètes olympiques réfugiés » venus du monde entier. Derrière la bannière et l'hymne olympiques, l'équipe devrait défiler juste avant celle du Brésil lors de la cérémonie d'ouverture des Olympiades de Rio (du 5 au 21 août).
Dans les collines de Ngong, les athlètes venant de RDC, mais aussi de la Somalie et du Soudan du Sud, s'entraînent dur pour faire partie de l'équipe, sous un soleil équatorial brûlant, à quelque 2 400 mètres d'altitude. Angelina Ndai, Sud-Soudanaise de 22 ans, se voit déjà fouler le tartan du stade olympique de Rio, pour l'épreuve du 1 500 mètres : « Je me sentirai si fière d'être là-bas et d'être reconnue comme Sud-Soudanaise. »
Le talent de « Mo »
Mais la transition entre le camp de réfugiés et la piste d'athlétisme ne s'est pas faite sans difficultés et, si la motivation n'a jamais fait défaut, plusieurs athlètes ont dû renoncer à leur rêve et retourner vivre dans leur camp, victimes de blessures musculaires en raison d'entraînements intensifs. Car l'amateurisme n'a pas sa place dans leur préparation, confiée à John Anzrah, l'ancien entraîneur de l'équipe olympique kényane, dont le degré d'exigence demeure élevé. « Lorsque les athlètes sont venus ici, ils n'avaient aucune condition physique. Zéro, explique-t-il sans détour. Il faut se souvenir que ces gens vivaient dans des camps et nous avons bien dû commencer quelque part. »
Toutefois, l'entraîneur se veut optimiste : « Il y a du talent » dans le groupe. Notamment un coureur somalien, Mohammad Daud Abubakar. Ses coéquipiers lui trouvent une ressemblance avec le champion britannique d'origine somalienne Mo Farah et ont donc décidé de le surnommer ainsi. « Je veux être l'un des meilleurs coureurs du monde et donc Rio représente beaucoup », explique Mohammad. « Vous savez, Mo est somalien et je suis somalien, et je serai très heureux de devenir comme lui dans les années à venir, si possible dès Rio », avance le jeune homme.
Les places seront chères au sein de l'équipe, qui ne comptera que 5 à 10 athlètes. C'est en juin que seront désignés les membres qui auront le droit de se rendre à Rio.
(Source : AFP)


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