Habiba Ghribi, la championne tunisienne du 3 000 m steeple, compte bien prendre sa revanche sur le destin à Rio. Fethi Belaïd/AFP
Récupérer l'or olympique, des années après, suscite-t-il plus de joie ou de frustration ? Encore hésitante, la championne tunisienne du 3 000 m steeple, Habiba Ghribi, affiche en revanche une certitude : à Rio, « ce titre, je veux le gagner sur le terrain ! »
La semaine dernière, c'est en pleine préparation pour les JO 2016 que la jeune trentenaire a appris la bonne nouvelle. Saisi par la Fédération internationale (IAAF), le Tribunal arbitral du sport (TAS) a validé les sanctions contre six athlètes russes pour des anomalies dans leur passeport biologique. Parmi elles, Yuliya Zaripova, déchue de son titre mondial de 2011 et de celui des JO de 2012, sur 3 000 m steeple. Dauphine malheureuse de la Russe à chaque fois, Habiba Ghribi s'est aussitôt dit « émue » et « fière » à l'idée de récupérer ces médailles d'or.
Rencontrée à Tunis quelques jours plus tard, à l'issue d'un entraînement matinal, elle affiche, à froid, des sentiments plus mitigés. Bien sûr, ces deux titres trouveront finalement leur place « dans l'histoire de la Tunisie et de l'athlétisme », se réjouit-elle. Mais « quand on apprend qu'on s'est fait voler la joie au moment de la victoire, ça fait mal. J'aurais voulu qu'on entende l'hymne tunisien à Londres (en 2012) et Daegu (en 2011) », fait valoir la jeune femme. Pour l'athlète, « tout ça a pris beaucoup d'années ». « Je me suis quand même posé la question de savoir pourquoi ça prenait tant de temps », soupire-t-elle. Alors, pour retrouver un peu du « goût » de ces titres, elle aimerait « qu'on refasse le podium avant (l'épreuve du) 3 000 m steeple à Rio ».
Rapidement, Habiba Ghribi regarde néanmoins devant elle, avec la force de caractère entrevue dès ses courses d'adolescente à Sfax, dans le Sud tunisien. « Au final, tout ça tombe l'année des JO et c'est une responsabilité et une énergie en plus : j'ai envie de gagner ce titre sur le terrain. C'est le moment ou jamais », clame celle qui s'est aussi inclinée aux Mondiaux l'an dernier face à la Kényane Hyvin Kiyeng. Revancharde après cette nouvelle 2e place, la Tunisienne avait signé dans la foulée la meilleure performance mondiale de l'année à Bruxelles (9' 05'' 36). « Dans la mesure où je suis la plus rapide, il n'y a pas de raison que je ne gagne pas aux JO », argue Ghribi, désignée « meilleure sportive arabe de 2015 » par les journalistes sportifs arabes.
Pour mettre toutes les chances de son côté d'ici à août, elle s'apprête à poursuivre sa préparation en altitude, en Afrique du Sud puis à Font-Romeu, dans les Pyrénées catalanes.
(Source : AFP)


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