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Culture - Disparition

« Il y avait une fois... » Alain Decaux

À partir des années 1950, ce formidable narrateur, auteur d'une soixantaine d'ouvrages, a incarné l'histoire à la radio et à la télévision, où il a créé plusieurs émissions célèbres.

L’historien chez lui à Paris, en 2006. Bertrand Guay/AFP

Conteur à la prodigieuse mémoire, aussi bon à l'oral qu'à l'écrit, Alain Decaux, décédé dimanche à 90 ans, a mis l'histoire à la portée de tous, restituant à la radio et à la télévision le passé comme s'il en était le témoin direct.
Académicien, ministre de la Francophonie de Michel Rocard (1988-1991), cet homme soigné, au regard bienveillant et à l'urbanité désuète, à la voix rieuse et tendre, était couvert d'honneurs. « Vous faites partie du paysage français », lui avait dit François Mitterrand en 1991, en lui remettant les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.
Pourtant, après une soixantaine d'ouvrages, des milliers d'émissions de radio et de télévision, des scénarios de films et des pièces de théâtre, cet historien non universitaire a su longtemps garder l'enthousiasme de l'adolescent émerveillé, découvrant, alors malade, les aventures du comte de Monte-Cristo. « Je ne saurai jamais si Monte-Cristo m'a sauvé la vie, mais je lui dois ma passion pour l'histoire », disait-il, après s'être battu, avec succès, pour l'admission de la dépouille mortelle d'Alexandre Dumas au Panthéon.
François Mauriac avait, en son temps, salué « un conteur comme il n'y en a plus. Il sait de quoi il parle, il est informé de tout ce qui concerne son sujet, mais il garde le ton de l'enfance : "Il y avait une fois..." ».
Ce fils d'avocat est né le 23 juillet 1925, à Lille. Adolescent, il écrit des pièces de théâtre. Il fait du droit, mais se passionne pour l'histoire qu'il étudie à la Sorbonne « sans le moindre souci d'obtenir un diplôme », a-t-il dit.
Précoce, il est couronné en 1950 par l'Académie française dès son second livre, Letizia, la mère de Napoléon Bonaparte. Biographe de Dumas ou Hugo, il écrit des livres aux titres simples, mais efficaces : Les grands mystères du passé, Grands secrets, grandes énigmes, ou Grandes aventures de l'histoire.
Il a signé aussi des sommes comme C'était le XXe siècle, en quatre volumes, une Histoire des Françaises en deux tomes. Sa recherche de la spiritualité l'amène à écrire pour les enfants des ouvrages comme La Bible racontée aux enfants.
Avec l'homme de théâtre Robert Hossein, il a monté des fresques autour de figures comme Danton, Robespierre, Marie-Antoinette, Bonaparte ou de Gaulle.
Il a été élu à l'Académie française en 1979.

(Source : AFP)

Conteur à la prodigieuse mémoire, aussi bon à l'oral qu'à l'écrit, Alain Decaux, décédé dimanche à 90 ans, a mis l'histoire à la portée de tous, restituant à la radio et à la télévision le passé comme s'il en était le témoin direct.Académicien, ministre de la Francophonie de Michel Rocard (1988-1991), cet homme soigné, au regard bienveillant et à l'urbanité désuète, à la voix rieuse et tendre, était couvert d'honneurs. « Vous faites partie du paysage français », lui avait dit François Mitterrand en 1991, en lui remettant les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.Pourtant, après une soixantaine d'ouvrages, des milliers d'émissions de radio et de télévision, des scénarios de films et des pièces de théâtre, cet historien non universitaire a su longtemps garder l'enthousiasme de l'adolescent...
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