Un commissariat parisien a été visé par des manifestants, et plusieurs vitres ont été brisées par des pierres, alors que les policiers étaient retranchés à l’intérieur. Guillaume Bonnet/AFP
Deux commissariats parisiens ont été hier la cible de jets de pierres et de dégradations par des groupes de lycéens qui dénonçaient le traitement subi la veille par un camarade, frappé par un policier. Une vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, montre en effet un policier assénant un violent coup de poing à un lycéen, maîtrisé par un autre fonctionnaire, en marge de manifestations contre une réforme gouvernementale du code du travail, qui ont rassemblé jeudi plusieurs dizaines de milliers de jeunes et de salariés. Ces images ont donc suscité la colère des lycéens et l'embarras des autorités.
Dans l'un des commissariats, situé dans le centre de la capitale, plusieurs vitres ont été brisées par des pierres, alors que les policiers étaient retranchés à l'intérieur, et un tag « Mort aux flics » a été apposé sur la façade, a rapporté un journaliste de l'AFP. Le commissariat a fermé après ces incidents, a-t-on appris de source policière. Les manifestants étaient partis du lycée Bergson, dans le nord-est de Paris, où une centaine de lycéens s'étaient auparavant réunis dans le calme, se disant « choqués » par la violence du policier, alors que les jeunes tentaient de bloquer leur établissement pour contester la « loi du travail ».
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a condamné ces « violences » de « quelques casseurs opportunistes ». « Les policiers qui protègent au quotidien notre sécurité ne sauraient pas davantage être réduits au geste inacceptable commis par l'un d'entre eux hier », a-t-il ajouté, promettant que les conséquences seraient tirées « sans faiblesse ». « Je ne tolérerai jamais aucun écart », a-t-il affirmé. Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, s'est pour sa part dit hier « choqué » par la vidéo diffusée. « S'il y a eu une faute, elle sera sanctionnée. »
Le préfet a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, et la justice a ouvert une enquête judiciaire pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique. Le fonctionnaire de police devait être auditionné hier après-midi.
(Source : AFP)

