Des soldats syriens lors d’opérations aux abords de Palmyre, hier. Photo AFP
Le groupe État islamique (EI) a subi hier un double revers en Syrie avec la perte de la moitié de la ville de Palmyre et de son aéroport, prise il y a dix mois par le groupe.
Selon une source militaire, « les forces progouvernementales, qui bénéficient du soutien de l'aviation russe, se sont emparées de la moitié de Palmyre ainsi que de l'aéroport », qui se trouve à l'est de la cité, et ont également coupé la route reliant Palmyre à Deir ez-Zor, un fief de l'EI dans l'Est syrien. Une autre source militaire, citée par la télévision syrienne, a par ailleurs indiqué que l'armée, « en coordination avec les (miliciens) des Forces de défense nationale », avait pris le contrôle de l'ancienne citadelle de Palmyre. Selon une source militaire, des combats de rue ont également lieu dans deux quartiers du nord-ouest de Palmyre.
Les forces prorégime « se trouvent à 600 mètres (...) du cœur des ruines mais avancent lentement à cause des mines », a aussi affirmé le directeur des musées et antiquités de Syrie. « Palmyre sera bientôt entièrement libérée », a ajouté Maamoun Abdelkarim, qui a assuré que l'armée avait « libéré le quartier des hôtels et restaurants ainsi que la vallée des tombeaux », célèbre pour ses tours funéraires, dans le sud-ouest de la ville. M. Abdelkarim dit avoir demandé aux autorités syriennes « de préserver la cité (antique) des destructions » où l'EI a déjà réduit en poussière plusieurs trésors archéologiques comme l'arc de triomphe et les temples de Bêl et de Baalshamin, des symboles de l'essor de cette cité de plus de 2 000 ans.
D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 24 jihadistes ont perdu la vie hier dans des frappes aériennes et les affrontements alors que 18 membres des forces prorégime ont été tués par des mines et dans les combats. Le ministère russe de la Défense a par ailleurs indiqué hier avoir procédé à 146 frappes aériennes dans la région de Palmyre entre mardi et jeudi.
En outre, à Washington, le secrétaire américain à la Défense a déclaré que « l'élimination » en Syrie par les États-Unis d'Abdel Rahmane al-Qadouli, présenté par Washington comme le numéro 2 du groupe, allait donner « un coup de frein aux capacités de l'EI à conduire des opérations en Irak, en Syrie et à l'étranger ». Ce dernier « était l'un des principaux responsables de l'EI, agissant comme son ministre des Finances et responsable de plusieurs complots extérieurs », a ajouté Ashton Carter, confirmant l'information de sa mort donnée par la chaîne de télévision NBC.
Avancées au sud de Mossoul
L'organisation jihadiste est également sous pression en Irak, où a été lancée une offensive militaire pour la reprise de la province de Ninive et sa capitale Mossoul, fief de l'EI. Les forces irakiennes ont ainsi pu sécuriser hier quatre villages au sud de Mossoul qu'elles avaient repris la veille aux jihadistes.
Dans ce contexte, au moins 30 personnes ont été tuées hier dans un attentat-suicide revendiqué par l'EI, après un match de football dans un village au sud de Bagdad. « Ils étaient en train de décerner le trophée aux vainqueurs quand le kamikaze s'est fait exploser dans la foule », a indiqué un capitaine de police du village d'al-Asriya, qui se situe près de la localité d'Iskandariyah, à environ 40 km au sud de la capitale irakienne. Selon la police, plus de 65 personnes ont été blessées dans l'explosion. L'attentat a rapidement été revendiqué dans un communiqué par l'EI, qui a identifié le kamikaze comme Saifullah al-Ansari et a affirmé que l'explosion avait fait plus de 60 morts et plus de 100 blessés.
(Source : AFP)

