Derrière une barricade de feu, un manifestant cagoulé fait mine de viser les policiers avec un fusil. Loïc Venance/AFP
Des manifestations étudiantes contre une réforme du droit du travail ont dégénéré hier en France avec des violences qui se sont soldées par plus d'une trentaine d'arrestations, contrariant l'espoir d'un apaisement social pour le dernier grand chantier du président François Hollande.
À Paris et Nantes, les forces de l'ordre ont répliqué à des jets de projectiles en faisant usage de gaz lacrymogène pour disperser des jeunes, dont certains étaient cagoulés. Les manifestations ont réuni quelque 43 000 personnes dans toute la France, dont environ 5 000 à Paris, selon les autorités qui ont fait état d'au moins trois policiers blessés. Deux voitures ont été incendiées dans la capitale, tandis qu'à Nantes, du mobilier urbain était incendié ou dégradé. Des incidents se sont également produits à Rouen. Des dizaines de lycées dans tout le pays et l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences-Po) ont été bloqués. « Loi travail, loi du capital », « Luttes sociales, grève générale », scandaient notamment les manifestants. À Marseille, des lycéens avaient écrit sur une banderole : « Un grand bond en avant vers le XIXe siècle. »
Depuis début mars, des centaines de milliers de personnes se sont déjà mobilisées lors de journées d'action contre ce texte censé aider à endiguer un chômage record (3,5 millions de personnes, plus de 10 %), avalisé hier par le Conseil des ministres. À un an de la présidentielle, la crainte d'un mouvement de fronde massif a incité l'exécutif socialiste à reculer sur les points les plus controversés du projet, d'inspiration libérale. Mais sept syndicats et des organisations de jeunes ne se satisfont pas des amendements apportés et continuent de réclamer son abandon pur et simple. À l'opposé, le patronat juge que la version remaniée du texte n'est « pas acceptable en l'état », depuis qu'il a été expurgé de mesures favorables aux entreprises.
Contre-réforme
Après deux tournants contestés, libéral puis sécuritaire, M. Hollande est de nouveau confronté à l'hostilité d'une partie de son camp et risque de voir son assise à gauche se réduire encore à l'approche de la présidentielle. Très impopulaire, il a conditionné sa possible candidature à un second mandat à un recul du chômage, qui a atteint un nouveau record en février.
Le texte de la « loi travail » met en place le référendum en entreprise, fait évoluer les règles de la représentativité patronale et du licenciement économique. L'exécutif socialiste, très attentif aux mouvements de jeunes, qui dans le passé ont pu s'installer dans la durée ou déraper dans la violence, a reculé sur les mesures cristallisant la colère : il n'est ainsi plus question de plafonner les indemnités pour les licenciements abusifs, au grand dam du patronat.
Les frondeurs de l'aile gauche du Parti socialiste, qui promettent « une bataille parlementaire extrêmement ferme », viennent de leur côté de présenter une contre-réforme, le projet actuel étant rejeté par 58 % des Français selon un récent sondage.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine