L'ancien président Michel Sleiman a tenu hier une conférence de presse pour adresser un message au secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, attendu aujourd'hui à Beyrouth, pour une visite officielle de 48 heures.
Le texte se justifie principalement par les pourparlers internationaux en cours autour de la Syrie et les craintes nourries par le Liban dans ce cadre, étant donné l'incidence que tout règlement en Syrie peut avoir sur lui.
M. Sleiman a ainsi fait part de cinq appréhensions principales, après avoir succinctement dressé un état des lieux de la situation au Liban, et notamment son combat contre le terrorisme depuis les incidents de Denniyé en l'an 2000, en passant par la guerre de Nahr el-Bared en 2007. Il a mis l'accent sur la paralysie des institutions libanaises, du fait du blocage au niveau de la présidentielle, avant d'énumérer tous les problèmes qui se posent depuis des mois dans le pays, et qui restent sans règlement du fait de l'absence d'un président.
Il s'est arrêté sur les attentats terroristes de Bruxelles et tous ceux qui les avaient précédés dans plusieurs capitales, dont Beyrouth, avant de juger « indispensable d'en finir avec Daech et les mini-États qui ont émergé ici et là dans la région et de régler le problème de l'exode populaire massif qui a accompagné ce phénomène ». M. Sleiman en a également profité pour souligner l'importance d'une redynamisation de l'Unrwa pour que cette agence de l'Onu puisse continuer de fournir des services aux réfugiés palestiniens, faute de quoi, a-t-il averti, le terrorisme risque de monter dans les communautés lâchées par l'Unrwa, notamment au sein des camps palestiniens au Liban.
Michel Sleiman a insisté sur la nécessité de « mesures cruciales pour le Liban afin de l'aider à faire face aux menaces qui pèsent sur lui et d'empêcher l'effondrement du pays riche grâce à sa diversité, ses principes fondés sur le respect de la liberté religieuse, la tolérance et la coexistence ». Il en a appelé à la communauté internationale pour qu'elle « garantisse la neutralité du pays, face au conflit des axes, conformément à la déclaration de Baabda ».
Cette introduction a permis à l'ancien président d'expliquer par la suite les motifs des cinq appréhensions nourries par rapport à l'impact sur le Liban d'un éventuel règlement en Syrie. La principale se rapporte à la division de ce pays et la création de cantons « politiques, ethniques ou religieux », une option à laquelle on sait que le Hezbollah serait favorable dans la mesure où elle prévoit, si jamais elle est retenue, la création d'un canton alaouite tout le long de la frontière libanaise. « La création de cantons séparés à la place d'un État central unifié fondé sur la modération, le respect des droits de l'homme, des libertés publiques, la reconnaissance de l'autre et le partenariat dans la gestion des affaires publiques représente une menace pour le pluralisme au Liban », a averti M. Sleiman avant de poursuivre : « Si nous craignons l'émergence d'un canton monochrome tout le long de la frontière nord-est, c'est-à-dire de Lattaquié jusqu'au mont Hermon au Sud, suivant le bruit qui court actuellement à ce sujet, c'est parce que nous sommes soucieux de l'unité de la Syrie, qui ne peut qu'impacter le Liban en le maintenant à l'abri de dangers menaçant son pluralisme, encerclant son espace vital, entravant son ouverture sur son environnement et le transformant en enclave entre deux entités », en allusion à Israël.
La deuxième appréhension est relative à la délimitation des frontières libano-syriennes terrestres et maritimes, que l'ancien président juge indispensable. Le troisième point se rapporte au déploiement d'observateurs internationaux tout le long de la frontière nord et est, « du moins au début de la mise en œuvre du règlement prévu pour la Syrie, afin d'éviter le flux de combattants terroristes en direction du Liban ». Le quatrième point concerne le retour de tous les réfugiés syriens chez eux. M. Sleiman le juge prioritaire et insiste sur l'établissement d'un calendrier-programme pour le retour « qui ne doit pas être volontaire ».
Liban
Sleiman met en garde contre la création d’un canton alaouite le long de la frontière libanaise
L'ancien président en a appelé à l'Onu pour protéger le Liban contre toute incidence sur le Liban d'un règlement en Syrie.
OLJ / le 24 mars 2016 à 00h00


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