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Agenda - Hommage

Edgar de Picciotto, beaucoup plus qu’un grand banquier, un formidable bâtisseur de passerelles

J'ai eu la chance de fréquenter régulièrement le banquier suisso-libanais Edgar de Picciotto qui vient de nous quitter. À chacune de nos rencontres, j'étais impressionné par ses connaissances du monde bancaire, mais surtout par sa capacité d'analyse de l'état du monde sous l'angle de la finance et par son optimisme et sa foi en l'avenir. En septembre dernier, à l'occasion d'une conférence qu'il a donnée devant les membres du Swiss Business Council Lebanon (SBCL), son message, celui d'un homme de plus de 85 ans, était simple et fort : croyez dans l'innovation, la technologie et la société de la connaissance, c'est l'avenir !
Descendant d'une illustre famille levantine d'origine espagnole qui, pendant de nombreuses années, a occupé entre autres la charge de consul d'Autriche à Alep, Edgar de Picciotto est né à Beyrouth, où il a grandi, et a fait sa carrière de banquier en Suisse. En 1969, il fonde la Compagnie de banque d'investissement (CBI) qui deviendra, après sa fusion avec la Trade Development Bank, l'Union bancaire privée (UBP), l'une des premières banques privées de Suisse. Fin stratège et connu pour sa gestion magistrale des crises, il était devenu le doyen des banquiers genevois. L'un d'eux a résumé sa carrière genevoise de manière succincte et éloquente : « En moins de 50 ans Edgar a réussi là où les banquiers de la ville ont mis 200 ans ou même plus. »
Beaucoup plus qu'un grand banquier, pour moi, Edgar de Picciotto représente le type même du bâtisseur de ponts dans un monde où l'on construit de plus en plus de murs. Fier et porteur à la fois de son identité juive, de ses racines libanaises et de sa nationalité suisse, il incarne l'humaniste ouvert sur le monde et les autres dans la plus noble tradition levantine, brasseuse de cultures et de religions. Partageant son temps entre Genève et Beyrouth, il a largement contribué par sa générosité au développement des institutions académiques et culturelles des deux villes.
Le départ d'Edgar de Picciotto est une grande perte pour la Suisse et pour le Liban. En ma qualité de représentant de la Suisse à Beyrouth, je présente toutes mes condoléances à son épouse Danièle et à sa famille. Jamais je n'oublierai nos discussions et l'héritage qu'il nous laisse d'une vie non seulement réussie sur le plan professionnel, mais surtout sur le plan personnel, par son ouverture et son humanisme. Son exemple est une importante source d'inspiration et d'espoir pour tous ceux qui s'engagent pour un monde, et en particulier, un Moyen-Orient pluraliste.

François BARRAS
Ambassadeur de Suisse

J'ai eu la chance de fréquenter régulièrement le banquier suisso-libanais Edgar de Picciotto qui vient de nous quitter. À chacune de nos rencontres, j'étais impressionné par ses connaissances du monde bancaire, mais surtout par sa capacité d'analyse de l'état du monde sous l'angle de la finance et par son optimisme et sa foi en l'avenir. En septembre dernier, à l'occasion d'une conférence qu'il a donnée devant les membres du Swiss Business Council Lebanon (SBCL), son message, celui d'un homme de plus de 85 ans, était simple et fort : croyez dans l'innovation, la technologie et la société de la connaissance, c'est l'avenir !Descendant d'une illustre famille levantine d'origine espagnole qui, pendant de nombreuses années, a occupé entre autres la charge de consul d'Autriche à Alep, Edgar de Picciotto est né à Beyrouth,...