Des membres des forces spéciales belges, certains encagoulés, ont participé à la vaste opération de police belgo-française, hier dans Bruxelles. Dirk Waem/Belga/AFP
Un homme soupçonné d'être lié à la mouvance jihadiste a été tué hier à Bruxelles lors d'une opération de police menée dans le cadre de l'enquête belge sur les attentats de Paris, selon des médias belges citant le parquet fédéral.
Cette vaste opération belgo-française a été déclenchée après qu'une perquisition eut mal tourné dans la commune bruxelloise de Forest, débouchant en fin de journée sur un assaut contre la maison où un ou plusieurs suspects s'étaient retranchés. Un hélicoptère et des membres des forces spéciales belges, certains encagoulés, avaient été dépêchés sur place dans l'après-midi. Le quartier avait été complètement bouclé et les journalistes étaient tenus à l'écart. Le parquet fédéral belge a confirmé qu'une fusillade avait éclaté dans l'après-midi dans la commune bruxelloise de Forest, après une perquisition « dans le cadre du dossier de Paris ».
Il s'agissait, a expliqué la chaîne RTBF, d'une opération de vérification d'identités figurant dans le dossier du volet belge de l'enquête sur ces attentats, qui ont fait 130 morts le 13 novembre 2015. Un ou plusieurs occupants de la maison visée, dans la rue du Dries, ont alors accueilli les policiers par des coups de feu. Quatre policiers, trois Belges et une Française, ont été blessés en deux temps, a souligné Eric Van der Sypt, porte-parole du parquet fédéral. Au moins trois hommes occupaient l'appartement et un, peut-être deux, se sont retranchés à l'intérieur après l'intervention, selon les médias.
En début de soirée, un assaut a été donné et « un corps a été trouvé » dans la maison, a rapporté l'agence de presse Belga, citant M. Van der Sypt. « Le parquet fédéral confirme qu'un tireur a été abattu », a par ailleurs twitté la chaîne flamande VTM, tandis que plusieurs autres médias rapportaient la même information. L'identité du suspect décédé « n'est pas encore connue, mais en tout cas, il ne s'agit pas de Salah Abdeslam », a ajouté M. Van der Sypt, toujours cité par Belga. Ce suspect-clé lié aux attentats de Paris est toujours en fuite. Une source policière française avait expliqué plus tôt que l'opération ne le visait pas, mais concernait « l'entourage d'un ou plusieurs des 11 inculpés belges ».
Périmètre de sécurité élargi
D'après le cabinet du bourgmestre (maire) de Forest, Marc-Jean Ghyssels, le périmètre de sécurité a été rapidement « élargi » avant l'assaut, et les enfants de deux écoles et de deux crèches du quartier ont dû être mis à l'abri à l'intérieur des établissements. En fin de soirée, l'opération semblait toucher à sa fin, des riverains étant autorisés à regagner leur domicile sans que l'on sache précisément si des hommes étaient encore recherchés.
Depuis Abidjan où il était en visite, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé que des policiers français avaient participé à la perquisition au cours de laquelle ils « ont essuyé des coups de feu, des tirs d'armes lourdes visiblement », sans toutefois préciser le type d'armes auquel il faisait allusion.
Onze personnes ont été inculpées à ce jour en Belgique en lien avec les attentats de Paris. L'enquête a montré que ces attentats avaient été largement préparés et coordonnés depuis Bruxelles. Huit de ces onze inculpés sont toujours en détention provisoire. Le suspect-clé, Salah Abdeslam, et son ami Mohammad Abrini, originaire comme lui de la commune bruxelloise de Molenbeek, n'ont jamais été appréhendés. Ils ont tous deux disparu dans la nature dès le lendemain des attaques.
(Source : AFP)

