Le porte-parole de l'association Alef, Élie Abou Aoun, a indiqué hier, lors d'un exposé sur la situation des droits de l'homme au Liban, que le gouvernement a fait preuve de bonne volonté concernant le respect de certains aspects de la question, en dépit d'une absence totale d'une politique claire dans ce sens. « L'État manque de ressources et n'a pas le pouvoir de modifier les lois relatives aux droits de l'homme », a-t-il dit au cours d'une conférence de presse tenue par l'association, hier, à l'hôtel Le Gabriel. M. Abou Aoun a cependant salué les « mesures positives prises par certains partis politiques au sein du gouvernement pour protéger et promouvoir les droits de l'homme au Liban ».
« L'État n'est pas apte à s'assurer de la bonne application de ces droits et de soumettre régulièrement des rapports sur la situation aux organismes des Nations unies », a-t-il repris.
L'association a en outre constaté dans son communiqué qu' « en 2015, plusieurs mesures positives ont été prises par le gouvernement et les partis politiques parlementaires pour l'abrogation ou du moins la révision des prérogatives du tribunal militaire ».
« Malgré le fait que des dossiers importants ont été soulevés par les médias, à l'instar de la liberté d'expression, de la torture et de l'inégalité des sexes, il y a toujours en contrepartie une absence totale de volonté politique à faire respecter ces droits et les renforcer », ajoute le communiqué.
En ce qui concerne la crise des réfugiés syriens, le texte a noté qu'elle a été amplifiée par l'absence quasi totale du rôle de la communauté internationale à partager avec le Liban la charge de leur accueil.
L'association a par la suite critiqué à travers son porte-parole « les pratiques de répression adoptées par les forces de sécurité lors des différents mouvements de protestation contre la gestion gouvernementale de la crise des déchets ».
La paralysie de la vie législative via la suspension du travail du Parlement ainsi que la prorogation du mandat des députés aboutissant à la vacance présidentielle et leur impact sur le mécanisme de prise de décision au sein du gouvernement ont été de même abordés lors de la rencontre.
Alef a soulevé en conclusion le principe de la reddition des comptes en faisant valoir que « le principe de l'impunité est encore très répandu au Liban en raison de la faiblesse de l'État de droit », prenant pour exemple le mécanisme des nominations des juges et des procureurs.

