Le ministre Élias Bou Saab, lors de la cérémonie célébrant la fête de l’Enseignant, au palais de l’Unesco. Photo Ani
« Le gouvernement ferait mieux de démissionner s'il s'avère incapable de trouver une issue à la crise des déchets. » C'est ce qu'a affirmé hier le ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, qui laissait pourtant entendre que la solution était proche. Il a aussi accusé l'État de « ne pas être concerné par le secteur de l'éducation ». Le ministre a tenu des propos en ce sens lors d'une cérémonie célébrant la fête de l'Enseignant, organisée par la Ligue des enseignants du secteur secondaire public, présidée par Abdo Khater. Une cérémonie qui s'est déroulée au palais de l'Unesco, en présence notamment du président du syndicat des enseignants, Nehmé Mahfouz, et du coordonnateur du regroupement des institutions scolaires privées, le père Boutros Azar.
Dans les détails, Élias Bou Saab s'est penché sur les problèmes de l'enseignement public, sur l'organisation des examens officiels, plus particulièrement. « En toute franchise, l'État n'est pas concerné par le secteur de l'éducation », a-t-il lancé. Il faisait part de sa volonté d'améliorer le niveau des examens et des diplômes obtenus, et de ses efforts pour limiter la triche. « Nous prenons au sérieux le dossier des examens et espérons une coopération au plus haut niveau », a-t-il précisé.
Et le ministre d'annoncer qu'il œuvre « à mettre en place un plan d'action ». « Il est en bonne voie, a-t-il assuré. Mais il ne pourra se réaliser qu'avec la collaboration des enseignants », a-t-il dit, insistant sur la nécessité de montrer du doigt les erreurs pour les rectifier.
Rendant hommage aux enseignants, « porteurs d'un message », il a appelé la classe politique à protéger le secteur de l'éducation et les enseignants des querelles politiques. Même chose pour les militaires et les forces de l'ordre. « Si nous laissons tomber ces deux secteurs, nous laissons tomber la nation », a-t-il dit. Élias Bou Saab s'est dit soucieux d'effectuer une auto-évaluation du secteur de l'éducation, pour toute la période passée. « Il est nécessaire de savoir où nous avons réussi et où nous avons échoué, mais aussi comment obtenir de meilleurs résultats », a-t-il martelé, affirmant que la surenchère ne mène à rien. « Nous devons être unis pour de meilleurs résultats », a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Éducation a par ailleurs évoqué le dossier de la grille des salaires. « Tant qu'il n'y a pas de président de la République, une loi dans ce sens n'est pas possible », a-t-il expliqué.
Il a enfin évoqué le dossier de la scolarisation des réfugiés syriens. « Nous avons réussi à faire de cette crise une chance », a-t-il fait remarquer. Et d'observer que les fonds assurés par la communauté internationale ont servi à régler les salaires des enseignants, à aménager les locaux, à restaurer les écoles et à développer les programmes scolaires. « Les réfugiés sont présents au Liban et notre devoir est de les scolariser aux frais de la communauté internationale », a-t-il affirmé, assurant que la moindre dépense est publiée, par souci de transparence.
La grogne des contractuels
Sur un autre plan, les enseignants contractuels de l'école publique ont organisé un sit-in devant le ministère de l'Éducation, à l'occasion de la fête de l'Enseignant. Ils entendaient « refuser l'injustice qui les touche et mettre des limites aux responsables de cette injustice ». Ils ont toutefois salué les efforts du ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, qui a « relevé leur salaire horaire, comptabilisé les heures de surveillance, ainsi que la journée de l'enseignant ». S'exprimant pour l'occasion, le président du comité central des contractuels, Hamzé Mansour, a dénoncé la situation des enseignants contractuels. « Nous sommes pauvres, victimes d'injustice, et n'avons pas encaissé nos salaires et notre dû. » Et de conclure : « Nous n'avons pas droit à la vie, aux soins de santé ou à l'hospitalisation, au congé maternité et aux indemnités de transport, parce que les partis politiques, les directeurs et le clientélisme se disputent nos droits. »


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