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Lifestyle - La Mode

L’hiver 2016 à la Semaine de la mode de Paris

Fidèle expression de notre époque, la mode reflète un univers de plus en plus désorienté. Loin du temps où nos grand-mères inauguraient chaque saison en s'essoufflant à rattraper la longueur de l'ourlet, les créateurs offrent une telle diversité de styles que la notion de tendance elle-même en est réduite à un concept creux. La Semaine parisienne du prêt-à-porter de l'automne-hiver prochain en témoigne.

Élie Saab. © Élie Saab

Les somptueuses gitanes d'Élie Saab
Élie Saab est connu pour son univers de princesses orientales. Mais pour l'automne-hiver prochain, le créateur libanais s'est inspiré de « l'attitude bohème », avec des silhouettes de gitanes. Sa Carmen du XXIe siècle porte une majestueuse robe noire à grosses fleurs rouges, sous un blouson en cuir de style perfecto, ou une robe carmin largement décolletée, à manches fluides et très longues. Les robes couvertes de dentelles et de volants se déclinent en noir ou violet. Très présentes également, la fourrure et les fines franges qui volent au gré des mouvements. Les pois sont un motif récurrent de la collection, sous forme d'imprimés, de dentelles ou de perles multicolores recouvrant une majestueuse et légère robe à cape marine, ou une blouse ceinturée.

Hermès, palette automnale et raffinement discret
Dans le manège des Célestins, siège de la Garde républicaine, défilent des femmes aux silhouettes allongées, sûres de leur élégance, sans ostentation. Des clous en métal parsèment de longues robes ou un blouson en veau nubuck. Des couleurs pastel, orange kumquat, vert absinthe, écru, se côtoient sur une robe en laine de cachemire et poil de chameau. Une robe beige sans manches, en cachemire double face et cuir d'agneau, s'accompagne de longs gants de la même couleur et de bottes en veau, couleur vert céladon.

Chez Dior,
l'après-Raf Simons
Sans directeur artistique officiel depuis le départ de Raf Simons en octobre, Dior a présenté une collection mêlant habilement classicisme et fantaisie, réalisée par Lucie Meier et Serge Ruffieux, le duo de stylistes à la tête du studio de création. Asymétries et mélanges de motifs apportent fantaisie et modernité à la silhouette. Le tailleur « Bar » à la taille marquée, emblématique de Christian Dior, est bien sûr décliné. Sur les manteaux, les cols s'ouvrent largement sur les épaules ou au contraire se ferment en nœud autour du cou. Les deux créateurs vont-ils être confirmés dans le rôle ?

Céline résolument fluide
Dans cette collection, présentée au Tennis club de Paris, la directrice artistique de Céline, Phoebe Philo, propose des pantalons très larges et très longs, des matières fluides. Les robes se portent avec des leggings et des sandales, les superpositions sont légion. Alternative au sac à main, la pochette qui s'accroche à la ceinture. La palette est douce, avec beaucoup de beige, de crème, mais aussi du noir, et quelques touches vives, de jaune ou de vert.

Chloé, vaporeuse
mais à moto
Chez Chloé, l'esprit bohème de la directrice artistique Clare Waight Keller est toujours présent. Beaucoup de robes à volants vaporeuses, de chemisiers transparents en mousseline. Mais cette légèreté est contrebalancée par de gros pulls zippés, des pantalons courts en cuir à coutures apparentes et fermetures Éclair, une combinaison de motarde, de grands ponchos indiens et capes enveloppantes ou des tuniques hippies aux manches démesurées, des bottines plates à bride. La créatrice britannique s'est inspirée de la journaliste et écrivaine Anne-France Dautheville (Et j'ai suivi le vent), qui a parcouru le monde à moto dans les années 1970.

Chez Saint Laurent, défilé à l'ancienne et esthétique 80's
Pas de bande-son rock, pas de show spectaculaire : le défilé Saint Laurent s'est tenu à l'ancienne, dans les nouveaux salons de couture de la maison. « Numéro un. Number one. » Les 42 modèles de cette « collection de Paris » sont égrenés par Bénédicte de Ginestous, qui le faisait au temps des défilés de haute couture d'Yves Saint Laurent entre 1977 et 2002. Dans le cadre majestueux de l'hôtel de Sénecterre, hôtel particulier du XVIIe siècle dans le quartier de Saint-Germain des Prés que Hedi Slimane a restauré, défilent des silhouettes très eighties, avec des épaulettes géantes, des minijupes, une profusion de nœuds et de volants géants. Les ceintures sont larges, les hauts asymétriques, les jupes, des tutus à bouillons. Les épaules démesurées d'un manteau de fourrure bleu Klein forment deux ailes d'oiseaux de nuit, œil charbonneux, bouche rouge et cheveux plaqués en arrière, collants noirs fins et escarpins de couleur vive. Le cuir et les paillettes, le lamé et les étoiles, l'esthétique rock du créateur Hedi Slimane est bien présente.

Chez Maison Margiela, un John Galliano militaire et baroque
Du côté de Maison Margiela, John Galliano a proposé d'excentriques silhouettes hybrides, mélangeant motifs et matières, mêlant inspirations militaires et baroques, comme avec de strictes vestes kaki agrémentées de volants vert métallisé. La ceinture s'impose : volumineuse, elle se tord en plusieurs nœuds autour de la taille. Ses boucles sont des cadres de photographies anciennes, qui se portent devant ou dans le dos. Autres indispensables de la garde-robe : les gants et les manchons en laine, parfois portés à une seule main.

Stella McCartney protectrice
Comment porter la doudoune avec style ? Stella McCartney, avec sa touche décontractée chic, la propose version velours en bronze, sans manches. Ou noire à motifs losanges, déclinée en blouson, manteau, et même en short. Le gonflé côtoie le plissé : la créatrice britannique joue avec les volumes, les rondeurs contre les angles. Mais aussi les contrastes de matières : le lamé des plis de jupes se dévoile avec le mouvement de la marche. Un imprimé de cygnes glisse sur la collection : sur une robe XXL ornée de volants froncés, sur un pantalon large ou un chemisier en soie. Les pièces féminines comme les fines robes à dentelles, plissés et transparences, côtoient un vestiaire plus sportswear, avec une veste en jean géante, tie and dye.

Sonia Rykiel, les femmes de la famille
Élément récurrent de cette collection : un imprimé créé par l'artiste Maggie Cardelus représentant les visages de la fondatrice de la maison Sonia, sa fille Nathalie, sa petite-fille Lola, en plus du sien et de celui de la directrice artistique, Julie de Libran. Autre constante, la fourrure : sur les cols de manteau, les manches d'un blouson, en pompons sur des mules, sur une volumineuse chapka. Les rayures emblématiques de la maison sont déclinées sur un pantalon large, un collant, un pull à col roulé. Les gros sequins font briller la silhouette, qui s'enhardit avec des robes transparentes ou à filets.

Balenciaga entre
street wear et années 80
« Comment transposer l'héritage de Balenciaga dans un contexte actuel ? » C'est la question à laquelle s'est attelé Demna Gvasalia, le nouveau directeur artistique de la légendaire griffe, pour réaliser sa collection qui mêle esprit couture et street wear. Tailleurs et manteaux en tweed, avec leurs hanches marquées et carrées, revisitent les proportions des classiques de Balenciaga. Emblématiques des années 1980, les fuseaux reviennent, portés avec des escarpins pointus ou des chaussures à plateforme, tandis que les robes du soir s'accompagnent de bottes en vinyle. Côté accessoires, les lunettes de soleil sont attachées à des chaînes gigantesques, qui pendent comme un collier. Sous le bras, de grands sacs carrés multicolores évoquent ceux des supermarchés.

(Sources : L'OLJ et agences)

Les somptueuses gitanes d'Élie SaabÉlie Saab est connu pour son univers de princesses orientales. Mais pour l'automne-hiver prochain, le créateur libanais s'est inspiré de « l'attitude bohème », avec des silhouettes de gitanes. Sa Carmen du XXIe siècle porte une majestueuse robe noire à grosses fleurs rouges, sous un blouson en cuir de style perfecto, ou une robe carmin largement décolletée, à manches fluides et très longues. Les robes couvertes de dentelles et de volants se déclinent en noir ou violet. Très présentes également, la fourrure et les fines franges qui volent au gré des mouvements. Les pois sont un motif récurrent de la collection, sous forme d'imprimés, de dentelles ou de perles multicolores recouvrant une majestueuse et légère robe à cape marine, ou une blouse ceinturée.
Hermès, palette...
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