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Liban - Reportage

Reynders : Il faut aider les Libanais à décider eux-mêmes...

Échappée culturelle au musée national pour le chef de la diplomatie belge.

Le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre belge Didier Reynders lors de sa visite au musée national à Beyrouth, avec pour guide le ministre de le Culture, Rony Araiji. Photo Dalati et Nohra

Se faufiler au sein d'une délégation officielle d'un pays européen en visite à Beyrouth n'est pas chose aisée. En dépit de l'amabilité extrême des membres de la délégation qui accompagnait le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre belge Didier Reynders à Beyrouth, dont l'ancien ambassadeur au Liban, Johan Verkammen (devenu responsable du bureau de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient), et bien entendu l'actuel, Alex Lenaerts, être coincée à l'arrière de l'une des voitures blindées du convoi en route pour le musée n'allait pas de soi.
Comme c'est souvent le cas dans ce genre de visite-éclair, les rendez-vous se chevauchent et l'emploi du temps s'en ressent. Le point de presse qui était prévu à l'hôtel Le Gabriel a donc été annulé et la seule option qui restait était d'accompagner, mercredi, la délégation dans une visite rapide du musée national, dernière étape avant le voyage du retour à Bruxelles.
Le ministre belge étant féru d'histoire et de culture, là où il se rend en mission officielle, il prend soin de ménager un temps pour les visites culturelles. Un convoi officiel, à une heure de pointe dans les rues de Beyrouth, c'est comme un tour dans un manège pris de folie. Sirènes hurlantes, les voitures du convoi se faufilent entre les feux rouges, alors que des véhicules s'engouffrent dans la brèche pour tenter de profiter de leur « droit » de passage. De l'adrénaline pure et un trajet décoiffant qui finalement s'arrête devant les marches du musée national où le ministre de la Culture Rony Araiji attend son prestigieux visiteur.
Le ministre libanais tient à diriger lui-même la visite du ministre belge au musée. Il explique avec passion les différentes étapes de lhistoire du Liban. Vingt minutes avaient été prévues pour cette visite, mais M. Reynders prend son temps pour apprécier les œuvres d'art et les vestiges antiques qui racontent une histoire mouvementée de civilisations... et de survie. Il écoute, pose des questions et se garde de faire des commentaires qui pourraient tomber dans des oreilles curieuses.
C'est finalement à la fin de la visite, qui dure une bonne demi-heure, qu'il répondra à quelques questions rapides. Il précise ainsi avoir vu de près la situation des réfugiés syriens, puisqu'il s'est rendu dans un camp près de Zahlé. Mais il a aussi constaté que les Libanais avaient autant besoin d'aide que les réfugiés et c'est pourquoi son pays compte financer seul et avec l'Union européenne des projets de développement qui s'inscriront dans la durée.
En construisant des écoles, on aide aussi le Liban, dit-il, puisqu'une fois les réfugiés partis, les infrastructures resteront. Mais justement, ce retour est-il prévu pour bientôt ? Le ministre belge se contente de dire que le récent accord sur la cessation des hostilités est une lueur d'espoir pour la Syrie, dans un tableau assez sombre. Il faut donc attendre un peu. En réponse à une question, il précise que l'objectif de la communauté européenne, et de la Belgique en particulier, est que les réfugiés rentrent chez eux, mais en attendant, il est préférable qu'ils ne viennent pas en Europe. Le ministre fait au passage l'éloge du Liban, ce pays qui en dépit de ses difficultés accueille un si grand nombre de réfugiés et essaie de les traiter du mieux qu'il peut. Selon lui, la communauté internationale est consciente du poids que constitue la présence d'un si grand nombre de réfugiés pour le Liban et c'est pourquoi elle a décidé d'augmenter ses aides à ce pays, ainsi qu'à la Turquie et à la Jordanie.
Au sujet de la vacance de la présidence, le ministre belge précise qu'il faut aider les Libanais à décider eux-mêmes de l'identité de leur futur président. Sans évoquer directement la crise entre le Liban et l'Arabie saoudite, il laisse entendre que son pays ainsi que l'Europe en général prônent l'apaisement, laissant entendre que des contacts pourraient être entrepris avec les dirigeants saoudiens dans ce but. Selon lui, il faut préserver le modèle de coexistence que représente le Liban. Et à la question de savoir si ce n'est pas justement ce modèle que l'on cherche à détruire, le ministre belge répond que l'existence du Liban, en tant que modèle de coexistence, est précieuse, ajoutant que la Belgique, de son côté, est toujours favorable au compromis, dont elle connaît la valeur.

Se faufiler au sein d'une délégation officielle d'un pays européen en visite à Beyrouth n'est pas chose aisée. En dépit de l'amabilité extrême des membres de la délégation qui accompagnait le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre belge Didier Reynders à Beyrouth, dont l'ancien ambassadeur au Liban, Johan Verkammen (devenu responsable du bureau de l'Afrique du Nord...

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