Le modèle féminin de Damla Özdemir.
Née à Istanbul et diplômée en services de publicité et cinéma-télévision, Damla Özdemir fait un virage durant son parcours artistique, choisissant l'art du collage. « Je sélectionne des images de la vie et les découpe. Je deviens ainsi en contrôle total de la vie elle-même. »
Ses travaux de collage sont assimilés à de la sculpture car ils produisent des effets visuels en trois dimensions. « D'abord esquisses sur ordinateur puis en 3D, je les coupe manuellement ou à l'aide d'une scie, pour leur donner un aspect tactile et... vivant », précise-t-elle. L'artiste choisit surtout des images de femmes des années 70. « En Turquie, la femme est soumise à des pressions. Dans ce travail, j'ai l'impression d'être leur voix. »
Damla Özdemir ose et n'a peur de rien. Elle transgresse les tabous, affronte la société et croque. Le concept utilisé, nommé Fresh Flesh, met en relief l'altération et la transformation de l'image de la femme que l'artiste utilise pour faire d'un objet ordinaire un sujet conscient. Ainsi, tailler dans l'image de la femme et ses stéréotypes, c'est comme déconstruire pour reconstituer un autre modèle féminin où ces artistes ainsi que toutes les autres s'y retrouvent.
L'artiste ne porte pas seulement une critique à l'égard de la société, mais aussi à l'égard des médias, principaux responsables de la transformation constante de la femme en un objet de consommation ainsi qu'au comportement standardisé de certains groupes de personnes.
Pour support principal et moyen d'expression, Özdemir a choisi le bois. « C'est un matériel fiable, facile, avec lequel le rapport direct est possible. » L'identité féminine ainsi que la sexualité sont autant de thèmes qui sont reproduits sans « contrefaçons » par Damla Özdemir. Ce qui la rapproche de son amie et compatriote Derya Özparlak.
Une personne asymétrique
Derya Özparlak, elle, est diplômée de la faculté des beaux-arts, département sculpture, de l'Université Anadolu. Depuis 2008, elle participe à de nombreuses expositions collectives internationales. Elle se présente ainsi : « Je suis une personne asymétrique et toute symétrie détruit mon équilibre. Ceci est valable tant dans ma vie quotidienne que dans l'imperfection parfaite de mes dessins. »
Ses sculptures, de métal gris, sont libres de tout piédestal et s'envolent tenant des ballons de couleurs. Contraste dans les teintes, certes, mais aussi dans le poids des personnages sculptés et la légèreté du mouvement. Ce dernier exprime « le corps de la personne essayant d'échapper au système ». En prenant ce risque, le corps rend l'impossible possible. « J'ai commencé avec les figures tenant des ballons en 2010, après une rupture dans ma vie personnelle », dira l'artiste, ces ballons évoquant des bulles de pensée. « Par la suite, ces personnages se sont exprimés en s'envolant, résistant à la gravité. » Et de poursuivre : « J'ai utilisé la légèreté à la fois techniquement et conceptuellement en créant un contraste entre la froideur et le poids du métal et le monde coloré et la lumière des ballons. Suspendus loin du sol, ces êtres aspirent à une liberté absolue et à un monde meilleur. »
*Galerie « Les Plumes », rue Gergi Zeidan. Tél. : 01/333537.


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