La perspective d'une victoire de l'homme d'affaires américain Donald Trump, à l'issue des primaires pour la Maison Blanche, ne fait plus rire personne et surtout pas les républicains, estime jeudi la presse.
"Clairement, depuis qu'il engrange les victoires dans la primaire de son parti, la perspective d'un triomphe du milliardaire ne fait plus rire personne", assène Johan Hufnagel, dans Libération. Et le journaliste de Libé de poser la question: "faut-il avoir peur du grand méchant Trump?" qui est "prêt à toutes les injures et outrances pour s'attirer les suffrages de la base républicaine" et dont "beaucoup voient en lui un charlatan".
"Le personnage est cauchemardesque. Il peut dire tout et son contraire", assure Jean-Marcel Bouguereau, de La République des Pyrénées. "On le prenait pour un clown et voici que son arrivée éventuelle à la Maison Blanche ressemble de moins en moins à une bonne blague!", constate l'éditorialiste qui prévient: "son investiture probable risque de faire imploser le vieux parti conservateur qui ne l'a pas vu venir et peine à lui faire barrage."
"La permanente de Donald Trump décoiffe l'Amérique", ironise Jean-Louis Hervois, de la Charente Libre, avant de redevenir sérieux et d'estimer que le fait que Trump puisse "devenir président des États-Unis n'a plus rien de saugrenu".
Toujours sur un ton quelque peu moqueur, Olivier Berger, dans La Voix du Nord, voit en Trump un "fanfaron à la moumoute fauve", un "candidat vulgaire" dont "on peut craindre le pire".
"Donald Trump pouvait apparaître il y a quelques mois comme un candidat du défoulement. Aujourd'hui il est en passe de gagner l'investiture" et "la panique chez les Républicains ne suffira sans doute pas à dégonfler le phénomène Trump", s'inquiète Bernard Stéphan, pour La Montagne.
Patrice Chabanet, du Journal de la Haute-Marne, partage le même avis: "la progression au bulldozer de Donald Trump inquiète l'appareil du Parti républicain. Leur angoisse: comment arrêter l'irrésistible ascension d'un électron libre".
"Dans son camp, rien ne semble pouvoir stopper sa course vers la Maison Blanche", constate amèrement Stéphane Siret, de Paris-Normandie. Et de conclure: "les Américains méritent mieux qu'un incontrôlable populiste belliqueux qui risque d'isoler le pays de Lincoln et Kennedy".
La journée du "super mardi", avec des primaires dans une douzaine d'Etats, a fait ressortir un favori dans chaque camp, Donald Trump, chez les républicains, et Hillary Clinton, chez les démocrates, en vue des conventions d'investiture de juillet, pour la présidentielle de novembre.

