Les Américains votaient hier pour les primaires du « super mardi », un tournant dans la course à la Maison-Blanche durant lequel les favoris Donald Trump et Hillary Clinton espèrent distancer leurs rivaux dans la douzaine d'États en jeu. M. Trump escompte ainsi ressortir de ce vote comme l'irrépressible favori devant ses quatre concurrents républicains, tandis qu'Hillary Clinton est en position de force contre le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, notamment dans les États du Sud où les minorités lui confèrent un grand avantage.
Le vote a commencé dans les dix États où démocrates et républicains se prononcent simultanément, et devait se poursuivre dans le Colorado où seuls les démocrates votent, avant de se conclure par une consultation républicaine en Alaska. En une seule journée, environ un cinquième des délégués républicains et un quart des délégués démocrates seront attribués, mais le verdict ne sera pas final puisqu'une trentaine d'États se prononceront encore jusqu'en juin pour désigner les deux candidats à la présidentielle.
Depuis une semaine, Donald Trump est la cible d'attaques tous azimuts. Et certains conservateurs affirment, publiquement, qu'ils ne voteront pas Trump à la présidentielle s'il portait les couleurs de leur parti. Le milliardaire, lui, a laissé entendre qu'en cas de mauvais coup du Parti républicain, il pourrait se présenter en candidat indépendant en novembre. Ses deux plus proches rivaux sont les sénateurs Marco Rubio (Floride) et Ted Cruz (Texas), aux positionnements politiques très différents, mais qui partagent un objectif : consolider l'opposition à M. Trump tant qu'il est encore temps. Ted Cruz est le seul à avoir battu ce dernier, une fois, dans l'Iowa. Cet ultraconservateur mise désormais sa survie sur une victoire dans son propre État du Texas, le gros lot du « super mardi » pour son nombre de délégués.
Côté démocrate, pour Mme Clinton, l'enjeu est de regagner le statut de candidate inévitable qu'elle détenait avant l'ascension de M. Sanders. L'ex-secrétaire d'État pourrait augmenter significativement son avance, bien que son équipe assure s'attendre à des secondes places. Les démocrates noirs ont voté Clinton à 86 % en Caroline du Sud. Si ceux de Géorgie et d'Alabama votent pour elle dans les mêmes proportions, elle devrait l'emporter facilement. M. Sanders, lui, compte sur son fief du Vermont et sur le Massachusetts. Sa campagne a, quoi qu'il arrive, les moyens financiers de poursuivre la course pendant plusieurs mois.
Enfin, un sondage publié hier par CNN indique que les démocrates l'emporteraient dans un duel face à M. Trump, avec une marge plus confortable pour M. Sanders (55 % contre 43 %) que pour Mme Clinton (52 % contre 44 %).
(Source : AFP)

