Migrants et réfugiés formaient une longue file d’attente hier à la frontière gréco-macédonienne. Louisa Gouliamaki/AFP
Plusieurs centaines de migrants ont tenté hier de passer par force la frontière entre la Grèce et la Macédoine, avant d'être repoussés à coups de gaz lacrymogènes.
Selon Dejana Nedeljkovic, une responsable du ministère de l'Intérieur macédonien, des migrants ont tenté d'entrer de force en Macédoine en cassant une porte métallique. « Un policier macédonien a été blessé et hospitalisé », a-t-elle déclaré à l'AFP, ajoutant que les forces de sécurité macédoniennes avaient riposté en tirant des gaz lacrymogènes pour faire reculer les migrants.
Selon l'ONG Médecins sans frontières, « au moins 30 personnes ont demandé à être soignées, dont de nombreux enfants ».
Plus de 7 000 migrants et réfugiés restaient bloqués hier au poste grec d'Idomeni après des restrictions imposées par plusieurs pays, dont la Macédoine, sur le nombre des personnes autorisées à entrer sur leurs territoires. Selon MSF, le nombre actuel de migrants à Idomeni est quatre fois plus élevé que la capacité des deux camps installés près du poste-frontière et de nombreuses personnes doivent dormir dans les champs.
La Macédoine est le premier pays sur la route des Balkans, empruntée par les migrants qui arrivent sur les îles grecques en provenance des côtes turques et veulent rejoindre les pays de l'Europe centrale et du Nord.
Discours de haine
À Athènes, une réunion extraordinaire a eu lieu hier après-midi entre le ministère de l'Intérieur et l'Union des mairies du pays (Kede) pour gérer le problème d'infrastructures d'accueil. Outre les centres de tri et d'enregistrement (hotspots) installés sur les îles grecques, deux camps d'accueil ont récemment été inaugurés en Grèce continentale, d'une capacité de 2 000 personnes chacun actuellement. D'anciens sites olympiques à Hellinikon, banlieue sud d'Athènes, ont également été mis à la disposition de migrants. Le ministère grec de la Politique d'immigration a interdit « temporairement » aux médias l'accès à ces camps pour ne pas entraver les travaux en cours. Après l'Autriche, premier pays à avoir imposé des quotas, la Croatie, la Slovénie, membres de l'UE, ainsi que la Macédoine et la Serbie ont décidé à leur tour la semaine dernière de limiter le nombre de migrants autorisés sur leurs territoires, provoquant des protestations d'Athènes. À Genève, le haut-commissaire de l'Onu aux Droits de l'homme, Zeid Ra'ad al-Hussein, a dénoncé le discours de haine de certains dirigeants, déplorant que les migrants, déjà traumatisés par les atrocités commises dans leur pays, doivent en outre affronter, à leur arrivée en Europe, une xénophobie croissante.

