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Moyen Orient et Monde - Syrie

La trêve semble respectée malgré des incidents et des accusations de violation

Les équipes de l'Onu ont livré, hier, de l'aide à l'une des villes assiégées, pour la première fois depuis le début de la trêve.

Les forces progouvernementales syriennes avançant le long de la route de Khanasser. Georges Ourfalian/AFP

Les pays soutenant le processus de paix en Syrie se sont réunis, hier, à Genève pour faire le point sur la trêve entrée en vigueur ce week-end mais déjà fragilisée par des informations faisant état d'attaques sur des zones tenues par l'opposition modérée.
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé que l'accord négocié par les États-Unis et la Russie était globalement respecté, en dépit de quelques violations sur lesquelles se sont penchés les membres de la « task force » mise en place par le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) pour y veiller.
« En gros, la cessation des hostilités tient bon, bien que nous ayons connu quelques incidents. Mais la "task force" et tous les États membres du GISS veillent à ce que cela n'aille pas plus loin et faire en sorte que cette trêve se poursuive », a déclaré Ban Ki-moon, qui s'exprimait avant la première réunion de cette « task force » depuis l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités. Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a néanmoins fait état d' « indications selon lesquelles les attaques, y compris aériennes, se poursuivent contre des zones contrôlées par l'opposition modérée ». « Tout ceci doit naturellement être vérifié », a-t-il ajouté devant des journalistes à Genève.
Sur le terrain, des bombardements et des tirs limités hier ont entaché la cessation des hostilités, qui s'applique dans les zones de combats entre régime et rebelles marginalisés par la montée en puissance des groupes jihadistes du groupe État islamique (EI) et du Front al-Nosra. Ces groupes jihadistes, qui contrôlent plus de la moitié du territoire syrien, ne sont pas inclus dans l'accord de trêve initié par les Russes, qui appuient le régime, et Américains, qui soutiennent les rebelles, lesquels continuent d'être la cible de l'aviation du régime, de celle de la Russie ou de celle de la coalition internationale dirigée par Washington. Mais l'application de la trêve est compliquée par le fait qu'al-Nosra est allié avec des groupes rebelles dans plusieurs régions. À l'aube, des rebelles ont tiré des roquettes sur la partie prorégime de la ville d'Alep et des avions russes ont bombardé une localité du sud de Hama où les rebelles sont pourtant majoritaires, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Dix frappes ont par ailleurs touché la partie de la ville de Deir ez-Zor contrôlée par l'EI, d'après l'OSDH. En outre, l'artillerie turque a tiré sur des positions de l'EI dans le nord d'Alep, en coordination avec la coalition internationale.

« Malades normaux »
La Russie et les États-Unis se sont montrés prudemment optimistes sur l'avenir de la cessation des hostilités. « Les mesures principales ont été prises. Nous savions à l'avance que cela ne serait pas facile », a déclaré le Kremlin. « Les obstacles sont nombreux, mais c'est vraiment dans notre intérêt, et surtout dans celui du peuple syrien de donner une chance au processus », a dit un haut responsable américain. Cette trêve devrait ouvrir la voie à une relance des discussions intersyriennes annoncée par l'émissaire de l'Onu Staffan de Mistura pour le 7 mars à Genève. Mais cela dépendra « de la façon dont la cessation des hostilités va tenir et aussi de l'aide humanitaire », a-t-il dit. Dans les grandes villes de Syrie, les habitants sont sortis dans les rues pour faire leurs emplettes, goûtant à un calme inhabituel. « Nos professeurs nous interdisaient avant d'aller dans la cour en raison des bombardements aériens, mais aujourd'hui on est sortis jouer », a raconté Ranim, une écolière de 10 ans dans un quartier rebelle à Alep. Comme pour la première fois depuis longtemps, ils n'ont personne à secourir, les « casques blancs », la défense civile des régions rebelles, profitent eux de ce moment de répit. « Depuis deux jours, nous n'avons vu arriver aucun blessé par balle, aucune victime d'un bombardement, nous n'avons reçu que des malades normaux », assure Hamza el-Khatib, le directeur de l'hôpital à Soukkari, quartier rebelle du sud d'Alep.

« Mourir de faim ? »
Mettant à profit cette trêve sans précédent en près de cinq ans de guerre, qui exclut les groupes jihadistes, les équipes de l'Onu ont livré, hier, de l'aide à l'une des villes assiégées de Syrie, pour la première fois depuis le début de la trêve. D'après le Croissant-Rouge syrien, une vingtaine de camions chargés de produits de nettoyage, de savons et de couvertures fournis par l'Onu sont entrés à Mouadamiyat el-Cham, localité rebelle située au sud-ouest de Damas et encerclée par les forces du régime. L'Onu a également annoncé qu'elle porterait assistance dans les cinq prochains jours à 154 000 personnes dans des localités syriennes assiégées par des belligérants. « Plus de 450 000 personnes sont prises au piège dans des villes et villages de Syrie, et parfois depuis des années, a dit le haut-commissaire de l'Onu aux Droits de l'homme, Zeid Ra'ad el-Hussein. La nourriture, les médicaments et d'autres produits d'aide d'urgence sont bloqués de façon répétée. Des milliers de personnes risquent de mourir de faim. »

(Source : agences)

Les pays soutenant le processus de paix en Syrie se sont réunis, hier, à Genève pour faire le point sur la trêve entrée en vigueur ce week-end mais déjà fragilisée par des informations faisant état d'attaques sur des zones tenues par l'opposition modérée.Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé que l'accord négocié par les États-Unis et la Russie était globalement respecté, en dépit de quelques violations sur lesquelles se sont penchés les membres de la « task force » mise en place par le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) pour y veiller.« En gros, la cessation des hostilités tient bon, bien que nous ayons connu quelques incidents. Mais la "task force" et tous les États membres du GISS veillent à ce que cela n'aille pas plus loin et faire en sorte que cette trêve se...
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