Les manifestants devant le Grand Sérail. Photo Sami Ayad
« Le Liban n'est pas une poubelle. » C'est sous ce slogan que plusieurs centaines de partisans et d'étudiants du parti Kataëb ont effectué hier une manifestation, en guise de protestation contre l'évolution observée dans le dossier des déchets.
À partir de 16h, ils ont commencé à se rassembler par petits groupes devant le siège du parti à Saïfi, à l'ombre de mesures de sécurité très strictes. Brandissant des drapeaux libanais et des fanions du parti, scandant des slogans dénonçant « la manière avec laquelle le gouvernement a traité le dossier des déchets », ils se sont par la suite dirigés vers le Grand Sérail en passant par le siège du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR).
Devant le Grand Sérail, le secrétaire général adjoint du parti Kataëb, Patrick Richa, a donné lecture d'un communiqué, au nom des manifestants, dans lequel il a qualifié de « véritable folie » la manière avec laquelle le dossier des déchets est géré.
« Nous voulons une solution locale, sans dette et décentralisée », a-t-il poursuivi. Et d'ajouter : « Nous n'accepterons plus ces humiliations. Nous appelons à déclarer un état d'urgence environnemental et à prendre des décisions exceptionnelles et tranchantes pour sortir de cette catastrophe. »
Dans leur communiqué, les manifestants ont ainsi proposé que le gouvernement « s'approprie un terrain dans une région lointaine de l'Anti-Liban », dans laquelle il entassera les déchets qu'il ramassera des rues. Les manifestants ont également appelé à « débloquer l'argent dû aux municipalités, à activer le travail de la commission ministérielle chargée de la gestion des déchets ménagers pour qu'elle se réunisse de manière continue avec la société civile et des représentants du CDR ». Ils ont aussi appelé que ces réunions soient ouvertes.
Par ailleurs, les manifestants ont exhorté la justice d'examiner les plaintes déposées par le parti et demander des comptes à tous ceux qui ont fait preuve de négligence dans ce dossier.
S'adressant au président du CDR, Nabil el-Jisr, Patrick Richa a déclaré : « Vous êtes, depuis des années, directement responsable du dossier des déchets. Vous avez établi des cahiers des charges truqués. Vous auriez dû préserver notre droit et l'argent public. Soit vous êtes négligent, soit vous êtes complice. Dans les deux cas, vous êtes responsable. Si vous ne l'êtes pas, rentrez chez vous. »
Et de conclure en affirmant que les Kataëb ne baisseront pas les bras et qu'ils poursuivront leur action jusqu'à « restituer notre dignité et notre santé » et jusqu'à ce que « le Liban redevienne un pays beau et propre, parce que le Liban n'est pas une poubelle ».
Le président du bureau estudiantin des Kataëb, Ralph Sahyoun, a également appelé « à collecter les détritus immédiatement des rues ». Il a également insisté sur la nécessité de « débloquer l'argent des municipalités qui ont un rôle important à jouer à ce niveau ».
Rappelons que mercredi, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, avait rencontré le procureur général près la Cour de cassation, le magistrat Samir Hammoud, pour suivre le recours qu'il avait présenté contre la société Sukleen dans le cadre de la crise des déchets. Il s'était dit « étonné » de constater que depuis des mois, personne n'a été convoqué à une audience.


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UN TERRAIN DE L,ANTI-LIBAN... VOILA UNE BONNE IDEE... ET POURQUOI PAS ? QU,ATTEND-ON ?
11 h 50, le 29 février 2016