Le meneur de jeu des Golden State Warriors, Stephen Curry, tente un panier à 3 points face à Oklahoma City. J. Pat Carter/AFP
Et si Stephen Curry était parti pour inscrire son nom au panthéon de la NBA, aux côtés de Michael Jordan ou Magic Johnson ? L'année où une autre légende, Kobe Bryant, va prendre sa retraite, le joueur des Golden State Warriors semble inarrêtable et enchaîne les records.
« Stephen Curry peut devenir le plus grand joueur que nous ayons jamais vu s'il continue comme ça sur les 4-5 prochaines années », a twitté Magic Johnson après le match Oklahoma City – Golden State samedi soir, lors duquel Curry a une nouvelle fois impressionné. Et le grand Magic de s'enflammer, consumé par la fièvre qui s'empare de toute la NBA : « Stephen Curry a une chance de devenir le joueur le plus enthousiasmant de l'histoire ! »
Cette fièvre n'épargne pas même Barack Obama, pourtant grand fan des Chicago Bulls. « Regarder Steph, jouer est incroyable. Pour quelqu'un qui aime le basket, c'est vraiment génial », s'est émerveillé le président américain début février, lors de la réception des Warriors à la Maison Blanche. Un président très fier d'avoir battu Curry... au golf en août 2015.
À Oklahoma City (121-118 a.p.), Curry (27 ans) a égalé le record de paniers à trois points sur un match (12) et a battu son propre record de tirs primés sur une saison (288). Dire qu'il reste encore 24 rencontres à disputer... À ce rythme, le fils de Dell Curry, ancien grand joueur des Charlotte Hornets, va écrire une nouvelle page de l'histoire de la NBA et faire exploser les statistiques.
« De l'incroyable au sublime »
D'autant plus que les champions en titre n'en finissent plus de gagner : après avoir commencé la saison par 24 victoires consécutives, ils trônent en tête de la NBA avec 53 victoires pour seulement 5 défaites et sont qualifiés depuis ce week-end pour les play-offs.
Des chiffres étourdissants qui placent le MVP 2015 dans la lignée des plus grands. Samedi soir, n'a-t-il pas, à Oklahoma City, égalé le record de tirs primés sur un match de Kobe Bryant ? L'année même ou la mégastar des Lakers tire sa révérence. Presque un symbole.
Et pourtant, ce n'était pas n'importe quelle équipe en face : les Californiens ont dû batailler ferme contre « OKC », Kevin Durant et Russell Westbrook. C'est évidemment Curry qui a mis un terme aux débats avec un ahurissant trois points réussi depuis quasiment la ligne médiane avec seulement 6/10es de secondes à jouer.
« J'avais un bon rythme de dribble et j'ai trouvé un bon endroit pour décoller », a expliqué simplement Baby Face. « J'étais en confiance toute la soirée. Heureusement, le dernier est rentré dedans au moment où nous avions une chance de gagner le match. »
« Ce que Steph a fait est incroyable », a réagi, époustouflé, son entraîneur Steve Kerr. « On passe de l'incroyable au sublime. On en est là », a apprécié l'ancien coéquipier de Michael Jordan de la grande époque des Chicago Bulls.
« Tu dois arrêter, mec ! »
« C'est dur de mettre des mots sur ce que vient de faire Steph », a renchéri son coéquipier Klay Thompson. « Il a non seulement battu son propre record mais il a battu un record NBA. C'est le truc le plus incroyable que j'ai jamais vu. »
Thompson sait de quoi il parle. Il vient de battre Curry au All Star Game... en finale du concours à trois points. Mais en match, Curry est bien trop fort derrière la ligne. Les deux derniers détenteurs du record de tirs à trois points sur une saison, Ray Allen et Dennis Scott, sont loin derrière. « Hollywood » Allen n'en a réussi « que » 269 en 2005-2006. « 3D » Scott en avait posté 267 dix ans plus tôt, en 1995-1996 pour l'Orlando du grand Shaquille O'Neal. Curry, lui, passera sans doute la barre des 300. « Tu dois arrêter mec ! Hallucinant, mec ! Je n'ai jamais vu quelqu'un comme lui dans l'histoire du jeu ! » a tweeté LeBron James, né dans le même hôpital que Curry, à Akron (Ohio).
Reste que pour entrer définitivement dans la légende, les records ne suffisent pas, et Curry doit maintenant enchaîner les titres, comme Jordan et les autres.
(Source : AFP)


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