Les familles des militaires otages des jihadistes du groupe État islamique (EI) ont observé hier un sit-in devant le Casino du Liban. Photo Émile Eid
Les familles des militaires otages des jihadistes du groupe État islamique (EI), dans le jurd de Ersal, depuis août 2014 ont entamé hier une série d'actions visant à faire pression sur le gouvernement pour que le dossier de leurs proches ne soit pas relégué aux oubliettes. Hier, elles ont observé un sit-in devant le Casino du Liban, à Maameltein, à l'ombre de mesures de sécurité très strictes, pour les empêcher d'entrer dans l'enceinte de l'établissement. Les manifestants ont été rejoints par des employés du casino.
« Nous ne cherchons pas à couper les routes, ni à déranger les gens en recourant à des actes de vandalisme, ont déclaré les manifestants. Notre seul objectif est de faire parvenir notre voix aux responsables et de les pousser à s'occuper de nouveau du dossier. »
Portant son nouveau-né sur les bras, la femme du militaire Mohammad Youssef affirme qu'elle a voulu « emmener son fils, dans l'espoir d'attendrir les responsables ». « Cela fait quatorze mois que nous n'avons pas de nouvelles de nos proches », a-t-elle déploré.
Se prononçant au nom des familles, Nizam Mghayt, le frère du militaire Ibrahim Mghayt, s'est emporté contre le gouvernement qu'il a qualifié de « paresseux » et de « négligent ». « Nous sommes tout à fait conscients que le général Abbas Ibrahim (directeur de la Sûreté générale, NDLR) a toutes les prérogatives pour agir et réaliser de bons résultats dans ce dossier », a-t-il noté. Rappelons que le général Ibrahim a été le médiateur du gouvernement dans les négociations ayant conduit à la libération, le 1er décembre dernier, des seize soldats retenus par le Front al-Nosra.
Nizam Mghayt a estimé que « les factions politiciennes empêchent la réalisation d'une solution ». Il a appelé le Premier ministre, Tammam Salam, à « nommer la partie ou le responsable de ce blocage au niveau du dossier ».
Soulignant que les familles ont choisi d'observer leur sit-in devant le Casino du Liban parce que c'est un « lieu touristique », Nizam Mghayt a affirmé que les familles auront recours à l'escalade et observeront des sit-in devant tous les lieux touristiques, pour faire entendre leurs voix, « parce qu'elles ne peuvent plus endurer tout ce mystère qui entoure le dossier ».
Neuf militaires sont toujours aux mains de l'EI depuis les combats à Ersal (Békaa) en août 2014. Le groupe terroriste a déjà assassiné deux soldats qu'il retenait. Le Front al-Nosra avait lui aussi assassiné deux otages.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine