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Sport - Football / Présidentielle De La Fifa

Entre Afrique et procédures, sprint final pour les candidats

Affronté à un immense chantier pour restaurer la confiance, la tâche du futur président de l'instance suprême du ballon rond ne sera pas aisée.

À la veille de l'élection à la présidence de la Fifa, le duel Salmane-Infantino se précise, avec l'Afrique comme terrain de chasse, alors que les petits candidats se sont lancés dans un activisme procédural pour tenter d'exister.
Hier, le secrétaire général de l'UEFA, Gianni Infantino, a assuré avoir « des raisons d'être encore plus confiant » après avoir « parcouru l'Afrique », qui s'annonce comme le véritable juge de paix du scrutin. « Les discussions que j'ai pu avoir avec les présidents de fédérations africaines ont été très concluantes », a-t-il ajouté. Une véritable pierre dans le jardin de cheikh Salmane ben Ibrahim al-Khalifa, patron de la Confédération asiatique (AFC), qui a pourtant reçu le 5 février le soutien du comité exécutif de la Confédération africaine (CAF).
Pendant ce temps, les candidats mineurs essayent d'occuper le terrain sur le plan procédural. L'attaque est venue mardi du prince Ali : le demi-frère du roi de Jordanie, dont les chances paraissent infimes, a demandé le report du vote de demain et a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS), la plus haute juridiction sportive, après le refus de la fédération internationale de faire installer des isoloirs transparents. Il a été rejoint dans ce combat par un autre postulant, Jérôme Champagne, et une décision sera prise « jeudi (aujourd'hui) matin au plus tard », a répondu le TAS. Mais ces recours s'apparentent à un baroud d'honneur.
À 48 heures de l'échéance, les grandes manœuvres ont en tout cas bel et bien débuté à Zurich en vue de l'élection. Une réunion du comité exécutif a démarré hier dans la matinée et celui-ci a adopté à l'unanimité le train de réformes qui sera soumis au vote du congrès demain matin. Cette réunion du gouvernement de la Fifa sera suivie aujourd'hui par celles des six confédérations continentales, qui permettront d'acter définitivement les consignes de vote.
Quel qu'il soit, le successeur de Blatter prendra les rênes d'une fédération internationale fragilisée et se trouvera face à un immense chantier : restaurer la confiance dans une institution décrédibilisée. Pour y parvenir, le futur président devra mener une véritable réforme de la gouvernance, retrouver du crédit auprès des sponsors tout en gérant les procédures pénales en cours.
Pour Gianni Inantino, « l'image et la réputation de (la Fifa) ont été sévèrement mises à mal par les récents événements. Mon objectif principal sera de faire changer les choses et de remettre le football au centre des activités de la Fifa ». Mais pour Patrick Nally, spécialiste du marketing sportif, « la profondeur des enquêtes de la justice et ce qui est déjà remonté à la surface, même s'il reste encore à enquêter en Asie et en Afrique, indique que malgré les efforts de la Fifa, il lui sera très difficile de retrouver du crédit ».

Gérer les procédures
Pour restaurer son image, la Fifa va devoir profondément réformer sa gouvernance. « Je ne veux pas me réveiller le 27 mars sans ces réformes, elles doivent passer », a prévenu l'ancienne joueuse australienne Moya Dodd, l'une des trois femmes (sur 24 membres) à siéger au comité exécutif. Le « paquet » de réformes, adopté en décembre, prévoit notamment une limitation à 12 ans du cumul des mandats, alors que Blatter, réélu en mai pour un 5e mandat avant de démissionner, était en poste depuis 17 ans. Un contrôle d'intégrité de chaque nouveau membre du comité exécutif ou de toute autre commission sera également réalisé. Parmi les autres propositions : la publication des rémunérations, notamment celle du président, et une séparation entre les décisions politiques (comité exécutif) et économiques (secrétaire général), pour éviter tout conflit d'intérêt.
En octobre dernier, les partenaires historiques, Coca-Cola et MacDonald's, avaient appelé au départ « immédiat » de Blatter, mais aucun n'a interrompu son partenariat car, pour le responsable marketing d'une grande fédération olympique, « aucun n'a intérêt à céder la place à un concurrent ». Si la Fifa va enregistrer pour 2015 une perte d'environ 100 millions d'euros, elle peut compter sur des réserves de 1,5 milliard de dollars pour amortir le choc et sur les milliards générés par le Mondial 2018 en Russie.
Mais pour autant, « il est évident que tout nouveau sponsor potentiel se demande s'il est bienvenu d'associer aujourd'hui son nom à la Fifa », ajoute ce même responsable du marketing, sous couvert d'anonymat. Pour les rassurer, ces sponsors devraient trouver place au sein d'un comité chargé de superviser l'application des réformes ainsi qu'au sein d'une nouvelle commission ouverte aux « partenaires ».
Aux procédures internes à la Fifa s'ajoutent les procédures judiciaires conduites par la justice américaine (39 personnes et deux sociétés mises en cause) et la justice suisse. Pour certains observateurs, un volet judiciaire touchant cette fois l'Afrique et l'Asie n'est pas à exclure. « J'espère que les questions pénales seront traitées jusqu'au bout, mais que ce soit fait rapidement, pour que l'on puisse reparler de football », a récemment déclaré Gianni Infantino, bien conscient que « la tâche du futur président ne sera pas aisée ».

(Source : AFP)

Salmane, un sérieux prétendant

Fan de Manchester United, ancien homme d'affaires et membre de la famille royale de Bahreïn, cheikh Salmane ben Ibrahim al-Khalifa est un prétendant de poids à la présidence de la Fifa, malgré les accusations récurrentes le visant sur le thème des droits de l'homme, et, maintenant, de corruption. Président tout-puissant de la Confédération asiatique (AFC) depuis 2013 et vice-président de la fédération internationale depuis 2015, il espère arriver au sommet de la planète football, ce qui serait une première pour son continent.
À 50 ans, cheikh Salmane fait plus que son âge avec ses cheveux gris et sa fine moustache presque blanche. Il a la réputation d'un homme discret, ferme et déterminé. Sa sœur est l'épouse du souverain de Bahreïn. Soutenu officiellement par les grosses confédérations d'Asie et d'Afrique, il est donné favori avec Gianni Infantino, n° 2 de l'UEFA, pour succéder à Joseph Blatter. Et ses chances sont bien réelles depuis le retrait de la candidature du président de l'UEFA, Michel Platini.
Le Bahreïni avait dans un premier temps accordé son soutien au Français, au nom de l'AFC. Mais les malheurs de l'ex-capitaine de l'équipe de France ont changé la donne. « Je suis confiant et optimiste. De mon point de vue, tout va mieux que bien », déclarait le 31 janvier cheikh Salmane. Ce sera « entre moi et lui », ajoutait-il à propos de Gianni Infantino. Dans son manifeste, il a promis « une refonte complète de l'organisation et l'introduction de mécanismes de contrôle rigoureux qui permettront de relancer la Fifa dans son ensemble ».

Ces « affreux mensonges »...
Ses liens avec l'influent cheikh koweïtien Ahmad el-Fahd el-Sabah, membre du CIO ainsi que du comité exécutif de la Fifa, et considéré comme un faiseur de rois au sein de cette dernière, sont de sérieux atouts. Toutefois, cheikh Salmane part avec un handicap : les critiques récurrentes pour son implication supposée – qu'il réfute – dans la répression du soulèvement chiite de 2011 à Bahreïn. « D'affreux mensonges », a-t-il toujours répondu. Longtemps soutien indéfectible de Sepp Blatter, cheikh Salmane a étudié la comptabilité à Londres, avant d'obtenir des diplômes d'histoire et de littérature anglaise dans son pays et de se lancer ensuite dans les affaires (construction, immobilier, import-export). Ce n'est qu'en 1998 qu'il intègre la Fédération de football de Bahreïn en tant que vice-président. Il en devient président en 2002. Sa première tentative en 2009 pour un siège au comité exécutif de la Fifa est un échec. Né le 2 novembre 1965 à Londres, cheikh Salmane assume aussi dans son pays les fonctions de secrétaire général du Conseil supérieur de la jeunesse et de vice-président du Comité olympique local.
(Source : AFP)

Infantino, de l'ombre à la lumière

Gianni Infantino, longtemps dans l'ombre de Michel Platini, dont il était le secrétaire général à l'UEFA, a été propulsé dans la course à la présidence de la Fifa pour suppléer son mentor suspendu et apparaît désormais comme l'un des favoris. Juriste âgé de 45 ans, homme de réseaux très apprécié des clubs, Infantino a vu le jour à Brigue, dans le Haut-Valais, à moins de 10 km de Viège, village natal... de Joseph Blatter.
« C'est vrai que peut-être, quelque part, le destin joue un rôle, car il y a quelques mois je ne pensais même pas à me lancer dans cette aventure », a déclaré hier Infantino.
Peu connu du grand public, ce chauve affable est en fait un candidat de substitution pour l'UEFA, qui l'a lancé dans la bataille après la suspension provisoire de Platini. Dans l'impossibilité d'épuiser à temps tous les recours contre sa suspension de 8 ans, Platini a finalement jeté l'éponge, sans jamais adouber ouvertement son bras droit. Très à l'aise en public et devant les médias, Infantino est polyglotte, comme Blatter, et jongle avec aisance entre l'anglais, le français, l'allemand, l'espagnol ou l'italien. Ce qui peut s'avérer très utile pour présider l'instance suprême du foot, où 209 fédérations se côtoient (contre 54 à l'UEFA).
C'est aussi et surtout un homme de dossiers, gros travailleur, qui a su gagner la confiance des grands clubs européens. Infantino est « quelqu'un sur qui Michel Platini a pu s'appuyer pour réformer et améliorer l'administration de l'UEFA », confie un représentant d'un grand club européen, préférant conserver l'anonymat. « C'est un homme chaleureux, à l'écoute, réactif. C'est un homme de réseaux, qu'il a construits et entretient avec soin », ajoute cette même source, selon laquelle Infantino connaît « très bien le fonctionnement du football ».

« Faire ce qu'on croit juste... »
Le secrétaire général est entré à l'UEFA en 2000, chargé de questions juridiques et commerciales. Ce supporteur de l'Inter Milan a ensuite été nommé directeur de la division services juridiques en janvier 2004. Selon son CV, communiqué par l'UEFA, il a pendant cette période « entretenu des contacts étroits avec l'Union européenne, le Conseil de l'Europe et les autorités gouvernementales ». Cet Italo-Suisse, père de quatre filles, a ensuite été nommé secrétaire général adjoint puis secrétaire général en 2009, fonction où il a contribué à la mise en place du fair-play financier.
En juillet dernier, il a été désigné pour siéger à la commission des réformes de la Fifa, aux côtés de 11 autres membres issus des différentes confédérations. Cette instance, présidée par un autre juriste suisse, l'avocat lausannois François Carrard, a été mise sur pied pour tenter de restaurer la crédibilité de la Fifa, minée par le scandale de corruption planétaire qui l'ébranle depuis fin mai dernier. Avant l'UEFA, Infantino a travaillé comme secrétaire général du Centre international d'étude du sport (CIES) à l'Université de Neuchâtel, en Suisse, après avoir été conseiller pour diverses instances du football, dont les ligues espagnole, italienne et suisse.
À l'approche du scrutin, Gianni Infantino s'est déclaré « confiant » hier, estimant qu'il avait « des raisons de l'être encore plus » qu'au début de sa campagne. « Quand il y a des périodes difficiles, il faut assumer ses responsabilités et faire ce qu'on croit juste pour la Fifa et pour le football », voilà, en résumé, le message du candidat Infantino.
(Source : AFP)

Ali, le prince qui veut être roi

Prince, demi-frère du roi Abdallah II de Jordanie, général passé par l'Académie militaire britannique de Sandhurst, Ali ben al-Hussein se lance dans sa deuxième élection pour la présidence de la Fifa, avec un seul mot à la bouche: transparence.
Le prince Ali (40 ans) avait accompli le tour de force de pousser Blatter à un second tour en mai dernier, lors de la précédente élection, avant de se retirer. Mais cette fois-ci, ses chances sont beaucoup plus limitées. Et à l'approche du scrutin (demain), le prince multiplie les critiques à la fois contre ses rivaux et contre le système électoral de la Fifa. Ces derniers mois, il a ainsi vertement critiqué les deux favoris, Gianni Infantino (le candidat de l'Europe) et cheikh Salmane (le candidat de l'Asie), qu'il accuse de tenter de s'assurer des votes avec le soutien de leurs confédération respectives. « C'est ce qui me différencie de certains autres candidats... Quand d'autres candidats choisissent de faire pression sur les régions et de diviser le monde, alors oui, je le dis, c'est une mauvaise chose », a-t-il dit.
Marié depuis 2004 à l'ex-journaliste algérienne Rym Brahimi et père d'une fille et d'un garçon, le prince Ali l'assure: il veut rompre avec les « pratiques du passé » et la « culture des arrangements en coulisses » dans une institution marquée par des soupçons de corruption. « Nous devons être plus ouverts, plus transparents dans la façon avec laquelle nous faisons les choses », a-t-il coutume de dire. Pourtant, celui qui dirige depuis 1999 la Fédération jordanienne de football a lui aussi fait partie du système, en tant que vice-président de la Fifa de 2011 à mai 2015.

Le football des jeunes et des femmes
Ironie du sort, c'est cheikh Salmane qui l'a remplacé à cette date au comité exécutif de la Fifa, où la confédération asiatique ne l'a pas reconduit. Celui qui enchaînait les pauses cigarettes pendant les travaux du comité exécutif a beaucoup œuvré, depuis 2012, pour le football des jeunes et des femmes. Né d'un troisième mariage, fils de la reine Alia, une Jordanienne d'origine palestinienne tuée dans un accident d'hélicoptère en 1977 deux ans après sa naissance, le prince Ali se présente comme « un fervent partisan du football féminin ». Il est le grand artisan de la campagne qui a abouti à lever l'interdiction faite aux femmes voilées de jouer. À son actif également, la proposition – acceptée – d'augmenter le nombre de pays participant à la Ligue des champions d'Asie.
Son cursus est riche d'études aux États-Unis, où il a obtenu en 1993 un diplôme de la Salisbury School, au Connecticut. Avant, comme la plupart des membres de la famille royale, de rejoindre l'Académie militaire de Sandhurst en Grande-Bretagne, dont il est sorti en 1994. Lui qui a servi comme chef de la sécurité spéciale du roi, de 1999 à 2008 a grandi au sein d'une famille qui baigne dans le milieu sportif. Sa sœur, la princesse Haya (cavalière émérite), a accompli deux mandats de présidente de la Fédération équestre internationale (FEI), et son demi-frère, le prince Fayçal ben al-Hussein, est membre du Comité international olympique.
(Source : AFP)

Une biographie autorisée de Blatter sortira en mars

Une biographie en allemand du président démissionnaire de la Fifa Joseph Blatter, écrite par son ancien porte-parole Thomas Renggli, paraîtra en mars, a annoncé son éditeur. Thomas Renggli, qui a été le porte-parole du dirigeant suisse avant de démissionner en septembre dernier, a intitulé l'ouvrage Mission Football. « C'est vraiment un voyage à travers la vie de Sepp Blatter », a annoncé Alain Diezig, l'un des dirigeants de la maison d'édition Werd&Weber. « M. Renggli détient des informations très personnelles sur M. Blatter », a déclaré l'éditeur, qui a précisé qu'une version anglaise sera disponible en juin. Blatter, qui aura 80 ans le 10 mars, a démissionné début juin de son poste de président de la Fifa, qu'il occupait depuis 1998, quelques jours après les révélations de corruption à grande échelle au sein de cette instance en mai 2015. Le 21 décembre, il a été suspendu par la justice interne de la Fifa pour huit ans de toute activité liée au monde du football à cause du paiement controversé en 2011 d'une somme de 1,8 million d'euros à Michel Platini, l'actuel président de l'UEFA, sans contrat écrit, pour un travail de conseiller achevé en 2002. Blatter a fait appel de cette sanction

Le Baur au Lac, d'un hôtel de prestige à... l'hôtel de police

Établissement de luxe à l'histoire presque bicentenaire, fréquenté par l'impératrice Sissi, l'hôtel Baur au Lac de Zurich est désormais connu dans le monde entier : c'est dans ses suites, à 3 000 euros la nuit, qu'une dizaine de responsables de la Fifa ont été arrêtés au saut du lit en mai et décembre derniers. L'histoire récente de la Fifa est indissociablement liée à cet hôtel 5 étoiles, ouvert en 1844 par l'Autrichien Johannes Baur. Le 27 mai dernier, sept hauts dirigeants du football mondial y étaient arrêtés dès potron-minet, à la demande de la justice américaine qui les accuse d'avoir accepté des millions de dollars de pots-de-vin et de commissions. Le 3 décembre, l'histoire se répétait : les policiers suisses venaient cueillir deux vice-présidents de la Fédération internationale, un Paraguayen et un Uruguayen. Établissement de prestige où ont séjourné les grands de ce monde, de Sissi l'impératrice d'Autriche au compositeur Richard Wagner, en passant par Elton John, le Baur au Lac est particulièrement prisé des membres de la Fifa. « Nombre des membres du comité exécutif ou de présidents de confédérations y ont leurs habitudes », explique un des cadres les plus anciens de la Fifa. Outre le luxe feutré des salons, ils peuvent y savourer la haute cuisine du chef français Laurent Éperon, une étoile au Michelin, qui propose notamment un menu Harmonie – vin compris – à 240 francs suisses (217 euros). « Les membres du comité exécutif et les autres hauts responsables ont le choix entre plusieurs établissements quand ils viennent à Zurich », explique une autre source proche de la Fifa, qui cite également le Hyatt ou le Savoy. « Mais s'ils ne font pas une demande spécifique, une chambre leur est d'office réservée au Baur au Lac », qui a un accord avec la Fifa. Pour le jour du congrès électif, demain, inutile de chercher, l'hôtel est complet, des suites Junior de 50 m2 avec vue sur le canal à 1 200 CHF (1 089 euros) aux suites Deluxe de 90 m2 avec vue sur le lac, au prix grand public de 3 800 CHF (3 448 euros).

Deux tiers des fans n'ont plus confiance en la Fifa

Près de deux tiers des fans n'ont pas confiance en la Fifa, selon un sondage révélé par Transparency International (TI) dans son rapport global sur la corruption dans le sport. Selon cette enquête d'opinion, effectuée auprès de 25 000 fans dans 28 pays, 69 % des sondés n'ont aucune confiance en la Fifa. Mais l'espoir subsiste puisque 50 % des personnes interrogées estiment que l'organisation – basée en Suisse – a une chance de restaurer son blason, sérieusement terni depuis des mois par les scandales. Reste que 60 % des sondés disent qu'ils ne choisiraient aucun des cinq candidats en lice pour l'élection de demain, à Zurich. « En tant que fans, c'est une histoire d'amour avec le football. Mais quand les résultats de matches, d'attribution d'événements, d'élections... ne sont pas le fruit d'une compétition juste mais de corruption, alors on se sent trahis », indique Cobus de Swardt, directeur général de TI. Dans son rapport, Transparency International fait plusieurs recommandations, dont une plus grande surveillance indépendante des instances du sport et plus de transparence financière dans toutes les associations sportives. Ces recommandations s'appliquent à toutes les organisations sportives internationales et particulièrement celles confrontées aux scandales de corruption, comme la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). Elles serviront aussi de liste de contrôle pour la réforme de la Fifa durant les 100 premiers jours du président qui sera élu demain.

Un député britannique accuse cheikh Salmane de corruption

Un député britannique a accusé cheikh Salmane d'être impliqué dans un scandale financier, ce qu'a aussitôt démenti l'intéressé. Devant la Chambre des communes, le député conservateur Damian Collins a estimé qu'il y avait de « fortes raisons de soupçonner » cheikh Salmane d'avoir négocié le soutien du Kirghizistan à son élection à la présidence de la Confédération asiatique (AFC), en 2013, contre des promesses d'aides financières à des projets sportifs. Ces promesses d'aides auraient émané du Comité olympique d'Asie (COA), une organisation présidée par Ahmad al-Fahad al-Sabab, influent cheikh koweïtien et membre du CIO et du comité exécutif de la Fifa, réputé proche de cheikh Salmane. Le député, qui a réclamé une enquête en urgence, a même estimé que si cheikh Salmane était choisi pour diriger le foot mondial, l'Angleterre ne devrait plus recevoir de compétition organisée par la Fifa. Les accusations de Damian Collins ne peuvent faire l'objet d'une attaque en justice pour diffamation, dans la mesure où il s'exprimait devant le Parlement. Cheikh Salmane a de son côté démenti ces allégations, expliquant n'avoir « aucune connaissance » de quelconque négociation ou paiement, et « qu'absolument aucune preuve n'a été fournie pour montrer que cela a été le cas ».

À la veille de l'élection à la présidence de la Fifa, le duel Salmane-Infantino se précise, avec l'Afrique comme terrain de chasse, alors que les petits candidats se sont lancés dans un activisme procédural pour tenter d'exister.Hier, le secrétaire général de l'UEFA, Gianni Infantino, a assuré avoir « des raisons d'être encore plus confiant » après avoir « parcouru l'Afrique », qui s'annonce comme le véritable juge de paix du scrutin. « Les discussions que j'ai pu avoir avec les présidents de fédérations africaines ont été très concluantes », a-t-il ajouté. Une véritable pierre dans le jardin de cheikh Salmane ben Ibrahim al-Khalifa, patron de la Confédération asiatique (AFC), qui a pourtant reçu le 5 février le soutien du comité exécutif de la Confédération africaine (CAF).Pendant ce temps, les...
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