Mgr Raï, hier, à Bkerké, en compagnie de la délégation russe (photo Ani).
Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a reçu hier à Bkerké la présidente de la Société impériale orthodoxe de Russie en Palestine, Elena Agapova, avec laquelle il s'est entretenu des possibilités de coopération entre cette organisation russe et l'Église catholique au Liban.
À l'issue de sa visite, Mme Agapova a affirmé que celle-ci « est l'expression de la poursuite des efforts de la Russie en vue de la préservation de la stabilité et de la paix au Liban ». Rappelant que les relations bilatérales remontent au XIXe siècle, du temps où la Russie apportait ses aides au Liban pour la construction d'écoles en vue du développement pédagogique, elle s'est engagée à poursuivre la coopération pour « assurer ce développement, notamment à travers l'apprentissage de la langue russe ».
« La collaboration avec l'Église catholique comporte également un volet humanitaire, et englobe en outre la Syrie à travers l'envoi d'aides alimentaires et médicales », a ajouté la présidente de l'organisation russe.
Les discussions ont également porté sur la rencontre historique entre le patriarche orthodoxe russe Kirill et le pape François, et sur leur communiqué commun concernant notamment « les problèmes du Moyen-Orient relatifs à la présence de la communauté chrétienne et d'autres communautés dans la région », a par ailleurs indiqué Mme Agapova, qui a offert au patriarche maronite une icône d'un saint russe.
Sejaan Azzi
Mgr Raï s'est par ailleurs entretenu avec le ministre du Travail, Sejaan Azzi, qui a indiqué à l'issue de l'entretien que les débats ont porté sur le dossier présidentiel et sur la présence chrétienne dans l'administration publique.
Concernant le premier point, M. Azzi a fait état de « la grande anxiété du patriarche maronite au sujet de l'échéance présidentielle, et du sort de l'entité libanaise et de l'État libanais ».
Pour ce qui a trait aux emplois dans la fonction publique, Sejaan Azzi a fait part d'une convergence de vues autour du fait que « l'État a besoin de fonctionnaires chrétiens », relevant que leur nombre « a régressé depuis l'accord de Taëf ». Le ministre du Travail a appelé dans ce cadre l'État à « revoir sa décision de stopper l'embauche », réclamant « des offres d'emploi aux jeunes compétences, sans passer par le Conseil de la fonction publique ». Le ministre Azzi a fait état, enfin, des sentiments des jeunes chrétiens qui « considèrent que depuis les années 90 ce pays n'est plus le leur et préfèrent se tourner vers l'émigration ».


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