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Moyen Orient et Monde - Migrants

L’Otan dans une mer Égée très disputée entre la Grèce et la Turquie

Une grande partie des migrants ont tenté de traverser la mer Égée pour atteindre l’Europe. Aris Messinis/AFP

Pour sa mission de surveillance en mer Égée censée réduire l'activité des passeurs de migrants en Turquie, l'Otan va naviguer dans une mer aux espaces très disputés entre deux de ses plus anciens membres, la Grèce et la Turquie.
Les délimitations d'espaces maritimes et aériens respectifs y tendent encore régulièrement les relations entre les deux pays, à l'histoire commune déjà très agitée.
Car les îles les plus orientales de la Grèce (Lesbos, Samos, Kos...), celles justement où ont débarqué depuis 2015 près d'un million de migrants et réfugiés, tandis qu'un millier de migrants se sont noyés, sont tout proches de la Turquie.
La largeur des eaux territoriales grecques est fixée à 6 milles (11 km), mais Athènes se réserve le droit d'en revendiquer 12, ce que la Turquie refuse, estimant que cela transformerait l'Égée « en mer grecque ».
En 1996, dans ce contexte, les deux pays ont failli en venir aux armes sur la propriété des îlots Imia/Kardak qu'ils revendiquent chacun.
De même, la Grèce réclame 10 milles d'espace aérien autour de ses côtes, quand la Turquie n'en reconnaît que 6, ce qui multiplie les cas de violation rapportés par la Grèce.
La semaine dernière, l'agence grecque Ana a rapporté une vingtaine de violations de l'espace aérien grec en quelques heures par des chasseurs turcs, qui ont été interceptés par la chasse grecque.
En novembre, à l'issue du sommet UE-Turquie, le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait publié sur Twitter une série de propos qu'il y avait tenus sur ce thème à son homologue turc Ahmed Davutoglu.
D'abord une allusion au chasseur russe que venait d'abattre la Turquie sur sa frontière syrienne : « Heureusement que nos pilotes ne sont pas aussi nerveux que les vôtres. » Et ensuite un constat de l'impuissance générale à empêcher le trafic de migrants et les noyades en Égée, alors que « nous dépensons des milliards en armements, vous pour violer l'espace aérien, nous pour vous intercepter ».

« Revendications absurdes »
Dans le courant du mois, dans le cadre de ces querelles, l'avion militaire utilisé par M. Tsipras pour une visite en Iran a dû modifier sa route, les Turcs émettant des réserves au fait qu'il se ravitaille sur l'île grecque de Rhodes.
Malgré ces différends, les deux pays, membres de l'Otan depuis 1952, ont rejoint l'Allemagne dans sa demande d'une mission alliée en Égée.
« L'UE voulait un moyen sûr et incontestable d'informer la garde-côte turque des mouvements de passeurs », explique Angelos Syrigos, enseignant en droit international à l'Université Panteio d'Athènes, observant que l'Agence européenne de surveillance des frontières, « Frontex, n'a quant à elle aucune autorité pour surveiller les côtes turques ».
Les détails de l'opération seront finalisés « dans les prochains jours », mais d'ores et déjà, explique une source de l'Otan , « le groupe maritime permanent de l'Otan numéro 2, composé de cinq navires allemand, canadien, italien, grec et turc, est déployé dans les eaux internationales de la mer Égée » et a commencé à mener des opérations de surveillance.
Les unités grecque et turque resteront dans leurs eaux respectives durant l'opération.
« Nous avons demandé que cela figure spécifiquement dans l'accord, de sorte que l'Otan et toute cette opération ne soient pas mêlées aux divergences que la Turquie n'aurait pas manqué de soulever », a assuré récemment le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, évoquant « les revendications absurdes » de la Turquie en Égée.
Toute cette opération se met en place alors que les arrivées en UE de réfugiés et migrants ne semblent pas devoir se tarir cette année, selon Fabrice Leggeri, le directeur de Frontex.
Les navires de l'Otan s'ajoutent à ceux des garde-côtes grecs et turcs, de Frontex ou des ONG.
Une affluence de navires qui inquiète le ministre de la Politique migratoire, Yannis Mouzalas, alors qu'en octobre, près de Lesbos, huit migrants s'étaient noyés dans une collision accidentelle avec un navire des garde-côtes grecs venus les secourir.
« Nous devons être très prudents au cours d'une opération aussi massive. Les erreurs en mer sont dangereuses », a déclaré le ministre, ancien membre de Médecins du monde.

John HADOULIS/AFP

Pour sa mission de surveillance en mer Égée censée réduire l'activité des passeurs de migrants en Turquie, l'Otan va naviguer dans une mer aux espaces très disputés entre deux de ses plus anciens membres, la Grèce et la Turquie.Les délimitations d'espaces maritimes et aériens respectifs y tendent encore régulièrement les relations entre les deux pays, à l'histoire commune déjà très agitée.Car les îles les plus orientales de la Grèce (Lesbos, Samos, Kos...), celles justement où ont débarqué depuis 2015 près d'un million de migrants et réfugiés, tandis qu'un millier de migrants se sont noyés, sont tout proches de la Turquie.La largeur des eaux territoriales grecques est fixée à 6 milles (11 km), mais Athènes se réserve le droit d'en revendiquer 12, ce que la Turquie refuse, estimant que cela transformerait...
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