En près de cinq ans de conflit en Syrie, les sièges sont devenus une arme de guerre redoutable, utilisée principalement par le régime, mais également par les rebelles et l'organisation jihadiste État islamique (EI).
Combien de personnes sont assiégées ?
Près d'un demi-million de personnes (486 700 exactement) vivent assiégées en Syrie, dont plus de la moitié par le régime, alors qu'un total de 4,6 millions de personnes vivent dans des zones dites « difficilement accessibles », selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha).
Ces chiffres seraient sous-évalués, estiment deux ONG, Pax des Pays-Bas et the Syria Institute des États-Unis. Selon elles, plus d'un million de personnes souffrent d' « un risque accru de décès » à cause du manque de nourriture, d'électricité et d'eau courante, dans 46 localités encerclées.
Quelles sont les régions assiégées ?
Les sièges imposés par le régime : ils se trouvent principalement autour de la capitale Damas. La ville de Madaya a été une des plus touchées, et 46 personnes y sont mortes de faim depuis le 1er décembre, selon Médecins sans frontières (MSF). D'autres localités contrôlées par les rebelles sont aussi encerclées dans la province de Damas, comme Zabadani, Mouadamiyat el-Cham ou encore Douma, Erbine et Zamalka dans la région de la Ghouta orientale. Le régime du président syrien Bachar el-Assad est accusé de recourir aux sièges pour forcer les rebelles à déposer les armes.
Les sièges imposés par les rebelles : les insurgés utilisent la tactique du siège contre les localités chiites de Foua et de Kfarya dans la province d'Idleb (Nord-Ouest). Ils ont tenté de lier le sort de Foua et de Kfarya à celui de Zabadani et de Madaya, exigeant que toute aide parvenant aux villages fidèles au régime Assad soit également livrée à ces deux villes rebelles.
Les sièges imposés par l'EI : le groupe jihadiste assiège depuis janvier 2015 la ville de Deir ez-Zor dans l'est de la Syrie où vivent plus de 200 000 personnes. La ville est aux mains du régime syrien, mais la grande partie de la province est tenue par l'EI. Le gouvernement syrien a toutefois pu livrer de l'aide aux localités assiégées qu'il contrôle par largage aérien. Une possibilité dont ne disposent pas les rebelles qui n'ont pas d'aviation.
Où l'aide a-t-elle été livrée ?
L'aide a été livrée de manière irrégulière à plusieurs zones assiégées, mais les ONG humanitaires affirment que l'accès reste insuffisant. Des convois de camions chargés de nourriture, de médicaments et de couvertures sont entrés à Madaya, Foua et Kfarya en janvier. Mais, selon MSF, au moins 16 personnes sont mortes à Madaya depuis la mi-janvier malgré cette aide supplémentaire. La livraison de l'aide est un processus semé d'embûches, avec des convois souvent annulés à la dernière minute en raison du retrait de l'autorisation ou de la reprise des combats. En raison de ces obstacles, l'Onu n'a pu secourir l'an dernier que moins de 10 % des civils difficiles à atteindre et 1 % seulement des Syriens assiégés.
Comment réagit la communauté internationale ?
Le Conseil de sécurité de l'Onu a appelé à plusieurs reprises à un accès humanitaire sans conditions en Syrie et la levée de tous les sièges, notamment dans sa résolution la plus récente, la 2254. Elle n'est toutefois pas appliquée sur le terrain.
Pour mémoire
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