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Moyen Orient et Monde - Crise Des Migrants

Le camp des durs donne de la voix avant le sommet de l’UE

En France, dans la « jungle » de Calais, une école de fortune a été ouverte pour les enfants réfugiés. Philippe Huguen/AFP

Prôner la fermeture des frontières aux migrants n'embarrasse plus l'Autriche qui a rallié, avant un sommet de l'UE crucial, le camp des intransigeants mené par ses voisins d'Europe de l'Est. Avant le sommet des dirigeants européens à Bruxelles demain et après-demain, les partisans de mesures radicales pour enrayer le flux migratoire musclent leur discours, convaincus que les solutions défendues par l'Allemagne ne suffiront pas.
L'Autriche a ainsi annoncé hier l'introduction prochaine de contrôles à douze points de passage de ses frontières avec l'Italie, la Slovénie et la Hongrie pour « freiner » les entrées de demandeurs d'asile sur son territoire. Cette mesure pourrait s'accompagner de dispositifs sécurisés, voire de quelques kilomètres de clôture, à la frontière sud du pays, comme à Spielfeld où depuis le début de l'année environ quatre kilomètres de grillage visent à canaliser les entrées dans le pays. Par ailleurs, Vienne devrait annoncer aujourd'hui l'entrée en vigueur d'un quota journalier d'entrées de demandeurs d'asile sur son territoire, dont le niveau sera fixé après concertation avec les autorités slovènes. Pour les quatre années à venir, l'Autriche souhaite limiter à 1,5 % de sa population totale (8,5 millions d'habitants) le nombre des demandeurs d'asile.
Vent debout depuis des mois contre les quotas d'accueil adoptés par la Commission européenne, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie – le groupe de Visegrad – ont mis sur la table, lundi, la nécessité d'un « plan B » pour pallier les insuffisances imputées à la Grèce dans la gestion de sa frontière. Le Premier ministre slovaque Robert Fico s'est dit « pessimiste » sur les améliorations possibles en Grèce, même si Athènes a annoncé hier avoir achevé quatre des cinq « hotspots » d'enregistrement des migrants prévus sur les îles où ont accosté plus de 800 000 migrants en 2015. L'alternative du groupe de Visegrad : une fermeture des frontières le long de la route des Balkans empruntée par ces candidats à l'asile, avec le soutien de la Macédoine et de la Bulgarie, voisins de la Grèce dont les dirigeants avaient été conviés à Prague.

Effet domino
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, pourfendeur de la politique d'accueil des réfugiés incarnée par la chancelière allemande Angela Merkel, a fait de la construction d'une « ligne de défense », c'est-à-dire de clôtures, aux frontières nord de la Grèce, un leitmotiv de son discours. La ligne du dirigeant hongrois trouve désormais un écho dans les rangs de la très centriste coalition viennoise. Le chancelier social-démocrate Werner Faymann avait même suggéré début février de renvoyer directement en Turquie les migrants arrivant en Grèce.
La classe politique autrichienne est, comme dans d'autres pays d'Europe, sous pression d'une extrême droite en tête des sondages. En tournée la semaine dernière dans les Balkans, le ministre des Affaires étrangères Sebastian Kurz a souhaité que la Macédoine se tienne prête à fermer sa frontière avec la Grèce. Son homologue macédonien Nikola Popovski a tempéré les ardeurs en expliquant, dans une interview au quotidien autrichien Der Standard, qu'une fermeture totale de la frontière « ne serait pas, actuellement, le meilleur scénario ». Il s'est en revanche dit volontaire pour accueillir jusqu'à 400 policiers des différents pays de l'UE pour aider les autorités macédoniennes à contrôler la frontière avec la Grèce.
Anticipant de nouvelles restrictions en Autriche, la Slovénie a commencé lundi à renforcer le filtrage des migrants à sa frontière en refusant l'entrée à ceux « qui ne sont pas menacés » ou sont « en provenance d'un pays sûr ». « L'effet domino le long de la route des Balkans se déroule comme prévu », s'est félicitée, lundi, la ministre de l'Intérieur autrichienne, Johanna Mikl-Leitner.
Principale concernée, Mme Merkel s'est opposée hier à l'idée de fermer les frontières sur la route migratoire des Balkans. « Je vais lancer toutes mes forces jeudi et vendredi (au sommet de l'UE) en faveur de l'agenda turco-européen, car cela vaut le coup de continuer », a-t-elle martelé.

(Source : AFP)

Prôner la fermeture des frontières aux migrants n'embarrasse plus l'Autriche qui a rallié, avant un sommet de l'UE crucial, le camp des intransigeants mené par ses voisins d'Europe de l'Est. Avant le sommet des dirigeants européens à Bruxelles demain et après-demain, les partisans de mesures radicales pour enrayer le flux migratoire musclent leur discours, convaincus que les solutions défendues par l'Allemagne ne suffiront pas.L'Autriche a ainsi annoncé hier l'introduction prochaine de contrôles à douze points de passage de ses frontières avec l'Italie, la Slovénie et la Hongrie pour « freiner » les entrées de demandeurs d'asile sur son territoire. Cette mesure pourrait s'accompagner de dispositifs sécurisés, voire de quelques kilomètres de clôture, à la frontière sud du pays, comme à Spielfeld où depuis le...
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