Le représentant de l’Onu en Libye, Martin Kobler, en décembre dernier. Archives AFP
Après des semaines de confusion, un gouvernement d'union nationale a finalement été annoncé en Libye mais son approbation reste très incertaine par le Parlement internationalement reconnu qui a reporté son vote à aujourd'hui.
L'émissaire de l'Onu pour la Libye Martin Kobler a appelé le Parlement basé à Tobrouk à ne pas laisser passer cette « opportunité unique » de sortir le pays du chaos dans lequel il se trouve depuis la chute du dictateur Kadhafi.
Les députés se sont réunis hier dans l'après-midi mais la séance a été rapidement suspendue jusqu'à mardi.
Avant d'accorder leur confiance ou non à ce nouveau gouvernement de 18 ministres, les parlementaires veulent « connaître le programme et discuter des CV des ministres », a indiqué à l'AFP un des députés présents, Khalifa al-Deghari.
Quelques heures plus tôt, la liste des ministres avait été dévoilée par le Conseil présidentiel, composé de neuf membres de factions rivales libyennes et dirigé par le Premier ministre désigné, Fayez al-Sarraj. Ces responsables étaient réunis depuis plusieurs jours à Skhirat au Maroc où se tiennent les négociations sous l'égide de l'Onu.
« Nous espérons que ce gouvernement représentera le début de la fin du conflit en Libye », a déclaré le porte-parole du Conseil présidentiel, Fathi al-Mejebri.
L'annonce est intervenue quelques minutes seulement avant l'expiration du délai accordé par le Parlement reconnu pour la présentation du nouveau gouvernement. Une première liste qui comptait 32 membres avait été rejetée le 25 janvier, le nombre de ses membres étant jugé trop élevé.
De nombreux défis
L'installation d'un gouvernement d'union à Tripoli est espérée avec force par la communauté internationale, de plus en plus préoccupée par l'absence d'un pouvoir central en Libye.
« J'espère que la Libye pourra avoir un gouvernement pleinement opérationnel très prochainement », a déclaré hier la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini.
« Cela serait un immense pas en avant en vue d'une pacification du conflit politique et un moyen de rétablir l'État », a renchéri le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.
Les Européens se sont déclarés prêts à aider la Libye, une fois dotée d'un gouvernement d'unité, à faire redécoller une économie quasiment à l'arrêt et à lutter militairement contre l'EI, éventuellement par une campagne de frappes aériennes comme en Syrie ou en Irak.
Par ailleurs, une partie des députés « sont mécontents » de la méthode suivie par le Conseil présidentiel et M. Sarraj pour former le gouvernement, selon le député Deghari. « Les noms des ministres nous ont été envoyés par courrier électronique à minuit et on nous demande de voter le lendemain », a-t-il expliqué.
L'ordre du jour de la séance parlementaire comprend aussi un vote sur l'inclusion de l'accord politique conclu en décembre à Skhirat dans la Constitution de 2011. Il nécessite l'approbation de deux tiers des membres.
(Source : AFP)

