Ronaldo Schemidt/AFP
Le pape François a demandé hier un « examen de conscience » sur le sort réservé aux peuples indigènes du Chiapas, au sud du Mexique. Lors d'une messe devant une foule très recueillie de dizaines de milliers de personnes sur un stade de San Cristobal de Las Casas, le pape argentin a appelé à demander « pardon » pour l'exclusion dont ont été victimes les peuples indigènes dans l'histoire.
Reprenant des accents sociaux qu'il avait eus lors de son voyage en Équateur, Bolivie et Paraguay, en juin dernier, le pape a martelé : « Souvent, de manière systématique et structurelle, vos peuples (indigènes) ont été incompris et exclus de la société. Certains ont jugé inférieures vos valeurs, votre culture et vos traditions. »
« D'autres, étourdis par le pouvoir, l'argent et les lois du marché, vous ont dépossédés de vos terres ou les ont polluées », a accusé le pape dans une critique acerbe des grandes sociétés multinationales qui exploitent les ressources de la région.
Jorge Bergoglio a en profité pour lancer un nouvel appel pour la protection de la nature: « Le défi environnemental que nous vivons et ses racines humaines nous touchent tous et nous interpellent. Nous ne pouvons plus faire la sourde oreille face à l'une des plus grandes crises environnementales de l'Histoire », a souligné le pape, parlant au milieu d'un décor de sauvages montagnes.
L'ambiance était surchauffée quand le pape est arrivé en hélicoptère. Un prêtre, au micro, faisait répéter à la foule : « Bienvenue au pape de la paix, de la miséricorde, de la lutte ! Vive le pape de l'Église des pauvres, de l'Église qui naît du peuple, de l'Église qui veut des évêques et des prêtres proches du peuple ! »

