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Moyen Orient et Monde - Syrie

Le ton monte entre alliés et adversaires de Damas

Des forces « spéciales » saoudiennes pourraient être déployées dans le cadre de la coalition antijihadiste conduite par les États-Unis, déclare le ministre saoudien des Affaires étrangères.

Hier, après des bombardements du régime à Alep. Abdelrahman Ismail/Reuters

Malgré les promesses de trêve, une résolution du conflit syrien semblait hier de plus en plus illusoire, les différents acteurs internationaux, dont la Turquie et la Russie, s'accusant mutuellement de jeter de l'huile sur le feu.
Le président américain Barack Obama a de nouveau demandé à son homologue russe Vladimir Poutine de mettre fin aux frappes en Syrie « contre les forces de l'opposition modérée ». Les deux dirigeants se sont entretenus au lendemain de l'accord conclu vendredi à Munich entre les grandes puissances pour une « cessation des hostilités » en Syrie dans un délai d'une semaine.
Un accord vivement dénoncé hier par le coordinateur de l'opposition syrienne, Riad Hijab, pour qui il permet la poursuite des bombardements russes. « Celui qui protège Daech (acronyme arabe de l'EI) aujourd'hui, c'est la Russie », a jugé M. Hijab.
De fait, depuis l'accord de Munich, aucune accalmie ne s'est dessinée sur le front, et la situation est encore devenue plus compliquée dans le nord de la Syrie où une multitude d'acteurs, syriens comme étrangers, interviennent. L'armée turque a bombardé ce week-end au mortier, depuis son territoire, des positions kurdes aux alentours de la ville syrienne d'Azzaz dans la province d'Alep. Le gouvernement syrien a condamné « les attaques répétées de la Turquie à l'encontre (...) de l'intégrité territoriale de la Syrie », appelant le Conseil de sécurité de l'Onu à « mettre un terme aux crimes du régime turc ». Sur la même ligne que Washington, Paris a exprimé « sa préoccupation à l'égard de la dégradation continue de la situation dans la région d'Alep et au nord de la Syrie ».
Mais Ankara ne semble pas se préoccuper des appels au calme, et son Premier ministre a affirmé hier que les bombardements contre les Kurdes de Syrie vont se poursuivre. La Turquie « ne permettra pas au PYD (Parti kurde de l'union démocratique) de mener des actions agressives. Nos forces de sécurité ont répondu de manière adéquate et continueront à le faire », a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu au cours d'une conversation téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel. Le président Recep Tayyip Erdogan considère le PYD et ses milices les YPG (Unités de protection du peuple) comme des organisations « terroristes », frères du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène depuis 1984 une rébellion meurtrière sur le sol turc. La Turquie redoute que les Kurdes syriens, qui contrôlent déjà une grande partie du nord de la Syrie, n'étendent leur influence à la quasi-totalité de la zone frontalière.

Avions saoudiens en Turquie
Farouchement hostile au régime de Bachar el-Assad et en froid avec la Russie, la Turquie envisage par ailleurs de lancer avec l'Arabie saoudite une opération terrestre en Syrie officiellement destinée à combattre les jihadistes du groupe État islamique (EI), selon le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Des forces « spéciales » saoudiennes pourraient être ainsi déployées dans le cadre de la coalition antijihadistes conduite par les États-Unis, a de fait déclaré hier le ministre des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, sans donner plus de détails. Ces déclarations coïncident avec le déploiement d'avions de combat saoudiens sur la base turque d'Incirlik afin d' « intensifier les opérations aériennes » contre l'EI, selon un haut responsable saoudien de la Défense.
L'engagement accru de Riyad et d'Ankara survient alors que les groupes rebelles soutenus par les deux puissances sunnites ne cessent de perdre du terrain face aux Kurdes, mais aussi et surtout face aux forces du régime. L'Iran et la Russie, les principaux alliés de Damas, ont mis en garde ces pays contre l'envoi de troupes en Syrie. « Nous ne permettrons certainement pas que la situation en Syrie évolue conformément à la volonté des "pays rebelles". Nous prendrons les décisions nécessaires le moment venu », a averti l'adjoint du chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général Massoud Jazayeri. Damas a par ailleurs accusé la Turquie d'avoir permis le passage en Syrie d'armes et de combattants pour renforcer les rebelles. Selon l'OSDH, ce sont « environ 350 combattants islamistes du groupe Faylaq el-Cham » qui seraient ainsi entrés.
Sur le terrain, l'armée syrienne continue de progresser au nord d'Alep et ne se trouvait plus hier qu'à environ trois kilomètres au sud de Tall Rifaat, l'un des trois bastions qui restent aux insurgés dans cette région. La localité, qui a été visée samedi par plus de 20 raids russes, est également attaquée à l'est par les Kurdes.
(Source : AFP)

Malgré les promesses de trêve, une résolution du conflit syrien semblait hier de plus en plus illusoire, les différents acteurs internationaux, dont la Turquie et la Russie, s'accusant mutuellement de jeter de l'huile sur le feu.Le président américain Barack Obama a de nouveau demandé à son homologue russe Vladimir Poutine de mettre fin aux frappes en Syrie « contre les forces de l'opposition modérée ». Les deux dirigeants se sont entretenus au lendemain de l'accord conclu vendredi à Munich entre les grandes puissances pour une « cessation des hostilités » en Syrie dans un délai d'une semaine.Un accord vivement dénoncé hier par le coordinateur de l'opposition syrienne, Riad Hijab, pour qui il permet la poursuite des bombardements russes. « Celui qui protège Daech (acronyme arabe de l'EI) aujourd'hui, c'est la...
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